C’est une chasse européenne qui bluffe la plus part de ses partenaires de l’OTAN. Un mois après avoir décidé de retirer prématurément du service ses chasseurs Aerostar LanceR de facture indigène la Roumanie continue de disposer d’une capacité de défense aérienne de haut niveau. Chaque jour ses General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon décollent pour protéger leur espace aérien des menaces russes. La Fortele Aeriene Romane aimerait rapidement augmenter son volume de chasseurs.

En attendant que les pourparlers entre Oslo et Bucarest aboutissent la Fortele Aeriene Romane doit faire ce qu’elle peut avec ses dix-sept F-16MLU Fighting Falcon, quatorze monoplaces F-16AM et trois biplaces de transformation opérationnelle F-16BM. La Roumanie négocie auprès de la Norvège le rachat d’une partie de ses mêmes F-16MLU.
Or actuellement les pilotes de chasse roumain travaillent véritablement en flux tendu.

La raison est très simple : la guerre menée par Moscou en Ukraine. Les menaces que la Russie fait peser sur l’intégrité de l’espace aérien et maritime roumain, notamment aux frontières terrestres avec l’Ukraine mais aussi en Mer Noire, sont prises très au sérieux par Bucarest et l’alliance Atlantique. Le delta du Danube et plus particulièrement la région dite du bras de Chilia sont désormais régulièrement survolés par les F-16MLU Fighting Falcon roumains. Celle-ci a récemment été revendiquée par les forces séparatistes pro-russes qui occupent illégalement la presqu’île ukrainienne de Crimée. La ville ukrainienne de Vylkove, frontalière de la Roumanie est particulièrement surveillée car sans aucun doute dans le collimateur de Moscou. Elle permet de verrouiller la Mer Noire.

Désormais donc les chasseurs roumains décollent à la fois pour des patrouilles habituelles mais aussi pour des alertes au-dessus de la Mer Noire. Et l’armement de ces General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon ex-portugais est inchangé d’une mission à l’autre : missiles air-air AIM-120 AMRAAM a moyenne portée et AIM-9 Sidewinder à courte portée. De quoi largement mettre en fuite le moindre pilote russe qui serait tenter de vouloir descendre un chasseur roumain, donc un chasseur de l’OTAN.

Bien sûr les pilotes roumains savent qu’ils peuvent s’appuyer sur le renfort rapide des forces de réassurance de l’alliance Atlantique, et notamment les pilotes de l’Armée de l’Air et de l’Espace et ceux de l’US Air Force. Pourtant ils continuent inlassablement de prendre les alertes, au risque d’user prématurément leurs F-16MLU. Mais la défense aérienne de leur pays face à la menace russe est à ce prix.

Photos © ministère roumain de la défense.

Publicité

3 COMMENTAIRES

  1. Arnaud, fin 2020, on parlait de négociation avec un troisième lot, toujours avec le Portugal.
    Puis aussi, 30 C et 6 D, avec l’USAF.
    Merci de m’éclairer.

    • J’oubliais qu’avec vous Stéphane tout n’est qu’une histoire de chiffres et de nombres. À croire que l’aspect humain de l’aviation vous échappe totalement.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom