C’était un jeudi 17 février, nous étions en 1955, et l’aviation américaine allait ouvrir une page qui ne s’est depuis toujours pas refermée. Un premier équipage de cinq hommes devait faire décoller pour la première fois un bombardier stratégique B-52B Stratofortress pour un premier vol d’entraînement. Malheureusement pour eux l’histoire aéronautique ne retiendra bien souvent que la date du mercredi 29 juin 1955, en fait le premier vol en mission stratégique. Quatre mois et demi durant lesquels les premiers bombardiers de ce type ne serviront qu’à la transformation opérationnelle des futurs équipages.

En 65 ans le poste de pilotage a finalement peu changé.

Est-ce la facilité ou la paresse intellectuelle qui firent que les historiens de l’aéronautique ne retinrent que cette date du 29 juin 1955 et non celle du 17 février 1955 ? Personne aujourd’hui ne le sait, toujours est t-il qu’il est souvent très difficile de savoir faire la part des choses. En fait la très grande majorité des ouvrages d’histoire aéronautique a été écrite en anglais pas des Américains ou des Britanniques pour qui la carrière opérationnelle d’un avion ne commençait bien souvent qu’avec la première mission de combat. Dans le cas du Boeing B-52 Stratofortress ce fut avec la première patrouille stratégique.

Pourtant donc dès ce 17 février 1955 au matin des B-52B Stratofortress commencèrent à décoller de leurs installations de Castle AFB. Cette base californienne n’existe plus depuis 1995, et ses équipements ont permis l’ouverture d’une plateforme civile. Une partie de l’ancienne base est même devenue une maison d’arrêt.

Or en cette mi-février le Boeing B-52B était le seul avion capable de former les futurs pilotes de Boeing B-52B. Un Boeing TB-52 avait bien été un temps envisagé mais finalement refusé par l’US Air Force. Et aucun avion existant ne pouvait être adapté à cette mission. Le B-47 Stratojet était disqualifié par sa configuration à trois places alors même que son successeur disposait d’un équipage de cinq membres.
Pis encore l’Air Training Command, l’ancêtre de l’actuel Air Education & Training Command, ne disposait d’aucun Stratofortress dans ses rangs. C’était donc au puissant Strategic Air Command de former lui même ses équipages. Ce qu’il fit donc pendant quatre mois et demi.

Mais comme en cette première moitié d’année 1955 le bombardier stratégique était l’un des avions les plus secrets de la défense américaine il fallait éviter que des regards indiscrets ne tombent dessus, ou tout du moins avant qu’il ne participe à sa première mission stratégique. C’est pourquoi Castle AFB fut choisi comme home sweet home pour lui. Implanté dans les terres elle permettait aux bombardiers de rejoindre rapidement les zones désertiques de l’Arizona ou du Nevada, ou bien encore l’océan Pacifique. Il fallait impérativement éviter que l’URSS n’en découvre trop sur lui.

Au sol la bête impressionne toujours autant.

Du coup c’est principalement au coucher du soleil ou bien au petit matin que les B-52B Stratofortress allaient décoller entre février et juin 1955. Et ça marcha, aussi étonnant que cela soit. Tellement bien d’ailleurs qu’en dehors des espions soviétiques les historiens de l’aéronautique ont pour beaucoup oublié cet épisode de l’histoire du BUFF. Petite anecdote amusante deux douzaines de vols de ces B-52B d’entraînement sont désignés comme ayant été réalisé par des T-52, comme si le seul changement de lettre base allait réellement induire le KGB en erreur. Il est intéressant de voir qu’aujourd’hui la désignation T-52 existe et qu’elle représente un avion qui n’a vraiment rien à voir avec le B-52 : le petit Diamond DA40 de facture autrichienne.
Pour ce 65e anniversaire il nous semblait important de restaurer quelque peu la vérité historique.

Photos © US Air Force.

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19 COMMENTAIRES

  1. Lors d’un meeting à Istres, il y a 4 voir 5 ans, un B52 est passé au dessus de la base, très impressionnante bestiole !

    • Non mais sérieusement, si ça ne vous intéresse pas, allez voir ailleurs, il n’y a pas de mal à ça.
      Moi, l’article m’a intéressé, j’ai appris des choses.

      On fait quoi?

