C’est une réponse concrète aux menaces que font peser les sous-marins nucléaires chinois des classes Jin et Shang sur la souveraineté australienne. Afin de garantir la sûreté de ses eaux territoriales mais également de sa zone économique exclusive la Royal Australian Air Force a décidé ce mardi 29 décembre 2020 d’acquérir deux avions de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon supplémentaires. Ils viendront ainsi s’ajouter aux douze exemplaires déjà en dotation. L’Australie annonce également réfléchir à l’acquisition d’un second lot de drones stratégiques Northrop-Grumman MQ-4C Triton.

Il faut bien le reconnaître cette commande est une petite surprise puisque l’Australie avait déclaré l’an dernier qu’elle possédait un nombre suffisant de Boeing P-8A Poseidon dans son arsenal aérien. Pour mémoire ces douze avions ont remplacé, comme dans l’US Navy, les Lockheed P-3C Orion jusque là utilisés pour la patrouille maritime. Alors qu’est-ce qui a changé sur le plan aéronavale au sein de la RAAF entre 2019 et 2020 ? Sans aucun doute la présence chinoise répétée au plus proche des côtes de l’île-continent.

En effet depuis plusieurs mois les médias australiens se font régulièrement l’écho des pécheurs locaux qui dénoncent la présence des navires-usines qui pillent littéralement les réserves poissonnières. D’énormes bateaux avec lesquels la flotte de pèche australienne ne peut pas rivaliser. Plus préoccupante encore est la révélation selon laquelle des sous-marins à propulsion nucléaire appartenant aux forces chinoises seraient fréquemment repérés par la Royal Australian Air Force et la Royal Australian Navy. Que font ces submersibles dans la région ? Sans aucun doute ce que font tous les sous-marins à propulsion nucléaire : un peu beaucoup d’espionnage.

La présence des sous-marins chinois dans le Pacifique ne préoccupe d’ailleurs pas uniquement l’Australie. Les États-Unis, la France et le Japon sont également concernés en raison de la taille importante de leurs eaux territoriale dans la région. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si en ce mois de décembre 2020 le sous-marin nucléaire d’attaque Émeraude s’est entraîné aux côtés des marines de ces deux pays dans une série d’exercices. Il a par exemple assurer la protection simulée du porte-hélicoptères japonais Hyūga ou encore pourchassé un ennemi virtuel aux côtés du sous-marin nucléaire d’attaque américain USS Nashville.
En filigrane c’est bien la Chine qui se trouve visée par ces exercices.

La réponse australienne tient donc en deux parties. Une commande immédiate pour deux P-8A Poseidon et une option posée pour trois drones de reconnaissance maritime MQ-4C Triton. Cette dernière pourrait bien être transformée au cours du premier semestre 2021. Pour mémoire l’Australie a déjà en commande six de ces avions sans pilote développés et produits aux États-Unis.
Avec bientôt quatorze P-8A Poseidon, six E-7A Wedgetail, et deux BBJ la Royal Australian Air Force pourrait bien devenir sous peu une des principales forces aériennes non américaines en nombre de Boeing 737 militaires.

Photo © Royal Australian Air Force.

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4 COMMENTAIRES

    • Il ne faut pas non plus se leurrer : les P-8A Poseidon australiens ne couleront pas de submersibles chinois. Pékin possède l’arme atomique, ce qui la met à l’abri de toute action de guerre intempestive contre sa marine. Il s’agit avant tout d’une guerre des nerfs.

  1. En ce qui concerne les nerfs, les gouvernants chinois, dégagés des échéances électorales, doivent être avantagés sur les australiens qui leur ont vendu leur sous-sol et qui sont tributaires des achats de céréales à l’Australian Wheat Board. C’est en effet du domaine de la posture. Les futurs sous marins de Naval Group leur permettront de harceler les intrus pour des durées plus significatives après un repérage initial

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