Voilà une campagne d’essais en vol qui assurément servira au programme européen d’avion de combat furtif. L’annonce a été faite ce jeudi 20 février 2020 à la fois par le ministère des armées et par l’avionneur Dassault Aviation qui sont tous deux maîtres d’œuvre de cette campagne d’essais en vol. Elle doit permettre de valider la doctrine d’emploi d’un drone de combat en situation opérationnelle. L’annonce a été faite en marge de la signature d’un accord tripartite autour de l’assemblage d’un futur démonstrateur technologique du SCAF.

Il s’agit donc de la cinquième campagne d’essais du drone furtif expérimental européen. Bien que construit par Dassault Aviation il s’agit pour mémoire d’un programme international. Ses détracteurs le disent franco-européen tant l’avion de Saint-Cloud est partie prenante. Il est pourtant en partenariat avec plusieurs industriels : Airbus DS, Leonardo, Saab pour les principaux mais également le groupe suisse RUAG ou encore EAG provenant de Grèce.

Sauf qu’ici cette campagne est stricto sensu menée par Dassault Aviation et la Direction Générale de l’Armement. Il s’agit donc avant tout de savoir comment se comporterait un drone de combat furtif en milieu opérationnel. L’une des phases d’essais concerne également les conduites à tenir par la défense aérienne face à une telle menace. Le nEUROn sert donc à la fois de vecteur de recherche et de plastron.
Dans cet optique il a été décidé que les essais seraient suivis en permanence par des avions de combat Dassault Aviation Rafale appartenant à l’Escadron de Chasse et d’Expérimentation 1/30 Côte d’Argent ainsi qu’un Boeing E-3F SDA de la 36e Escadre de Commandement et de Conduite Aéroportés.

La DGA compte donc sur le travail doctrinal autour de ces essais en vol. Dassault Aviation de son côté mais également par ricochet Airbus DS espèrent en tirer les enseignement dans le cadre du développement de l’avion de combat européen SCAF. Tout comme le drone nEUROn ce dernier sera furtif. À n’en pas douter son architecture sera en grande partie dérivée de cet avion sans pilote.

Le ministère des armées et l’avionneur ont profité de l’accord tripartite signé ce 20 février 2020 par l’Allemagne, l’Espagne, et la France pour faire son annonce. C’est depuis Toulouse que mesdames Annegret Kramp-Karrenbauer et Florence Parly respectivement ministre allemande de la défense et ministre française des armées, et monsieur Ángel Olivares Ramírez ministre espagnol de la défense ont signé le contrat de développement du SCAF. De franco-allemand il passe donc désormais officiellement à programme européen. Outre les Rafale français ils devra remplacer les Typhoon allemands et espagnols.
C’est donc officiel : ce démonstrateur technologique devra voler en 2026.

Photo © Dassault Aviation

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Salut, @castejon.
    A l’époque Dassault, à mise en avant le faite de voler en formation avec d’autres types d’avions (civiles et militaires). Mais il s’agit bien d’un drone dont le parcours et certaines décisions sont autonomes (contre mesures, évitement…)
    Cordialement,

  2. « À n’en pas douter son architecture sera en grande partie dérivée de cet avion sans pilote. »

    Si le drone prévu dans le programme SCAF (qui rappelons-le n’est pas un avion, mais un « Système de combat aérien du futur » composé d’un avion de combat de 6e génération et d’un ensemble de drone) devrait effectivment être une aile volante ressemblant fortement au nEURON, l’avion de combat, lui, devrait plutôt, si l’on se réfère à la maquette dévoilée au Bourget en 2019, ressembler à un « super F-22 ».

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