L’information a fait l’objet d’un coup de tonnerre dans la communauté aéronautique civile. Le constructeur canadien Bombardier pourrait bien être obligé de revendre ses parts dans le programme international Airbus A220. Une manière comme une autre pour lui de se renflouer, et surtout d’éviter de voir disparaitre sa branche aviation d’affaire. Bombardier est en effet largement surendetté.

Dans quelques jours, à la mi-février, la direction de l’industriel canadien doit présenter ses résultats financiers. Et cela s’annonce très négatif. À tel point même que la branche aéronautique du groupe semble être au cœur de toutes les spéculations. La branche ferroviaire de son côté est un peu plus protégée, le gouvernement canadien tenant à s’assurer de son mariage financier avec le géant français Alstom.

L’idée en cours actuellement est la revente des parts de Bombardier au sein du consortium euro-canadien qui assure l’assemblage et la commercialisation de l’avion de ligne Airbus A220. Et c’est justement parce que ce monocouloir se vend très bien actuellement que les 33.58% de participation de Bombardier représente une manne financière incontestable. Reste à savoir qui les rachèteraient ? Si c’est l’avionneur Airbus, ce sera le jackpot pour les Européens qui possèderont donc la majorité absolue avec 83.64% des parts. Ils en possèdent déjà 50.06% donc la majorité, mais pas absolue. Sauf qu’un autre acteur pourrait vouloir jouer les troubles-fêtes : l’état du Québéc qui possède actuellement les 16.36% restants. Mais ce dernier a t-il financièrement les reins assez solides pour assumer ? Rien n’est moins sûr.

La débandade continue donc pour Bombardier.
Après la revente des Dash 8 à Viking Air et des jets régionaux à Mitsubishi c’est donc feu le CS300 qui pourrait disparaitre de son aventure aéronautique. Même l’aviation d’affaire serait en danger, sauf que là Bombardier veut se battre et la conserver. Pour mémoire cette branche s’articule autour de trois types d’avions en particulier : le best-seller Challenger, le haut de gamme Global, et enfin le petit Learjet d’origine américaine. Avec ces trois familles Bombardier réussit à tenir la dragée haute aux géants du domaine comme Cessna, Dassault Aviation, ou bien Gulfstream Aerospace.
Mais pour combien de temps encore ?

Dans quelques jours donc nous en saurons plus. Nous aurons la confirmation ou l’infirmation de cette séparation entre Bombardier et Airbus, un divorce sans doute définitif.

Photo © Keypublishing.

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7 COMMENTAIRES

      • Justement, Bombardier ne possède plus les Ski-Doo! (motoneiges). Ils ont vendu cette division en 2003 lors d’une restructuration (situation similaire à aujourd’hui). Les motoneiges sont vendus maintenant sous la marque BRP (Bombardier Recreational Products). Elle appartient à Bain Capital, la famille Bombardier et la caisse de dépôt et placements Québec.

    • Même pas, BRP (Bombardier Produits Récréatifs) n’a plus de lien avec Bombardier Inc. (B. Transport et B. Aéronautique ) depuis le début des années 2000.

  1. En effet, c’est une surprise…….Mais, quand une affaire n’est plus rentable, il est plus honnête de le dire et faire ce qu’il faut….
    Donc, je ne peux que souhaiter un bon rétablissement à Bombardier qui manifestement cherche à rebondir….Ce ne sera pas pour tout de suite, je le crains…..

  2. Pour répondre à goudreault le groupe Bombardier à vendu en 2003 sa filiale des motoneiges à un consortium composé de Bain Capital, des membres de la famille Bombardier ainsi que de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour 960 M$ CAD et devient Bombardier Produits récréatifs13,14. Les activités cédées comprennent notamment les motoneiges Ski-Doo et Lynx ainsi que les moteurs hors-bord Johnson et Evinrude..
    L’histoire de Joseph-Armand Bombardier et de son entreprise fait partie de l’imaginaire collectif des québécois .Déjà il y a cinq ans le groupe Bombardier avait déjà frôlé la faillite le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt qui avait sauvé l’entreprise. Des milliers d’emplois bien rémunérés au Québec sont en jeu et mon gouvernement devra encore(!) y mettre beaucoup de sous provenant des contribuables dont je suis. Que faire?  » La moindre des choses serait que le gouvernement Legault, s’il remet son bras jusqu’à l’épaule dans ce gouffre, et notre argent avec, retire à la famille Beaudoin-Bombardier le contrôle et obtienne un pouvoir proportionnel à son effort, à « notre » effort. » comme écrit Joseph Facal dans son article « Bombardier: allons-nous faire rire de nous encore? » publié dans le Journal de Québec du 25/01/30 https://www.journaldequebec.com/2020/01/25/bombardier-allons-nous-faire-rire-de-nous-encore
    Je vous suggère très fortement de le lire comme disaient mes professeurs à l’université et encore un bravo à Arnaud pour la pertinence de cet article.

  3. Le mercredi 29/01/20, le premier ministre du Québec, François Legault a déclaré  » Il n’est pas question de réinvestir dans cette division-là » lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Celui-ci a répété une fois plus que le gouvernement libéral précédent a fait une «erreur grave» en investissant 1,3 G$ dans la C Series plutôt que dans l’ensemble de Bombardier qui fait aujourd’hui face à de graves difficultés. Peut-être que vous ignorez que le premier ministre Legault possède des compétences dans le domaine de l’aéronautique. Il fut l’un des fondateurs avec d’autres associés d’Air Transat en 1986.

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