L’Inde signera sa super commande Dassault Aviation Rafale ce mois-ci.

Trois mille deux cent cinquante milliards de roupies, c’est une sacrée somme. C’est l’investissement que représente pour l’Inde l’acquisition d’un total de cent quatorze avions de combat Dassault Aviation Rafale F4. Après quelques doutes autour de l’accès par les Indiens à l’ICD il est désormais évident que le contrat se fera, et ce dès ce mois de juin durant lequel le premier ministre Narendra Modi doit se rendre en France. À coup sûr une excellente nouvelle pour les ingénieurs et ouvriers de l’avionneur ainsi que pour ses actionnaires.

ICD, pour Interface Control Document, est le mécanisme technologique qui permettra à l’Inde de faire ses propres mises à jour de ses Rafale F4. En gros c’est ce qu’on appelle le code source. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça a profondément crispé les relations entre nos deux pays. Dassault Aviation refusait catégoriquement, l’Indian Air Force y tenait absolument. Pour cette dernière c’était une opportunité d’armer les avions avec des munitions locales comme le fameux missile air-air longue portée Astra Mk-2 déjà testé sur Sukhoi Su-30MKI Flanker-C. Tout porte à croire que les craintes françaises ont été apaisées.

Car l’Inde a fait un pas décisif. En février dernier le Defence Acquisition Council validait le programme d’achat des cent quatorze Rafale F4. Il ne restait plus qu’à mettre les points sur les i et les barres aux t ; ainsi sans doute que quelques virgules ça et là. Chacun connait l’esprit pointilleux des Indiens. Après tout trois mille deux cent cinquante milliards de roupies ça mérite bien quelques petits débats. Soyez rassurés ils sont clos.
Cette semaine l’Inde a officiellement commandé les cent quatorze Rafale F4 à la France via ce qu’on appelle une lettre d’informations. Il ne reste plus qu’à parapher le contrat et faire quelques jolies poignées de main devant la presse. Et ça, selon les médias indiens, ça aura lieu très très vite. Disons d’ici dix à onze jours.

Du lundi 15 au mercredi 17 juin inclus le G7 se réunit à Évian. Un sommet très attendu auquel Narendra Modi ne participera pas, l’Inde n’étant pas membre du Groupe des Sept. Pour autant au même moment il sera à Nice pour un forum international sur la tech’ coorganisé par l’Inde. C’est à cette occasion qu’un crochet par Paris est prévu pour signer le contrat qui fera gagner environ trente-trois milliards d’euros à l’économie française. Pour d’évidentes raisons politiques la France ne réalisera pas cet évènement historique à Nice…
L’Élysée ou à la rigueur le siège clodoaldien de Dassault Aviation sont bien plus évidents que la cité azuréenne.

L’Inde insiste sur le fait que ce super contrat s’inscrit dans le programme Make in India grâce au géant Tata. Rappelons qu’en parallèle de ces cent quatorze avions pour l’Indian Air Force il est question d’une nouvelle commande de Rafale M pour l’Indian Navy autour de trente-et-un exemplaires supplémentaires. Une deuxième cérémonie de signature franco-indienne pourrait donc avoir lieu en 2026.

Affaire (bien évidemment) à suivre.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

23 réponses

  1. Ce problème de mise à disposition du code source est en effet très délicat pour la propriété intellectuelle mais aussi pour la sécurité (si les Indiens chargent des bugs, qui en sera responsable ?)
    Mais j’imagine qu’il n’y a pas un software unique qui gère tout le Rafale. Il y a certainement des groupes et sous-groupes de code. J’ose espérer que l’architecture du Rafale permet de ne toucher qu’à certaines parties sans toucher d’autres. L’idéal étant de laisser aux Indiens la possibilité de modifier la gestion du système d’arme mais pas les autres systèmes de l’avion.
    Bravo en tout cas à Dassault pour ce magnifique contrat qui va définitivement clouer le bec des propagandistes anti-Rafale !

      1. Retourner chez Sukhoi? Alors là je demande à voir. L’IAF dispose de Sukhoï MKI et de Rafales. Ils ont tout le loisir de comparer les 2 « pièges ». Je n’y crois pas une seconde et pour clore: oui le jeu en vaut la chandelle. Dassault Aviation a un bon carnet de commandes, il vendra bien d’autres Rafales. il n’y a aucune raison de courir le moindre risque de perte de souveraineté de la composante la plus flexible et réactive de notre binôme de dissuasion (les SNLE et le Rafale).
        Je ne suis pas sûr que la demande d’adaptation logicielle de l’IAF ait été vraiment formulée de la sorte (livrer carrément le code source), tel que cela a été repris par les medias grand public… Il n’y a pas certaines « huiles » indiennes qui auraient laissé entendre que l’inde ne demandait pas directement le code source, mais un accès à la possibilité d’implémenter leurs propres données/armements indigènes, ce qui est un peu différent?

