Le retrait du service d’un hélicoptère est toujours un moment poignant pour les passionnés d’aviation comme nous. Ce vendredi 4 septembre 2020 de manière fort discrète le ministère des Armées a retiré du service l’hélicoptère de combat naval Westland Lynx. Dans la foulée sa dernière unité d’affectation, la Flottille 34F a été mise en sommeil pour quelques mois. Avec lui disparait de l’arsenal français le dernier hélicoptère non conçu en France ou en Allemagne.

Autant l’avouer tout de suite le Westland Lynx était en quelques sortes le mal-aimé des hélicoptères militaires français. Ce qui était totalement injuste car c’était en fait un appareil plutôt bien conçu quand on pense qu’il a donné naissance au Super Lynx largement exporté ou encore au Wildcat actuellement en service actif dans la Royal Navy. N’oublions pas qu’il faisait à l’origine partie de l’Anglo-French Helicopter Agreement, une des pierres angulaires de l’industrie aéronautique européenne.
Surtout son aspect compact, sa motorisation britannique, et son adaptabilité aux navires de guerre en avaient fait une machine appréciée des marins français.

Mais après quarante-et-un ans de service actif les Lynx HAS Mk-2 (FN) et HAS Mk-4 (FN) commençaient à sérieusement accuser le poids de l’âge. Purs produits de la guerre froide, destinés à traquer du sous-marin soviétique ces hélicoptères manquaient au final d’une véritable polyvalence. Ce fut notamment le cas des missions anti-terroristes où la pauvre mitrailleuse emportée en sabord faisait piètre figure. Au fil des ans les femmes et les hommes de la Marine Nationale l’avaient bien adapté difficilement aux missions de recherches et de sauvetages en mer mais le Lynx restait au final ce qu’il avait toujours été : un tueur de submersibles. Et dans ce rôle il excellait !

En même temps donc que la page du Westland Lynx se refermait dans la Marine Nationale vendredi dernier celle de la Flottille 34F était cornée, pour plus tard. C’est en janvier 2021 que la flottille doit renaître de ses cendres en adoptant un appareil totalement nouveau : l’Airbus Helicopters Dauphin N3, la dernière évolution en date du bon vieux SA.365 Dauphin 2. La Flottille 34F reprendra au passage une partie des activités de l’Escadrille 22S, à savoir la spécialisation sur hélicoptères embarquée. C’est à dire la transformation opérationnelle des pilotes de voilures tournantes.

Là encore le Westland Lynx n’aura donc pas attendu le futur Airbus Helicopters H160M Guépard pour quitter le devant de la scène. Il est remplacé dans son rôle d’hélicoptère de combat naval par le bien plus polyvalent NHIndustries NH-90 Caïman NFH européen.
Particularité notable ce dernier est bien moins compact que celui qu’il remplace, donc plus difficile à caser sur certains navires de guerre.

Lynx français appontant sur une frégate anti-sous-marine, une image qui appartient désormais au passé.

De manière assez ironique la Marine Nationale retire du service ses Lynx tout en conservant son Lynx. En fait le patronyme de ce félin y est également porté par un bâtiment de soutien destiné à la formation avancée des équipages : le navire-école Lynx, numéro de coque A751, en service depuis 1982. Tout comme les Westland Lynx volaient depuis Lanvéoc-Poulmic ce bateau est basé en Bretagne, à Brest.

Désormais beaucoup vont tourner leurs regards vers les musées de Dax et du Bourget. Espérons que leurs conservateurs auront la judicieuse idée de préserver au moins un exemplaire du plus britannique des hélicoptères à hameçon.

Photos © Marine Nationale

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