Alors que jusque là on peut dire que l’Iran avait à peu près jouer le jeu cette fois la donne semble avoir changée. Treize jours après l’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International Airlines les deux boites noires n’ont officiellement toujours pas été ouvertes, plusieurs pays ne s’accordant pas sur la destination qu’elles doivent prendre. Pourtant le monde entier connait désormais les grandes lignes de l’origine de ce drame. Canadiens, Iraniens, et Ukrainiens doivent donc au plus vite se mettre d’accord.

Il faut savoir que les deux boites noires (pour mémoire l’enregistreur de conversations du cockpit et l’enregistreur des données de vol) avaient été retrouvé par les militaires iraniens quelques heures seulement après la catastrophe aérienne de ce mercredi 8 janvier 2020. Mais la république islamique ne semble pas posséder les compétences technologiques pour réaliser elle-même ce genre d’investigations. Il ne lui restait alors que peu d’alternatives. Traditionnellement ce type d’expertise est réalisé aux États-Unis, en France, ou en Russie. D’autres pays le peuvent bien sûr, mais avec moins de professionnalisme.

Sauf que la situation diplomatique et militaire entre Américains et Iraniens rendaient alors l’envoi des boites noires aux États-Unis totalement impossible. Dans le même ordre d’idée les exécrables relations entre Moscou et Kiev depuis l’annexion et l’occupation militaire de la Crimée interdisaient que la Russie ne s’occupent de cela. Il restait donc la France et son fameux BEA, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la sécurité de l’aviation civile.
La position diplomatique française est relativement plus consensuelle, rendant le travail de nos experts aéronautiques plus probable. C’est d’ailleurs très rapidement la voie que le Canada avait recommandé, son premier ministre demandant officiellement que les boites noires soient envoyées au Bourget. À ce moment là l’Iran n’y voyait pas de grandes objections.

C’était compté sans les religieux, puissants à l’extrême dans cette théocratie qu’est l’Iran contemporaine. En effet dans un prêche enflammé ce vendredi 17 janvier 2020 le guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, décidait de mettre dans le même sac tous les pays occidentaux vis à vis des États-Unis. Et donc y compris la France. Résultat les Iraniens faisaient machine arrière et refusaient d’envoyer à Paris les deux boites noires.
Volte-face aussi à Kiev où jusque là l’idée canadienne d’impliquer le BEA recevait un écho assez favorable. Désormais le président Volodymyr Zelensky annonce que son pays est en capacité d’analyser les deux équipements si sensibles. Stupéfaction internationale car jamais l’Ukraine n’avait démontré de telles possibilités technologiques.

Et les Américains dans tout ça ? Car eux il ne faut pas les oublier, ils font partis de l’équation. Après tout l’avion était un Boeing 737-800 construit aux États-Unis et propulsé par des réacteurs CFM56 en coproduction franco-américaine. La Federal Aviation Administration a donc également de manière assez logique des interrogations sur ce drame. Tout comme l’avionneur et le motoriste en ont aussi. Et eux aussi prônent le recours à l’expertise française.

Alors quoi ? Les autorités iraniennes craignent t-elles qu’on ne découvre une vérité trop embarrassante quand à la «bavure» de leur DCA ? Chacun sait que le 737-800 ukrainien a été abattu par un missile sol-air 9K330 Tor de facture russe. Et que ce tir provenait des gardiens de la révolutions. Mais l’analyse des boites noires pourraient révéler ce que beaucoup commencent à savoir : il n’y a pas eu un mais probablement deux missiles tirés successivement. Et là la théorie de la simple bavure tombe nette. Ce n’est plus un acte accidentel : c’est un tir intentionné, coordonné et réfléchi.

En attendant donc au Bourget et à Melun tout est sans doute près pour accueillir les deux gros objets oranges (la véritable couleur des boites noires) si sensibles, au cœur de toute cette affaire. Combien de jours, semaines, ou mois seront nécessaires pour que la vérité éclate ? Pour mémoire ce sont 176 personnes qui ont perdu la vie dans ce drame aérien.

Photo © Agence France Presse.

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8 COMMENTAIRES

  1. Question : si le tir n’est pas accidentel, ce qui est déjà en soit inacceptable vu les possibilités technologiques offertes actuellement pour éviter les erreurs d’identification, mais intentionnel, quel est alors l’intérêt de descendre un avion de ligne avec notamment des passagers iraniens si ce n’est de faire tomber le pays dans l’agitation et le chaos sachant de plus que le tir provient des gardiens de la révolution qui n’ont pas d’intérêts évidents à commettre un tel acte ?

    • Votre question semble bien plus rhétorique qu’autre chose. Donc vous avez votre petite idée sur la ou les motivations du tireur ou d’éventuels donneurs d’ordres. Perso je me contente pour l’instant du factuel : l’Iran refuse de céder les boites noires aux enquêteurs du BEA.

  2. Bonjour,
    Question sans doute naïve, mais est-ce que le fait qu’il y ait 2 missiles tirés au lieu d’un seul change quoi que ce soit à la thèse du tir « accidentel »? Si un subordonné trop nerveux (explication officielle à ce jour) tire sans ordre précis, tire-t-il 1 ou 2 missiles? Quelqu’un peut-il me dire si ces missiles sont normalement tirés en salve ou à l’unité?
    De toute façon le fait de garder des enregistreurs de vol pour un pays qui n’a pas les moyens de les utiliser et qui est habitué à l’utilisation de moyens terroristes depuis plusieurs décennies est au minimum suspect.
    Merci pour vos compléments d’information.

  3. Les iraniens devraient donner ces boites noires à la Russie et non aux français qui sont les chiens des américains. La Russie est le plus grand pays aéronautique du monde, ses experts sont reconnus mondialement et ils aident souvent les peuples africains en lutte contre l’esclavagisme blanc.

    • Le commentaire de monsieur Pambou peut paraitre choquant pour certains et totalement fondé pour d’autres. Pour très bien connaitre l’Afrique sub-saharienne je peux vous confirmer que sa vision de la France est largement partagé par nombre de gens habitant des pays jadis placés sous le joug colonial français. Par contre venant de quelqu’un qui se présente comme un personnel consulaire ce genre de point de vue est plus surprenant.
      Et contrairement à de nombreux autres trolls monsieur Pambou reste dans les clous en commentant sur le thème aéronautique.

    • Patrick toi tu es blanc et ignare, moi je suis noir et pourtant je connais bien mieux les avions que toi. Je suis le petit fils du général Pambou, le fils du colonel Pambou et je suis moi-même présentement capitaine dans l’armée de ‘lair camerounaise.

      • Ça commence à sérieusement bien faire monsieur Pambou vos délires sur les noirs et les blancs. J’ai déjà modéré un de vos commentaires pour le même genre de choses, recommencez et vous verrez que tous vos commentaires sans aucune distinction seront modérés !!! Vous pourrez hurler à la censure, ça ne changera rien. Je vous demanderais donc de vous excuser auprès de Patrick.

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