Le contrat avait été annoncé à la toute fin du quinquennat de François Hollande, il est finalement confirmé à la fin du (premier ?) d’Emmanuel Macron. Ce mercredi 22 décembre 2021 la ministre des Armées, madame Florence Parly, a officialisé la commande par la France des hélicoptères militaires Airbus Helicopters H160M. Le chèque d’un montant de dix milliards d’euros permettra un rajeunissement des flottes de voilures tournantes de l’Armée de l’Air et de l’Espace, de l’Armée de Terre, et de la Marine Nationale. Initialement les livraisons étaient attendues pour 2026, elle ne débuteront qu’en 2027.

C’est donc Noël avant l’heure pour Airbus Helicopters. Non seulement c’est un contrat historique puisque portant sur 169 hélicoptères achetés d’un seul coup par un des clients historiques de l’hélicoptériste européen mais en plus c’est la confirmation de l’avenir d’un hélicoptère militaire dont certains ne donnaient pas chère de la peau il y a encore quelques mois.
Le contrat concerne également le maintien en condition opérationnelle pour une durée de dix ans par machine.

S’il s’appelle H160M chez Airbus Helicopters cet appareil est connu auprès des militaires sous son patronyme de Guépard et sous son initiale de HIL. Celle-ci signifie Hélicoptère Interarmée Léger, définissant bien sa future mission : permettre d’opérer auprès du plus grand nombre en remplacement d’un maximum de machine. Le concept omnirôle du chasseur Dassault Aviation Rafale semble avoir fait des petits chez nos militaires.
À priori ce nouvel hélicoptère saura tout faire ou presque : appui-feu, combat aéromaritime, reconnaissance armée, mesures actives de sûreté aérienne, soutien aux forces spéciales, évacuation sanitaire, liaisons d’état-major. Un vrai «couteau suisse» volant qui remplacera rien moins que cinq modèles d’hélicoptères : Aérospatiale SA.316 Alouette III, Aérospatiale SA.342 Gazelle, Aérospatiale AS.365 Dauphin 2, Eurocopter AS.555 Fennec, et Eurocopter AS.565 Panther.

Contrairement à une idée reçue encore largement répandu l’Airbus Helicopters H160, et donc le H160M qui en découle, ne sont pas des versions modernisées de la famille Dauphin. Il s’agit en fait du fruit des travaux des ingénieurs ayant œuvré sur le programme X4 initié par Eurocopter et repris par Airbus Helicopters. C’est l’aspect général de l’appareil et son rotor anti-couple Fenestron qui a induit pas mal de monde, dont des passionnés, en erreur.

Cent soixante-neuf machines ont donc été commandées ce mercredi par les services de madame Florence Parly. Ces H160M concernent les trois armées : Air, Terre, Mer. Quatre-vingts sont destinées à l’Aviation Légère de l’Armée de Terre, quarante-neuf à la Marine Nationale, et les quarante derniers à l’Armée de l’Air et de l’Espace.
L’intégralité des appareil sera produit à Marignane chez Airbus Helicopters tandis que Safran Helicopters Engine assurera la construction des turbines depuis ses usines de Tarbes. De quoi garantir l’emploi industriel auprès de ces deux très importants acteurs européens du secteur.

Illustration © ministère des Armées.

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9 COMMENTAIRES

    • La lutte anti sous-marine n’est pas dans ses prérogatives. Il est adapté au combat aéromaritime, c’est à dire la lutte contre les menaces de surface.
      Bien évidemment qu’il sera navalisé !

  1. Je reste dubitatif sur ces machines omnirole qui remplacent plusieurs types qui n’ont pas grand chose à voir entre elles. Gazelles et dauphins II se font remplacés par une même machine. Je crains que rationalisation et économie budgétaire prennent le dessus sur l’efficacité. Ça me rappelle l’expression « bon a tout, excellent à rien ».

    • En l’occurence, le sujet ne concerne pas un vulgaire tube de colle, mais un Hélicopter répondant à un cahier des charges précis pour remplacer des machines qui coûtent un bras en maintenance et dont la disponibilité est d’autant réduite, dans le genre ‘il faut il vieux faitout pour faire une bonne soupe’ sauf que si le faitout attache au fond et qu’il faut 2 heures pour le récurer, il faut bien le changer .

  2. La commande comporte aussi 11 autres appareils civils H160 tout court, 10 pour la gendarmerie nationale +1 pour la DGA pour assurer les essais en vol de mise au point, de qualification des équipements et des futurs systèmes d’armes, 15 ans du travail assurés pour les 8500 employés de Marignanne et les sous-traitants partenaires !

      • le journal de l’aviation et FR3 Provence l’écrivent, alors je ne sais pas vraiment ce qui est réellement commandé ( je ne suis pas vraiment à coté du fax qui reçoit les commandes ! ), 169 H160M sur la LPM c’est Ok, mais là se sont des H160, pas des guépart, d’ailleurs je suis surpris que la DGA fasse des essais sur un H160.

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