Avec cet article reviennent les sujets courts sur des anecdotes de l’histoire de l’aviation. Et celui-ci concerne des dispositifs assez souvent retombés dans l’oubli : les manches à air des terrains d’aviation de l’US Navy durant la Seconde Guerre mondiale. Assez étrangement ces équipement ô combien essentiels mais très simples de réalisation avaient l’air d’avions à aile basse. Une raison dictée par la guerre elle-même autant que par la formation des pilotes et équipages parfois jugée approximative.

Un équipement pour le moins imposant et impressionnant.

Une manche à air tout le monde connait.
Enfin toutes les personnes qui ont fréquenté au moins une fois dans leur vie un terrain d’aviation, qu’il soit civil ou militaire. Vulgairement on les appelle généralement des chaussettes en raison de leur forme. Pour mémoire elles permettent de connaître l’orientation du vent, une donnée essentielle pour quiconque espère décoller ou atterrir en toutes sécurité. Aujourd’hui trois bandes rouges orangées et deux blanches le composent et chacune représente une vitesse de cinq nœuds. Si la manche à air est totalement gonflée la vitesse du vent atteint au minimum 25 nœuds, soit environ 45 kilomètres heures. Que l’on soit en Alsace, au Québec, ou au fin fond de la Zambie c’est toujours la même chose. En outre la manche à air peut tourner autour de son mât afin d’indiquer l’orientation éolienne.
Enfin aujourd’hui.

Car tout début de la Seconde Guerre mondiale les ingénieurs de l’US Navy ont eu l’idée de coupler les manches à air, alors dotés d’une seule et unique couleur, à des structures représentant des avions. Les premières sont apparues en février 1942 et les dernières en octobre de la même année. Construites en tubulures d’acier et dotés d’une toile pour former les fuselages et voilures ces équipements avaient l’avantage de montrer au mieux l’orientation du vent à des pilotes et équipages pas toujours très bien formés. Des éclairages furent par la suite rajoutés, à partir de l’été 1943, afin de permettre à ces indicateurs de vent d’être efficaces aussi la nuit ou lors des moments où la météo était fortement dégradée.

Certaines bases aéronavales avaient recours à une masse cylindrique à l’avant de l’indicateur pour le stabiliser.

Sauf que chaque lanterne alourdissait encore un peu plus la structure, finissant pas la rendre totalement inopérante. Trop lourdes elles peinaient à tourner correctement et donnaient des indications faussées aux pilotes et équipages. Rapidement on se rendit compte qu’on pouvait même leur imputer une partie des accidents à l’atterrissage.

Pour l’équipage de cet avion de liaison Bellanca JE-1 l’indicateur allait aider à l’atterrissage à Anacostia.

Pour autant ces lourds et imposants indicateurs de vol sont demeurés opérationnels jusqu’en 1946. Finalement une commission d’enquête estima leur inutilité et les fit déposer de l’ensemble des bases aéronavales américaines. La dernière fut démontée en juin 1948 à Norfolk. Les manches à air devinrent alors les seuls équipements en dotation. Elle le sont toujours en 2022.
D’autres pays utilisèrent des équipements similaires, avec la plus part du temps aussi peu de réussite.
Un de ces «faux avions» est aujourd’hui préservé dans les collections de l’US Naval Air Museum et nombre de visiteurs passent devant sans savoir ce qu’il est ni son histoire.

Photos © US Navy Museum.

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