Et si Zagreb nous la jouait comme Athènes en décidant en effet que les avions français d’occasion étaient les meilleurs compétiteurs pour remplacer leurs antédiluviens MiG-21 Fishbed ? Une semaine après le déplacement officiel de madame Florence Parly, ministre des Armées, en Croatie les chances de voir le Rafale exporté à ce petit pays européens semblent assez grandes. Pourtant des oppositions existent à ce marché, y compris en France dans la sphère politique. Certains ont t-ils vraiment intérêts à ce que ce marché échoue ?

Sur le papier il n’y a pas photo le Dassault Aviation Rafale F3 est, et de loin, le meilleur compétiteur face au Lockheed-Martin F-16V Viper américain. Les deux autres sont bons aussi mais ils n’ont pas l’aura du Viper et du Rafale, ce dernier étant en outre combat proven.
Les douze avions français, vendus d’occasion, et prélevés sur les stocks existants de l’Armée de l’Air et de l’Espace seraient ainsi livré aux Croates au très polyvalent standard F3.
Une vente qui rappelons-le engagerait forcément une seconde de la part du ministère des Armée comme cela a été le cas après le contrat grec.

Vendre des Rafale F3 d’occasion et en racheter des neufs pour notre aviation, le principe est séduisant et permet de renforcer l’appareil de Dassault Aviation aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’international. Il se dit d’ailleurs que l’actuel ministre croate de la défense monsieur Mario Banožić, est un fervent défenseur d’une issue européenne au remplacement des MiG-21 Fishbed. Sans oublier que Croatie et France entretiennent depuis plusieurs mois d’excellentes relations diplomatiques et économiques au sein de l’Union Européenne. Les voyants semblent donc tous au vert pour le Rafale F3 à Zagreb.

Sauf que des oppositions fortes existent bien. D’abord de la part des médias étrangers, américains et israéliens mais cela se comprend puisque le Rafale F3 fait de l’ombre à leurs propositions. ensuite dans la classe politique française, au travers du député d’opposition (LR) François Cornut-Gentille. Ce grand spécialiste des questions de défense, ex-maire de Saint Dizier, est par ailleurs un fin connaisseur des aspects aéronautiques et de notre Armée de l’Air et de l’Espace. Et Cornut-Gentille étrille grandement la volonté française de vendre ces douze Rafale F3. Pour le parlementaire le seul véritable vainqueur sera l’avionneur tandis que le contribuable français devra remettre la main à la poche pour racheter douze avions neufs, hors budget. François Cornut-Gentille n’est pas farouchement opposé à la vente de douze avions à la Croatie, il voudrait juste que cela ressemble un peu moins à l’énorme usine à gaz que semble être ce contrat.

Finalement donc les contrats égyptiens, indiens, ou encore qataris signés sous la présidence Hollande semblaient mieux ficelés que celui de la Grèce et cet hypothétique croate sous l’ère Macron. En gros il vaut mieux vendre neuf que d’occasion pour ensuite racheter neuf, ça contente bien plus de monde. Et ça coûte beaucoup moins à la France, donc aux deniers publiques.

Photo © Armée de l’Air et l’Espace.

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7 COMMENTAIRES

  1. Soit ca nous oblige a une dépense supplémentaire, mais ca nous redonne du potentiel. Comme le remplaçant du rafale n’est pas pour demain ça peut être utile en attendant le possible futur avion européen.

    • Il faudrait que les recettes de ce possible achat croate retournent dans les caisses du MinDef afin de faire baisser la dépense dans le cas d’une commande de Rafale F4. Ça permettrait également d’être au dernier standard.

  2. C’est un achat de potentiel supplémentaire, de toute manière il faudra bien payer le traitement de la remise au standard F4 de ces Rafale un jour si l’on continue à les garder et dans ce cas avec une durée de vie moindre.
    Encore une fois, ce n’est pas un(e) achat/dépense à des entreprises étrangères mais nationales et cela ne concerne pas uniquement Dassault mais une multitude de PME

  3. Bonjour,
    Il faut aussi prendre en compte l’impact sur l’économie française,surtout en période de crise : combien d’emplois sauvés ou crées, combien de charges et d’impôts payé en France en plus ?
    Hors crise, cela se discute car les ingénieurs, s’ils ne travaillent pas pour le domaine de la défense travaillent pour le domaine civil. En période de crise, c’est soit ça soit le chômage !
    Très cordialement

  4. C’est le meilleur moyen de gagner des parts de marché quand financièrement ça coince pour l’acheteur.
    Aujourd’hui tu te paies de l’occase et demain du neuf en + les pilotes s’habituent à une machine et c’est parti pour 40 ans.
    Ce serait une très bonne nouvelle pour nous, l’Europe et un beau pied de nez aux excellents négociateurs US & Israéliens

  5. Ca forcera l’Etat à remettre au pot pour racheter des Rafale neufs, certes, mais c’est un moindre mal – on se « débarrasse » d’avions qui ont déjà leur potentiel entamé sans avoir à les moderniser et on les remplace avec des neufs. Ce qui m’embête plus, c’est que déjà avec le contrat grec, l’AAE avait déjà dit qu’elle était juste concernant le nombre d’avions disponibles et qu’il faudrait compter avec des tensions dans le futur avant l’arrivée des nouveaux avions ; si on lui prélève encore X unités pour les fournir aux Croates, on va avoir certainement au devant de gros problèmes – trop de pilotes sans avion, trop de missions pour le nombre d’avions disponibles. Ca m’étonne que François Cornut-Gentille ne l’ait pas mentionné (mais peut-être que j’ai loupé ça).

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