Il aura fallu trois mois pour que le Navy Yard annonce l’information. Au mois de juillet dernier l’escadron d’essais HX-21 Blackjack a réalisé les premières opérations d’appontage de son CMV-22B Osprey. Pour autant le futur Carrier Onboard Delivery ne s’est pas posé sur un porte-avions mais à bord d’un bâtiment spécialisé dans la guerre amphibie. Désormais il semble assuré que le programme va bon-train.

Des rumeurs existaient déjà sur l’implication de Bell-Boeing MV-22B Osprey dans le programme de validation du nouveau CMV-22B. On savait qu’au cours de la mi-juillet 2020 deux de ces aéronefs frappés des marquages de l’escadron HX-21 Blackjack avaient été aperçus à bord du navire de transport et de commandement USS New York. Là où les fuites d’informations avaient été intelligemment orchestrées c’est qu’à aucun moment personne ne semble avoir soupçonné que son unique CMV-22B Osprey les avait accompagné.
Le Pentagone et le Navy Yard demeurent finalement toujours aussi fort dans le contrôle de l’information.

Même si l’USS New York n’a rien à voir avec un porte-avions ces essais menés mi-juillet en Atlantique nord ont permis de démontrer que le Bell-Boeing CMV-22B Osprey était parfaitement adapté aux opérations navales. Plusieurs séries d’appontages et de décollages ont été menés durant une semaine, à l’abri des regards indiscrets. Les marins américains protègent au maximum les essais du successeur désigné du légendaire Carrier Onboard Delivery actuel : le Grumman C-2A(R) Greyhound. Et en faisant cela ils renforcent l’intérêt qu’on pourrait avoir pour ce qui au final n’est qu’une version adaptée d’un avion connu depuis maintenant plusieurs années. Malgré son haut degré de sophistication l’Osprey n’est plus vraiment un avion qui étonne grand-monde.
C’est donc de jour comme de nuit, en configuration de transport de passagers ou de fret, à pleine charge (d’essais) ou à vide que le CMV-22B a décollé et s’est posé sur le navire américain.

Les tests ont également concerné l’entreposage des avions. Les hangars aviation de l’USS New York sont en fait assez proches dans leur définition de ceux des porte-avions américains. Aussi les essais repliages des pales de rotors de ces convertiplanes ont pu aider les ingénieurs et confirmer que les seuls MV-22B Osprey de l’escadron d’essais n’auraient pas été nécessaires. Avec l’unique CMV-22B aucun doute n’est plus permis : l’avion entre dans les hangars et peut y être déplacé.

La prochaine étape concerne les essais à la mer sur porte-avions. Officiellement ils auront lieu début 2021. Reste à savoir dans quel laps de temps l’US Navy communiquera dessus.

Photo © US Navy.

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2 COMMENTAIRES

  1. C’est vrai que l’Osprey est un bel engin qui devient mature, normal que les U.S. explorent des pistes tout en faisant de la démonstration, fierté tout a fait compréhensible et je pense que les français auraient été heureux de le faire aussi s’il avaient eu le budget militaire.
    Cela dit ces engins ne donnent un avantage déterminants que dans des situations très spécifiques (Principalement où les hélicoptères sont hors de portée et les parachutages hasardeux) mais pour un pays hautement militarisé comme les USA le coût se justifie pleinement.
    Sacré engin ! J’aimerais bien trouver une bonne vidéo de démo à défaut de les vois en vrai…

  2. Bonjour effectivement il a fallu beaucoup de persévérance à Boeing pour mettre au point ce type d’appareil et maintenant les résultats sont là. Et même s’il apparaît que son utilisation semble limitée à certaines missions l’US Navy va vite étendre ses capacités avec en point de mire par exemple des drones amphibies inspirés de l’Osprey. A noter aussi l’incroyable puissance américaine capable de lancer de multiples projets de très haute performance et technologie illustrée par exemple par le développement des avions de supériorité aérienne de 6ème génération.

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