C’est le traditionnel jeu du chat et de la souris dans la région. Ce vendredi 11 septembre 2020 une patrouille de chasse de l’Aeronautica Militare a intercepté un avion évoluant aux limites de l’espace aérien lituanien sans signal d’identification. Une fois aux abords de celui-ci leurs pilotes ont reconnu un avion de reconnaissance stratégique Ilyushin Il-20M porteur des marquages de nationalité russe. Un avion similaire avait déjà flirté avec l’espace aérien estonien la veille.

Autant le dire tout de suite : l’aviation russe semble avoir voulu tester la réactivité de ces avions européens nouvellement arrivés au sein de la mission Baltic Air Policing.
En milieu de matinée du vendredi 11 septembre 2020 le contrôle aérien de l’OTAN a repéré un avion sortant de l’espace aérien russe et évoluant sans aucun transpondeur allumé. Aucun plan de vol n’était connu le concernant. Au lieu de se diriger au nord l’aéronef en question a alors évolué à moins d’un kilomètre de l’espace aérien souverain lituanien.
Il n’en fallait pas plus pour faire décoller la chasse.

Deux avions de combat Eurofighter F-2000 Typhoon appartenant à l’Aeronautica Militare ont décollé de la base de Šiauliai. Ils ont été guidés par le contrôle aérien jusqu’à leur cible. Ils ont alors reconnu un avion militaire typique de l’arsenal russe : l’Ilyushin Il-20M Coot-A. Les deux chasseurs italiens sont demeurés à bonne distance de l’intrus afin d’éviter tout risque d’incident diplomatique avec la toujours susceptible Russie.

Ne singeant pas les méthodes russes en la manière les pilotes italiens ont donc conserver professionnalisme et froid vis à vis de l’avion de reconnaissance stratégique ennemi. Ils l’ont accompagné jusqu’aux limites de l’espace aérien de l’oblast de Kaliningrad. À aucun moment le transpondeur de l’avion-espion ne s’est allumé. Une fois le Coot-A dans le ciel de l’enclave russe les deux F-2000 Typhoon ont rejoint leur base aérienne lituanienne.

La veille déjà deux autres Eurofighter EF-2000 Typhoon appartenant à la Luftwaffe avaient réalisé une mission similaire depuis leur base estonienne d’Åmari. Et là il s’agissait déjà d’un Il-20M ayant décollé de l’espace aérien russe métropolitain mais l’ayant rejoint sans passer par l’oblast de Kaliningrad. Et déjà le quadrimoteur à turbopropulseurs évoluait sans aucune émission de signal d’identification.

L’Ilyushin Il-20M ne peut absolument pas être confondu avec un avion de ligne.

Au final on pourrait se demander si l’entretien des avions militaires russes ne laisse pas à désirer ? Dans la très grande majorité des cas en effet les transpondeurs ne fonctionnent pas, et les radios semblent défectueuses puisque les équipages n’entendent pas les messages de l’OTAN. À moins bien sûr que les aviateurs russes ne comprennent pas l’anglais, langue universelle dans ce genre de situation.

Photos © OTAN

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6 COMMENTAIRES

  1. <> il y a peut-être cette explication au sujet du timing d’intervention : en attendant le dernier moment pour autoriser le décollage des 2 aéronefs italiens l’Otan n’a donné aucune indication sur le moment réel où ils ont détecté l’avion russe et c’est donc un coup pour rien pour la Russie

  2. L’avion Russe n’est pas entré dans l’espace lituanien puisqu’il a évolué à moins d’un kilomètre, donc dans l’espace international. Ça prouve que les Russes ont des instruments de navigation très pointus.Evoluer à moins d’un kilomètre d’une frontière en avion est une sacrée prouesse. Un avion Russe qui évolue à proximité de la lituanie et qui rentre à kaliningrad ,quoi de plus normal. L’italie se trouve où déjà?Et que font des avions sous commandement otan à proximité de la Russie?

    • Bonjour,

      Si vous aviez lu correctement l’article vous auriez alors vu que les chasseurs italiens sont là dans le cadre de la mission Baltic Air Policing. Pour mémoire celle-ci fut mise en place à la demande des trois états baltes (Estonie, Lettonie, et Lituanie) qui dix ans après leur indépendance du joug soviétique en avaient marre des violations à répétition de leur espace aérien souverain par l’aviation russe. Baltic Air Policing fonctionne par des roulements d’équipes de l’OTAN. Actuellement ce sont nos amis allemands et italiens, récemment l’Armée de l’Air y prenait part.
      Et si les avions russes étaient si modernes, ils voleraient au plus loin, histoire de ne pas pouvoir être accusé d’espionnage aéroporté. Considéré en 2020 l’Ilyushin Il-20M comme « très pointu » est juste à mourir de rire quand on sait qu’il a été mis au point dans les années 1960. Ça doit être ça le fameux top niveau de l’aéronautique post-soviétique.
      Enfin je vous retournerais votre dernière question : pourquoi il y a quelques jours un chasseur russe Su-27 s’est t-il autorisé à violer l’espace aérien danois, donc celui d’un pays de l’OTAN, en toute impunité ?

  3. Les Russes se comportent en ennemis et doivent donc être traités comme tel. Pourtant, ils n’ont aucune raison valable de se sentir menacés. Ce sont eux les agresseurs (Ukraine et Crimée occupée force). Les pays baltes ont donc de bonnes raisons de se méfier des Russes.

  4. Je constate que les Russes ne font que se défendre contre des avions espions des pays de l’otan qui ne se gênent pas de récolter des informations en envoyanr leurs avions à proximité de la fédération de Russie . Et si les Russes font pareil ,ils ne font qu’appliquer une réciprocité légitime.

    • Bonjour.
      En quoi faire voler un avion-espion d’un autre âge comme l’Ilyushin Il-20M Coot-A aux plus près des frontières d’un état balte permet à l’aviation russe de se défendre ? Chacun sait que ces pays ont un niveau d’armement faible. Ou alors la Russie serait taquineuse et chercherait à titiller Baltic Air Policing.
      Votre réciprocité légitime n’existe désolé madame, que dans votre esprit pro-russe.

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