La nouvelle est officiellement tombée ce samedi 12 septembre 2020 en toute fin d’après-midi. Le premier ministre grec, monsieur Kyriakos Mitsotakis, a annoncé que son pays avait fait le choix d’acquérir les 18 avions de combat Rafale proposés par la France. La Grèce devient donc le premier pays européen à acheter le biréacteur français. C’est le couronnement de cinq décennies de fidélité à l’avionneur clodoaldien.

Depuis quelques jours déjà les rumeurs sur une telle acquisition étaient fortes. Mais c’est désormais le pouvoir exécutif grec qui a confirmé les intentions de sa force aérienne, la fameuse Polemikí Aeroporía. Ce sont les vives tensions avec la Turquie et sa volonté expansionniste en Méditerranée qui ont accéléré la décision d’Athènes de commander ces dix-huit Dassault Aviation Rafale.

Même si cela n’a pas été encore confirmé par les trois parties en cause dans ce programme, les gouvernements français et grec ainsi que l’avionneur, une partie des avions sera vendu à prix coûtant voire carrément offerte. Il s’agit des huit machines de seconde main, issues des stocks de l’Armée de l’Air. Les dix autres seront spécialement construit par Dassault Aviation pour les besoins de la Polemikí Aeroporía.

Alors que l’avion français est actuellement en compétition en Finlande et en Suisse la Grèce devient donc le premier acquéreur européen du Rafale en dehors de la France. Depuis 1974 et le Mirage F1 puis quelques années plus tard le Mirage 2000 la Polemikí Aeroporía fait confiance aux avions d’armes conçus et développés par les ingénieurs de Saint-Cloud. Une fidélité ici récompensée par une procédure accélérée d’achat, facilité par la diplomatie française. À n’en pas douter des Rafale sous la fameuse cocarde grecque pourraient faire basculer la donne dans la région en la faveur d’Athènes.

Il y a pourtant un revers à la médaille : le risque d’escalade de la part de l’autocrate Erdogan. Après son exclusion du programme F-35 Lightning II la Turquie n’a pas caché son intention d’acquérir quelques exemplaires du chasseur de supériorité aérienne Sukhoi Su-35 russe. La décision grecque autour de ces dix-huit Rafale pourrait donc précipiter Ankara un peu plus dans les bras de Moscou, afin de ne pas totalement perdre la face dans la région.

Quoiqu’il en soit voir dans quelques semaines (ou mois) des Dassault Aviation Rafale sous couleurs de la Grèce doit ravir pas mal de passionnés d’aviation. Et j’en suis. L’occasion sans doute pour Gaëtan de nous montrer une fois encore ses talents de graphiste au travers d’une nouvelle affiche. En tous cas, ça promet !

Photo © Dassault Aviation.

 

Publicité

23 COMMENTAIRES

  1. Pour l’armée de l’air qui manque déjà de chasseurs et ne peut s’en faire livrer depuis deux ans c’est une très mauvaise nouvelle que de devoir en céder à la Grèce.

  2. Très bonne nouvelle ! Encore un succès à l’export pour cette formidable machine ! J’ai hâte moi aussi de voir le résultat sous forme d’affiche par Gaëtan ! Un Rafale grec survolant l’acropole d’Athènes, de la même manière que le Rafale indien survolant le Taj Mahal de New Delhi, ce serait chouette comme affiche !

  3. En ce qui concerne l’équilibre aviation des deux clans, c’est relativement équilibré, un avantage numérique pour la Turquie avec 362 appareils de combat contre 232 pour la Grèce.
    Cependant l’aviation grecque est plus moderne avec l’adjonction de 44 Mirage 2000. L’essentiel des deux camps repose sur leur flotte respective de F16.
    La Turquie possède 6 F35A mais je ne sais pas s’ils sont opérationnels vu la tension entre les USA et la Turquie.

    • Bien-sûr que non, les turques ne les ont jamais reçu, la livraison à été annulé en 2019. Les exemplaires déjà fabriqués ont été reversés à l’USAF.

  4. Enfin un plus d’Europe dans les armées européennes !!!
    Peut-on imaginer que les USA ont les moyens de clouer au sol les F35 turques par une porte dérobée dans l’avionique ?

  5. Cocorico! Il faut attendre la signature et le chèque comme ils disent mais il doit « chauffer » parmi les pilotes grecs de Mirage 2000 pour savoir qui qui vont y aller

  6. Bonne nouvelle en effet.
    Cela ràbattra un peu le caquet à Erdogan et ses ambitions.
    Par contre, ne desabillons pas notre AA.
    Ne perdons pas de vue qu’il faut 24 mois pour fabriquer un Rafale. Donc même avec une commande étatique immédiatement, les prochains Rafales français, n’arriveront pas avant fin 2022 au mieux !! Comment va t-on faire la jointure d’ici là ??
    A moins que Dassault fasse les 2×8, on ne pourra pas faire de miracle. Il faut livrer les commandes en cours, et que tout le monde accélère, sous-traitance comprise. Sacré défi. Il faudrait fabriquer 25 avions par an. Cela est-il possible. Merci de vos réponses de spécialistes.

  7. Parmi les effets de bord (ou de synergie stratégique) qui ont peut-être joué en faveur de l’offre française : l’équipement en Rafales de l’Armée de l’Air Égyptienne, adversaire régional …. de la Turquie, avec une situation très tendue en Libye.
    De là à imaginer des opérations combinées entre Rafales grecs et Égyptiens en Med-Or, il n’y aurait pas des kilomètres… À mon avis.

  8. N’oublions pas que pour le air/air le Mirage 2000-5 est très bon, il va plus vite qu’un F-16.
    Ce n’est pas (encore?) une guerre ouverte donc pas besoin d’un missile tel que le Meteor

  9. Pour l’instant on ne sait pas si c’est 10+8 ou 6+12. Mais c’est un contrat poussif, il a fallu des tensions avec la Turquie et le soutien explicite de la France pour faire naître et accélérer cette vente. Maintenant la France a le devoir de soutenir la Grèce jusqu’au bout. C’est donnant donnant.
    En plus de la Turquie ce sont les États-Unis qui doivent être mécontents. Ils ont tout fait pour faire échouer cette vente, et continuent avec une possible prochaine vente de frégates FDI. En effet ils ne veulent pas voir la Grèce prendre le dessus sur ces tensions et voir apparaître un possible futur conflit. Ils ménagent encore et toujours Ankara pour ne pas la voir quitter l’OTAN.

  10. A lire les forums ici et ailleurs, on ne vend pas de Rafale, on n’est pas content; on vend des Rafale, on n’est pas content non plus, contrats poussifs, armée de l’air sans dotation etc etc Drôle de pays que la France ! Mille Dieu !!!! un peu d’optimisme !

  11. Depuis hier soir, L’AFP a donné le détail 6 avions neufs et 12 avions prélevés sur le stock de l’AAE. La Grèce voulant les Rafale d’occasion pour la mi 2021 au plus tard, pilotes et techniciens formés. Si les avions sont déjà au standard F3, il est aisé de les mettre à jour au standard F3R, le seul qui supporte le missile Meteor, qui ait dit par l’Inde comme un véritable game changer dissuasif. Cela calmera peut-être les ardeurs agressives de Erdogan au niveau aviation mais n’oublions pas la Marine qui est sous équipée par rapport à la Turquie et l’armée de Terre qui est sous dotée depuis de très nombreuses années. Ce qui n’est pas le cas des armées turques, par contre ils ont perdu beaucoup d’officiers avec les purges.
    Et n’oublions pas que la France et la Grèce doivent signer sous peu un accord d’assistance mutuelle. Espérons qu’après cela Erdogan va se calmer…

  12. Je ne crois pas trop à l’achat de Su-35 par la Turquie, pour la bonne et simple raison que les appareils russe ne sont pas (et à ma connaissance, ne peuvent pas être) équipés de la Liaison 16, obligatoire pour toutes les forces aériennes des membres de l’OTAN, dont la Turquie fait toujours partie malgré ce que l’on pourrait penser vu la situation actuelle.
    Et par ailleurs, je pense que Poutine se doute bien que si Ankara obtient gain de cause en Méditerranée, il aura des vues sur la Mer Noire, ce que ne peut accepter la Russie.
    Bref, pas beaucoup de chance (ou risques, selon le point de vue de chacun) que la Turquie s’équipe de chasseurs russes…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom