Officiellement Moscou annonce avoir pris la ville portuaire ukrainienne de Marioupol, mais à quel prix ! En près de trois mois de bombardements intensifs l’armée et l’aviation russes ont détruit la ville à hauteur de 90 à 95% tandis que plus des trois quarts des habitants l’ont fui ou y sont morts. Et déjà une arme fait figure de symbole du martyr de la cité : l’avion d’attaque Sukhoi Su-34 Fullback. On a vraiment l’impression que l’histoire se reproduit inlassablement.

Car dès le jeudi 24 février, date du début de l’agression russe contre l’Ukraine, la ville de Marioupol a été la cible des bombes. À la mi-mars nous vous faisions part des inquiétudes de la communauté internationale après la destruction de 70% de la ville. C’est désormais une certitude : Marioupol n’existe plus qu’à maximum 10% de ce qu’elle était.
Avant que le dictateur Vladimir Poutine ne décide de la frapper et de l’envahir c’était une ville de presque 432 000 habitants. Aujourd’hui selon l’ONG Human Right Watch ils ne seraient même plus 90 000. Surtout le nombre de civils assassinés par Moscou s’échelonne entre 20 000 et 22 000. Le terme de martyr n’est pas de trop.

Les habitants de Marioupol qui ont fui la ville le racontent tous aux médias internationaux et aux ONG : ils reconnaissent le bruit de l’artillerie russe et la silhouette des avions d’attaque Sukhoi Su-34 Fullback. Pas de chance pour Moscou cet avion n’a jamais été exporté et il ne sert donc pas dans les forces ukrainiennes. Les avions de ce genre qui ont frappé la ville sont donc bien les siens.

À Marioupol en trois mois de guerre les Sukhoi Su-34 Fullback ont fait la démonstration de leurs capacités. Présenté durant des années par Moscou comme le digne héritier des Sukhoi Su-22 Fitter-K et Su-24 Fencer soviétiques il n’est finalement même pas l’ombre de ces deux superbes et redoutables machines de guerre. Le Sukhoi Su-34 Fullback a prouvé qu’il était incapable de frapper avec précision des objectifs militaires mais qu’il excelle à bombarder à l’aveugle les cibles civiles. Écoles élémentaires ou encore hôpitaux pédiatriques ont été détruit par ses munitions. Et bien sûr l’aviation de Vladimir Poutine s’attaque à la culture ukrainienne, comme lorsqu’elle bombarde le théâtre de Marioupol y tuant des dizaines de civils innocent. Crime de guerre avez-vous dit ?

Vous l’aurez compris cet article est un coup de gueule. Un billet d’humeur comme on doit dire parce que trop de médias continuent encore d’encenser un avion d’arme qui n’a rien démontrer d’autre que sa seulement capacité à viser des objectifs qui n’ont rien de stratégiques ou même de tactiques. Au 20e siècle nous avons eu les Heinkel He 111 allemands à Guernica et ensuite à Conventry puis quelques années plus tard le Boeing B-52 Stratofortress américain durant l’opération Rolling Thunder au Vietnam. Comme le Sukhoi Su-34 Fullback c’était des avions magnifiques… utilisés pour frapper à l’aveugle les populations civiles et ainsi semer la terreur. L’Histoire bégaye.

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11 COMMENTAIRES

  1. Comment croire que nous, Humains, allons changer et pouvoir stopper le réchauffement climatique alors que nous ne sommes même pas capable d’empêcher la réédition des pires moment du XXe siècle !

  2. Eh oui, la Sibérie brûle tous les ans, de plus en plus, mais l’important était de désarmer la dangereuse Ukraine qui risquait de détruire la Russie. La Terre meurt? On s’en fiche car 1- on vend du gaz à gogo, et 2- ce sont nos descendants/héritiers/enfants qui devront gérer la merde.

    • Bonjour monsieur,
      Si notre ligne éditoriale vous dérange nous en sommes navrés mais face à la violence et à la barbarie de la Russie et notamment de son aviation nous n’en changerons pas. Navré si cela va à l’encontre de vos idées. Je suis sûr que vous trouverez d’autres médias aéronautiques plus en adéquation avec votre vision du monde.
      Cordialement.

      • Non, je ne vous en veux pas d’exprimer vos idées, même si pour ma part je suis plus modéré. J’adore votre site, vraiment au top pour ce qui est de tout ce qui touche au domaine aérien. J’éviterai juste les commentaires trop politique.
        Cordialement , Fly safe !

  3. Comme c’est un billet d’humeur on ne peut, pour une fois, reprocher l’objectivité ou pas.
    Mais on peut hélas ajouter à la liste les Avro Lancaster sur Dresde et Hambourg et les B17, de jour) ainsi que le B29 sur Tokyo (plus de mort que Hiroshima et Nagasaki..) et cette liste est malheureusement non exhaustive.

    • Les exemples que vous citez sont très vrais. Mais comme le dictateur russe aime à rappeler qu’il combat des nazis faire le parallèle entre ses propres bombardements sur l’Ukraine et ceux réalisés par l’aviation hitlérienne contre Guernica et Coventry me semblait pertinent. Non ?

      • De fait;) Mais comme vous citiez le formidable B52 (formidable en passionné pas en victime) je me suis permis de rajouter d’autres avions et d’autres malheurs dans cette bien triste liste. Courage au ukrainien

  4. Je viens de passer 18 jours chez mes grands-parents en Algérie et là bas il est quasi impossible en ce moment d’avoir des infos correctes sur la situation entre la Russie et l’Ukraine. Le pire dans l’histoire c’est que dans la ville où habite ma famille il m’était impossible de me connecter à votre site. PC autant qu’Iphone rien ne passait. La grosse dèche, l’Algérie des fois c’est le tiers-monde.
    Du coup pour avoir des infos comme les votre je faisais tintin. Et là je reviens et que vois-je ? Une super analyse du Su-34 et de son action ou plutot son inaction en Ukraine. Totalement en accord avec vous Arnaud et votre billet d’humeur.

  5. Ce qui est dit ici sur Marioupol est tout simplement faux. Comment peut-on oser aligner de pareils mensonges ?
    Vous êtes dingue ? Communiquant kiévien ?
    La prise de la ville nécessita des opérations militaires difficiles face à des fanatiques qui encerclés deux mois menèrent un combat de retardement au milieu des civils en les utilisant comme des boucliers humains.
    Le théâtre ne fut pas bombardé mais miné, et la maternité vide, servait de point de tir.
    Les tchéchènes libérateurs furent embrassés par les civils laissés sans nourriture deux mois dans les caves des immeubles, et les misérables Azovs portant l’insigne de la division SS Das Reich qui finirent par se rendre seront jugés pour crimes de guerre.
    Marioupol est déblayée, l’eau et l’électricité y sont rétablis et les écoles sont réouvertes.
    Les habitants libérés ne veulent plus entendre parler de l’Ukraine faillie et demandent à être rattachés à la fédération de Russie, tout comme ils l’avaient fait il y a 8 ans…

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