Ne le confondez surtout pas avec le petit Falcon 10 des années 1970, ils n’ont pas grand-chose à voir hormis le constructeur. Ce jeudi 6 mai 2021 en après-midi l’avionneur français Dassault Aviation a levé le voile sur son futur, qui prend la forme d’un nouveau jet d’affaire long-courrier haut de gamme. Son nom Falcon 10X indique qu’ils sera plus gros que l’actuel Falcon 7X ou que sa version améliorée Falcon 8X. Il compte clairement attaquer les parts de marché de Bombardier et Gulfstream.

L’attente depuis quelques jours aura donc été fructueuse. Le suspens tenu jusqu’au bout par les équipes de communication de l’avionneur aura tenu toutes ses promesses. Ce futur Dassault Aviation Falcon 10X s’annonce extraordinaire. Toute proportions gardées il pourrait être aussi révolutionnaire que le Falcon 900 en son temps.

Premier enseignement pour ce Falcon 10X, Dassault Aviation rompt avec sa tradition, en fait sa signature, des jets d’affaires triréacteurs. Le nouvel avion est un biréacteur de haute qualité, ultra high tech, construit en matériaux composites et disposant d’une cabine dotée d’un très haut niveau de confort. On en attend pas moins de la part du constructeur clodoaldien. Deuxième enseignement de taille sur l’avion, la motorisation. Safran et Pratt & Whitney Canada passent à la trappe au profit de Rolls-Royce/BMW et son turboréacteur Pearl dans une version spécifique appelée Pearl 10X. On ne peut pas faire plus spécifique même. Troisième enseignement : l’avion disposera d’une autonomie sans escale de quinze heures permettant de franchir 7500 miles nautiques (soit environ 13900 kilomètres) à une vitesse de croisière de Mach 0.93 avec une capacité d’accueil de dix à quatorze passagers.
Excusez du peu.

Sur le papier ce Falcon 10X sera, et de loin, le plus gros avion d’affaire jamais conçu et réalisé en France depuis l’échec du Falcon 30. Il semble énorme par rapport aux autres avions de la firme. Et il en a besoin. Car le Dassault Aviation Falcon 10X vient titiller les Bombardier Global 7500 canadien et Gulfstream G700 américains directement sur leurs terres. Ou plutôt dans leurs cieux.
Bien entendu en attendant cet avion n’existe qu’au niveau de la planche à dessins et des ordinateurs de Dassault Aviation. Pour autant l’avionneur annonce sa mise en service d’ici quatre ans. En 2025 donc débarquera un nouveau cauchemar par Bombardier et Gulfstream.

Alors oui on est forcément (hyper) enthousiaste devant un tel avion ! Bon OK il y a peut-être aussi une petite pointe de chauvinisme vis-à-vis de Dassault Aviation et de ses magnifiques jets d’affaire. Vivement son premier vol.

Illustration © Dassault Aviation.

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18 COMMENTAIRES

    • En fait dans les années 1970 le jet d’affaire Mystère XX est devenu Falcon 20. D’ailleurs dans la partie encyclopédique de notre site il est référence comme Mystère XX. 😉

      • Pour compléter votre réponse, le changement de Mystère à Falcon a été fait lorsque les américains de PanAm ont décidé d’acheter l’avion, car Falcon était plus facile à prononcer pour des anglophones que Mystère 🙂

  1. Ouah! Chapeau à Dassault, 13900km +0.9 mach et 14 pax!! Ça risque clairement d’embêter la concurrence.
    (Il a un look étrange pour un Falcon mais je lui trouve du charme!)
    (Des débouchés militaires intéressants je pense…)
    Bravo! Bien joué! Dassault est dans un bon tempo en ce moment

  2. @Arnaud, je crois que le Mach croisière est plutôt 0.85, 0.93 étant le Mach max
    Détail important: Voilure composite carbone, 1ère mondiale pour un bizjet (yes! j’avais deviné juste 🙂 )
    Autre détail significatif: La dérive n’est plus en forme de croix comme ses prédécesseurs mais en forme de T comme ses concurrents directs chez Gulfstream ou Bombardier, ceci afin d’avoir plus d’efficacité car loin du sillage de la voilure, une dérive en croix plus esthétique certes demanderait un PH (plan horizontal) plus imposant donc plus lourd

  3. Une petite remarque Rolls Royce/BMW (automobiles) n’a rien à voir avec Rolls Royce (moteurs d’avions) ce sont deux entreprises différentes

  4. Depuis 1973. Avant ça, c’était la même entreprise. Et c’est Rolls-Royce Deutschland aujourd’hui et non plus BMW Rolls-Royce ou BRR.

  5. J’ai attendu cette annonce toute la journée comme un gamin le jour de Noël 🙂
    C’est un sacré pari de Dassault de se lancer sur ce marché surtout en cette période morose du marché aérien mais c’est à ça qu’on reconnaît une grande entreprise. Elle anticipe l’avenir et le retour de l’économie mondiale. Néanmoins ça serait pas mal non plus que Dassault propose un successeur au Falcon 10 pour concurrencer les PC-24, Embraer Phenom, Cessna Citation, Learjet sur la classe des light jets.

  6. Bonsoir,
    Petite question pour les spécialistes.
    A votre avis pourquoi la configuration 3 moteurs n’a pas été retenue?
    Elle avait quand même quelques avantages. Par ex quand on perd un moteur on ne perd que le tiers de sa puissance et non pas la moitié.

    • La configuration 3 moteurs a été adoptée dans le passé à cause du niveau de fiabilité des moteurs, il fallait avoir plus de 2 moteurs (4 moteurs sous voilure).
      De nos jours, la fiabilité des moteurs permet d’envisager 2 moteurs et l’avion doit tout de même être certifié pour voler sur un seul moteur pour rejoindre un aéroport et atterrir.
      À iso poussée, il me semble que le poids de 3 moteurs + nacelles + tuyère centrale est supérieur à celui de 2 moteurs + nacelles.
      De plus le moteur central masque une partie de la dérive qui doit être plus haute pour être efficace donc plus lourde et la tuyère interne prendre du volume utile dans le fuselage

  7. Peut-on imaginer ce Falcon 10X comme un candidat sérieux pour le remplacement des ATL2 à l’horizon 2035 ?
    D’un point vue calendier, 10 ans après la mise en service (prévue pour 2025) ça paraît jouable.
    Mais au niveau de la capacité d’emport quand on ajoute tous les senseurs et effecteurs… ?

    • Bonjour Candide, il est bien trop tôt pour envisager un dérivé militaire de ce futur Falcon 10X, et encore plus pour le concevoir comme un possible successeur des Atlantique ATL-2.

    • Le Falcon 10X s’approcherait plus d’un P-8 Poseidon, niveau vitesse et altitude, différentes de celles d’un ATL2, plus « lent » vole plus bas mais d’une plus grande autonomie, il faudrait donc redéfinir les missions
      De plus, l’ATL2 possède une soute à la manière du B-52 ou des « vieux » B-17, B-29 dans laquelle est stocké l’armement torpilles, GBU, Exocet, etc…
      On pourrait mettre ces armes sous voilure du Falcon mais ça grèverait l’autonomie:vitesses à cause de la traînée

  8. Espérons que Dassault retrouve des parts de marché car pour l’instant c’est pas la joie, 40 avions par an quand Gulstream et Bombardier sont a plus de 100…

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