    1. J’avais lu (peut être sur ce blog, j’ai un trou), qu’il y’avait 3 éléments que les indiens aimerait:
      -Code source de l’avions, dont les commande de vol
      -code source RADAR
      -la fameuse interface qui permet notamment d’adapter de nouveaux armement en faisant le lien entre ceux ci et le coeur de l’avion et son code source

      Si on a cédé sur l’interface, ça me parai l’idéal: on donne de l’autonomie au client pour ajouter des équipement à l’avions, sans donner accès au coeur même du système directement

  2. À la signature de cette lettre d’informations, ce sont les discussions qui commencent entre les indiens et la team Rafale.
    « À coup sûr une excellente nouvelle pour les ingénieurs et ouvriers de l’avionneur ainsi que pour ses actionnaires. »
    @Arnaud, vous oubliez les techniciens et je crois que l’on dit plutôt « compagnons » que « ouvriers »

        1. Ne pleurnichez pas Pefournel, j’ai toujours eu plus de respect pour les ouvriers et techniciens que pour les ingénieurs. Et ça ne changera jamais, même si j’ai quelques ingés dans mon entourage.

      1. Mon fils ainé est un Enisard. L’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes, quasi-adossée a la société SO.CA.TA. (donc Morane-Saulnier, le plus « vieux » constructeur aéronautique encore en activité au monde) a fait des kilomètres de soudures et des centaines d’heures à usiner des pièces mécaniques complexes sur d’impressionnantes machine-outils et autres robots (j’ai visité l’ENIT lors de la cérémonie de remise des diplômes).

        1. SOCATA aujourd’hui appelée Daher mon cher Soleil Levant. Ne m’en veuillez pas, j’ai toujours préféré les ouvriers et techniciens aux ingés, je ne vais pas me renier. C’est dans ma nature.

        2. Comme dirait l’autre pas d’ingés, pas de calculs, pas de calculs, pas d’avions, pas d’avions… Pas d’avions ;-D

  3. Bonjour à tous et à toutes

    Si Dassault n’avait pas donné un accès, que je suppose limité, pour le Rafale, ils seraient sûrement retournés vers le Soukhoï-30MKI, comme le dit Arnaud, dont ils ont fait de sérieuses modifications ; mais les Malaisiens sont les plus occidentalisés, d’où le conflit avec le constructeur russe qui voulait upgrader les avions sur le sol national pour avoir accès aux produits occidentaux.

    https://www.menadefense.net/le-flanker-indien-anatomie-du-su-30mki/

  4. Le record du nombre de Mirage III construits (toutes versions confondus) sera difficile à atteindre. Entre 1200 et 1400 exemplaires me semble-t-il.
    Si le succès commercial est au rendez-vous avec la version F5 du Rafale, et tout porte à croire que le succès sera bien là, alors le Mirage III aura un digne et fier héritier. Avec peut-être un nouveau record à la clé !
    Bravo aux équipes de Dassault Aviation, des compagnons en apprentissage qui posent les rivets aux ingénieurs qui préparent l’avenir : car c’est là un vrai travail d’équipe (comme au rugby). Sans oublier les industries sous-traitantes qui assurent la fourniture des éléments constitutif de l’avion.

      1. La capacité d’emports de chaque appareil a aussi augmenté de manière très substantielle…
        Un Mirage IIIC c’est 5900 kg à vide et une masse maxi de 11,8 T. Atar 9B de 6 T de poussée. 5 points d’emports dont 3 pour armements totalisant 1,2 T
        Un Mirage 2000-5, 7600 kg à vide, 17,5T en masse maxi. M53 de 9,8 T de poussée.
        Un Rafale C: 9500 kg à vide, 24,5 T en charge, 2x M88 soit 15 T de poussée. 14 points d’emports et 9,5T de charges à répartir entre kéro et armements
        Capacités opérationnelles: deux Rafale=6 Mirage 2000= x Mirage III (x= 10, au doigt mouillé?)

        Nous avons, certes, trop peu de Rafale, mais ce dernier est un véritable monstre de puissance par rapport au Mirage III…

  5. Avec une vente de 114 Rafales+ 31 Rafales marines à l’Inde, les 601 Mirages 2000 sera largement dépassé. Avec des prospections encore en cours plus ou moins avancées, Portugal, Grèce, Irak et pour certaines hypothétiques, Autriche, Irlande, Ukraine, Oman, le chiffre de vente du Mirage F1 sera lui aussi dépassé.

        1. Oui je sais, c’est dur de changer ses habitudes et puis SAE c’est fait « norme » 🙂

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