La guerre que Moscou mène depuis maintenant près de 40 jours en Ukraine a profondément rebattu les cartes de la stratégie européenne. Preuve en est la volonté allemande de renforcer considérablement son budget de la défense, au point de peut-être en faire le premier de l’Union Européenne devant la France et l’Italie dans quelque temps. Pour autant certaines de ses machines d’ancienne génération, à l’image de ses hélicoptères lourds Sikorsky CH-53GA Sea Stallion, demeurent encore au top au cas où il faudrait affronter les armées russes. Des appareils triturbines que pourtant le Bundeswehr cherche désormais à remplacer.

Troupes allemandes de montagnes à bord d’un CH-53GS Sea Stallion.

À ce jour celui-ci peut s’appuyer sur une quarantaine de Sikorsky CH-53GA Sea Stallion, d’anciens CH-53GE/GS modernisés il y a neuf ans et adaptés à des opérations par tous temps. Ils opèrent au sein de la Luftwaffe. D’hélicoptères lourds classiques, surtout utilisés pour déposer sous élingues des charges comme des palettes, des véhicules, ou des pièces d’artillerie ils se sont mué peu à peu en véritable bonne à tout faire de la défense allemande. Et depuis le début de l’année, alors que les menaces russes se faisaient grandissantes, les Sea Stallion ont su s’adapter à la guerre de haute intensité comme jadis ils l’avaient fait avec la guerre asymétrique en Afghanistan.

En attendant leur remplacement toujours aussi hypothétique, soit par des Boeing Vertol CH-47F Chinook soit par des Sikorsky CH-53K King Stallion, les CH-53GA Sea Stallion assument leurs rôles. Et désormais ils enchaînent les exercices de déploiement au profit des unités combattantes allemandes. Chasseurs alpins, commandos des forces spéciales, ou encore nageurs de combat ils savent déposer au plus près des besoins n’importe quelle troupe spécialisée. Il n’est désormais plus rare de les voir opérer aux côtés d’Airbus Helicopters H145M de soutien aux opérations spéciales. Ces derniers semblent tout petit à côté des Sea Stallion.

Ce cliché permet d’admirer l’impression de masse d’un tel hélicoptère.

Beaucoup les annonçaient bons pour la retraite, tout juste aptes à rejoindre une casse ou un musée. Les Sikorsky CH-53GA Sea Stallion de la Luftwaffe démontrent que depuis quelques semaines ils ont su s’adapter à la haute intensité. Si l’OTAN ou l’Union Européenne, ou les deux en même temps, venaient à appeler l’Allemagne au combat pas de doute alors que ces gros hélicoptères triturbines sauraient tenir leur place. Pas mal pour des appareils tous quinquagénaires.

Photos © Bundeswehr

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour ce très bon article Arnaud.

    Ce type d’hélicoptères lourds fait toujours défaut dans nos armées.
    Il se murmurait, il y a un mois ou deux de cela, que la France envisageait de louer, voir par la suite d’acheter des CH -47 Chinook aux Anglais.

    Toujours dans les tuyaux ?? Ou fake-news ?

    Merci de vos éclaircissements.

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