L’histoire de l’aviation est ainsi faite depuis ses débuts : des constructeurs apparaissent quand d’autres disparaissent. Or ce vendredi 21 janvier 2022 la justice de l’état américain du Michigan a officiellement annoncé la liquidation de l’hélicoptériste Enstrom Helicopter Corporation. En 62 ans d’existence ce spécialiste des hélicoptères légers a vendu plus de 1500 appareils. Il laisse désormais son segment de marché à ses concurrents : l’entreprise française Guimbal et les sociétés américaines Robinson et Schweizer.

Ce weekend ce sont donc environ 125 employés, les derniers qu’il restait encore, qui vont pointer au chômage ! À n’en pas douter les très spécialisés ouvriers aéronautiques et les ingénieurs seront courtisés par d’autres constructeurs, si ce n’est pas déjà fait. Pour les autres le parcours du combattant débute, dans un pays où les aides sociales demeurent malheureusement minimalistes.

Depuis sa fondation en décembre 1959 Enstrom avait su trouver son marché : les hélicoptères légers monomoteurs, et plus récemment monoturbines. Ses clients étaient globalement des entreprises, des clients privés, ainsi que les forces de l’ordre. Quelques rares machines furent vendus à des militaires, comme la force terrestre d’autodéfense du Japon par exemple. Le constructeur avait par contre récemment échoué à proposer une machine d’entraînement à destination de l’US Navy. Un contrat depuis remporté par l’industriel italien Leonardo et son TH-73 Thrasher.

Si on veut vraiment être objectif Enstrom n’était pas l’hélicoptériste avec le plus sexy des catalogues. En six décennies il n’avait réellement réussi à proposer que deux machines : son célèbre monoturbine F28 Falcon qui fit sa renommée et plus récemment son F480 qui voulait surfer sur la mode des monoturbines légers. Si le premier avait su trouver son marché, allant même jusqu’à être rajeuni sous la forme d’un F280 Shark particulièrement réussi, il en a été autrement du second. Il s’est vite heurté à un mur : la concurrence féroce de Bell Helicopter et d’Eurocopter. Face aux Bell 407 et AS.350B Écureuil le pauvre Enstrom 480 ne faisait vraiment pas le poids. Et ses ventes n’ont jamais décollé.

La livrée de cet Enstrom F28 immatriculé aux États-Unis est visiblement inspirée du personnage de bandes-dessinées Spiderman.

La crise sanitaire du Covid-19 a fini le travail. En deux ans et demi l’industriel a sorti seulement 44 hélicoptères de ses chaînes d’assemblage. Pas assez pour lui éviter la liquidation. Malgré l’aide d’un fond d’investissement aéronautique chinois, le groupe Chongqing General Aviation Industries, il a donc disparu définitivement. Le chapitre 7 de la loi fédérale américaine sur les banqueroutes prévoit la liquidation des avoirs de l’entreprise et interdit surtout son rachat, à la différence du chapitre 11 plus fréquemment employé par les constructeurs aéronautiques en difficultés.

Photos © Enstrom Helicopter Corporation.

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom