On sent bien que l’avionneur de Seattle veut surfer sur ses bons résultats en Inde. Et en ce sens il entend désormais proposer son chasseur F-15EX Advanced Eagle à l’Indian Air Force. Pour le constructeur américain il s’agit du seul avion capable d’empêcher la montée en puissance du Rafale français et de concurrencer le Su-35 russe. Du côté indien rien jusqu’à présent n’a démontré un quelconque intérêt officiel pour le biréacteur américain.

Il faut dire que tout sourit depuis plusieurs années à Boeing en Inde. Le pays se rééquipe de plus en plus en matériel américain, au détriment surtout de la Russie. Et l’avionneur est devenu en quinze ans un des fournisseurs les plus réguliers de l’aviation indienne. Mais il lui reste encore un obstacle : il n’a jamais réussi à y vendre le moindre avion de combat.

Des avions-cargos C-17A Globemaster III, des avions de transport de hautes personnalités 737-700, ainsi que des hélicoptères AH-64E Guardian et CH-47F Chinook ont fait leur apparition dans l’arsenal aérien indien. Même l’Indian Navy s’est équipée du P-8I Poseidon. Par contre dès lors qu’il s’agit d’avions de chasse ou de combat l’Inde demeure fidèle à ses deux historiques fournisseurs : la France et la Russie.

Un état de fait qui dérange jusqu’en plus haut lieu aux États-Unis. Chacun connait le dédain de l’actuel locataire du bureau ovale pour tout ce qui n’est pas « made in America« . Pourtant les faits sont là : les actuels avions de combat les plus modernes en service dans l’Indian Air Force sont le Sukhoi Su-30MKI russe et le Dassault Aviation Rafale EH/DH français. Et dans une moindre mesure ce sont également les Dassault Aviation Mirage 2000H/I et les Mikoyan MiG-29UPG provenant des deux mêmes pays. Alors l’Amérique de Donald Trump peut t-elle inverser la tendance et vendre un avion de combat moderne aux Indiens ?

En théorie oui sans aucun doute. En pratique c’est beaucoup plus compliqué. Boeing a déjà échoué dans sa précédente tentative. Son F/A-18E/F Super Hornet n’a pas fait le poids face au Rafale français, et a même été rapidement balayé. Il faut dire qu’il existe une sorte de conservatisme chez les pilotes et généraux indiens qui tiennent souvent à conserver la dualité franco-russe sur leurs avions de combat. Pendant longtemps pourtant trois pays fournissaient l’Inde : la France déjà, l’Union Soviétique qui préfigurait l’actuelle Russie, mais également la Grande Bretagne. L’ex-puissance coloniale réussissait souvent à placer ses avions de combat auprès de l’Indian Air Force. On se souvient qu’elle a volé sur des machines comme le De Havilland Vampire FB Mk-55, le Hawker Hunter FGA Mk-56, ou encore l’English Electric Canberra B Mk-58. En outre Londres avait négocié l’acquisition des SEPECAT Jaguar IS actuellement encore en dotation.

Les États-Unis pourraient vouloir revenir, dans un premier temps, à cette équilibre à trois pays avec la France et la Russie. Dans cette optique les gens de chez Boeing comptent désormais sur leur F-15EX Advanced Eagle, la dernière évolution du F-15 Eagle daté des années 1970. En cela le constructeur est ragaillardi par la récente commande officielle de l’US Air Force qui compte bien en faire un de ses nouveaux avions de combat.
Alors ce retrofit américain a t-il vraiment ses chances ? Nul ne le sait mais les responsables de Boeing semblent y croire dur comme fer. Washington argumente pour ses avionneurs, et donc pas uniquement Boeing, vis à vis des tensions actuelles avec le Chine arguant que cette dernière utilise également du matériel russe. C’est vrai mais indirectement car la majorité des chasseurs russes est fabriquée sous licence par les Chinois et souvent adaptés à leurs besoins et standards.
Cet avion américain dont les premières études structurelles remontent à la guerre du Vietnam a t-il la moindre chance face aux Rafale et Su-35 ? Réponse sans doute dans quelques semaines.

Illustration © Boeing Company.

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6 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud ,
    J’ai mis beaucoup temps à comprendre que vous etes seul à la tete de ce site;
    Chapeau bas pour pour votre côté sentinelle..

    • Bonjour, en fait non. Ce site c’est une histoire d’équipe et d’amitié. Forte amitié entre Gaëtan notre fondateur-webmaster et moi, et équipe entre donc nous deux et en plus Marcel qui vit lui de l’autre côté de l’Atlantique nord en Canada francophone. Donc non je suis loin d’être seul dans cette magnifique aventure. Elle se conjugue avec le pronom « nous ». 🙂

    • Oui mais globalement ce sont des avions dont l’espérance de vie n’excède plus 15 ou 20 ans. Et ce rétrofit c’est le standard 2000I. Un biplace s’était vautré il y a quelques mois, nous l’avions couvert. 🙂

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