      Ne venez pas déverser votre inaptitude à apprécier un article qui parle à la majorité. Car vous, vous ne représentez absolument pas la majorité au vu de vos derniers commentaires sur les différents sites d’aviations.

      Si vous avez mieux à proposer, très bien, montez votre site web et faites partager vos sujets « intéressants ».

      • Si cela parle « à la majorité » c’est bien la preuve que ce petit blog ne s’adresse nullement aux passionnés d’aéronautique mais aux simples gens. Chacun sait que l’entraînement des pilotes de B-52 n’intéresse personne, ce qui intéresse ce sont leurs missions contre le danger communiste.

  2. extraordinaire avion a la longevitée impressionnante !!!
    jean frederic boulin si le sujet est peu interressant encore une fois selon toi inutile de venir sur ce site.
    cette version du b52 vole encore?

    • Il est prévu que l’USAF emploie les B-52 jusque dans les années 2050, soit un siècle après sa conception !!
      Et dire qu’à l’origine, le B-52 ne devait être qu’un avion provisoire, le temps de faire la jonction avec le future bombardier stratégique supersonique (XB-70 Valkyrie) qui ne s’est finalement pas fait…

  3. Bon article. Merci.
    Si le B52 a été un tel succès, c’est à mon sens principalement parce que c’est un avion simple. L’USAF devrait peut-être s’en inspirer pour le futur. Le B21 pour les tâches délicates et un bombardier simple et bon marché pour le reste.

  4. Quand allez vous Arnaud, ENFIN,virer ce trublion médiocre de Boulin? Ses commentaires inintéressants sont au niveau d’un QI inférieur à la température anale..Ras le bol de ce mec…..Qu’il aille planter ses choux frontistes ailleurs et répandre son venin sur d’autres sites plus à sa portée intellectuelle « Choupi et le Poireau Magique »par exemple..Et je me retiens pour rester poli.

    • Le problème avec les trolls c’est que nous passons notre temps à les modérer, mais en effet ce Boulin dépasse les bornes. Comme ses coreligionnaires Rafaletiger, Jade, ou encore le « conseiller technique du consul du Cameroun », il sera désormais modérer systématiquement. Ces gens nous enquiquinent profondément. D’autant que Boulin ne trolle pas que chez nous.

  5. Je suis un fana inconditionnel du Buff (Big Ugly Fat Fella) .Pour ceux qui comme moi admirent la bête, je conseille le merveilleux ouvrage sorti en 1991 aux Editions Atlas, Patrick Baudry présente: Pilotes de B52. et écrit par une « pointure » malheureusement décédée aujourd’hui René J Francillon et Peter Lewis..L,’ouvrage original est sorti chez Osprey Publishing Ltd « B52 »..Je suis sûr qu’on doit encore le trouver d’occasion sur les sites marchands d’achat en ligne..Et aussi pour ceux et celles qui maîtrisent la langue de Shakespeare je conseille « B-52 Stratofortress -Celebrating 60 remarkable years » chez Key Publishing Ltd http://www.keypublishing.com..Pour terminer , le numéro 406 de septembre 2012 « Les B-52 de l’USAF « d’Air fan sûrement encore dispo par correspondance. Bonne lecture.

  6. Pourquoi le B-52 en photo largue des bombes freinée par parachute, type MK82 Snakeye ?

    C’est un bombardier stratégique, pas un avion d’attaque au sol léger ou d’appuis rapproché.

    Ca devait devais être un essais je pense.

    • Je ne me souviens pas qu’au Vietnam durant Rolling Thunder les B-52 Stratofortress aient bombardés de manière stratégique, c’est à dire à l’arme atomique. Mais peut-être ai-je tort ?

    • sur quelle photo ? concernant le VN du Napalm surement des bombes atomiques surement pas, d’un autre coté c’est pas mieux pour la population qui est dessous à l’instant, pour les générations suivantes c’est différent.

  7. Bonjour,
    En 1956, enfant, j’étais en vacances chez mon oncle à Port-Lyautey, (Kénitra Maroc). Je pêchais seul le long de l’oued Sebou. J’entendis un bruit qui s’amplifiait de seconde en seconde, Au loin dans le ciel un point noir entouré d’une énorme fumée noire approchait. Bruit assourdissant, la peur de ma vie, un énorme avion me survola ! Le lendemain la presse locale décrivit ce décollage. J’avais vu mon B52 ! Je n’en ai pas revu depuis.

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