Vers une seconde vie africaine et sud-américaine pour les ex Lockheed HC-130H de l’US Coast Guard.

Un Lockheed HC-130H Hercules c’est fondamentalement un C-130H Hercules doté de quelques améliorations devant le rendre apte à des missions de recherches et de sauvetages hauturiers. Partant de ce principe il n’est pas rare que des versions spéciales du célèbre quadrimoteur américain à turbopropulseurs se retrouvent à réaliser des missions de transport tactique, moyennant modifications et déposes d’équipements. Et aujourd’hui ce sont donc les avions de l’US Coast Guard retirés du service en février dernier qui pourraient ainsi retrouver le chemin des cieux. Plusieurs pays émergents sont même sur les rangs pour en acquérir.

En premier lieu l’US Coast Guard essaye de revendre ses avions démilitarisés à des contractors américains, notamment des sociétés spécialisées dans la lutte anti-incendie. Un HC-130H Hercules peut parfaitement, malgré son nombre d’heures de vol généralement élevé, faire un très bon bombardier d’eau. On sait qu’aujourd’hui au moins une négociation existe autour d’un de ces avions avec une entreprise californienne, sans pour autant qu’elle ait jusque-là abouti.

Surtout ces avions attirent les pays que l’on appelait jadis du tiers-monde et que l’on nomme désormais émergents. C’est de la novlangue beaucoup plus politiquement correcte. Le résultat n’est pourtant pas différent. Et là deux régions de la planète pourraient tirer leur épingle du jeu : l’Afrique sub-saharienne et l’Amérique du sud.
Selon nos sources six pays auraient été approchés par l’US Department of Defense afin de leur revendre, à très bon prix, un voire deux de ces avions qui pour certains sont stockés à Davis-Monthan AFB depuis cinq ou six ans. Trois sont en Afrique et les trois autres en Amérique du sud. Une fois passés entre les mains des équipes du Pentagone et de Lockheed-Martin ces avions ne seraient plus des HC-130H mais simplement des C-130H.

En Afrique les pays concernés sont le Cameroun, l’Érythrée, et le Tchad. Pour le premier il s’agirait de renforcer une flotte de Lockheed C-130H Hercules vieillissante. Dans le cas du deuxième ce serait l’occasion d’augmenter très sensiblement une capacité de transport aérien limitée actuellement à trois Harbin Y-12 (sur un total de quatre acquis à l’origine) de transport léger de construction chinoise et à un avion américain de liaisons et de soutien VIP Beechcraft Super King Air 200. Mais le cas le plus intéressant est celui du Tchad, considéré par les États-Unis comme un fidèle allié de la France dans la guerre contre la menace djihadiste. Dans ce pays un HC-130H modifié permettrait de mettre à la retraite le vieil Antonov An-12 Cub daté des années 1970 et trop gourmand en carburant. Il se murmure même que l’avion pourrait être offert.
Vous l’aurez compris Washington DC écarte les pays africains jugés trop proches de Moscou et privilégie les alliés de ses alliés. Après tout les amis de mes amis sont mes amis.

Le cas de l’Amérique du sud est relativement similaire, même si ici la question du terrorisme djihadiste n’entre évidemment pas en ligne de compte. Les pays visés par d’éventuelles fournitures de Hercules sont la Bolivie, le Paraguay, et l’Uruguay.
Pour la première il est ici question de remplacer un voire deux vieux Lockheed C-130B Hercules rachetés de seconde main auprès du Pentagone à la fin des années 1970 et aujourd’hui totalement obsolètes. Même l’ONU refuse que la Bolivie les lui prête pour ses opérations humanitaires. Le cas du Paraguay est similaire à celui de l’Érythrée avec deux Casa C-212 Aviocar de transport tactique léger et une petite flottes de bimoteurs Beechcraft et Cessna de liaisons et de transport de hautes personnalités. Un C-130H serait donc le bienvenu. Enfin en Uruguay cela permettrait d’alléger la charge des deux ravitailleurs Lockheed KC-130H Hercules rachetés de seconde main en Espagne et utilisés surtout comme avion de transport tactique.
Vous l’aurez compris l’Argentine, toujours en délicatesse avec la Couronne, n’est pas parmi les pays pouvant bénéficier de tels avions.

il se pourrait que les FLIR de nez ne soient pas tous déposés, octroyant ainsi de nouvelles capacités aux avions africains et sud-américains.

Pour l’administration Biden revendre ou offrir d’anciens avions de l’US Coast Guard c’est aussi de la diplomatie et une manière de demeurer implanter malgré l’agressivité chinoise et russe dans ces domaines. L’Hercules demeurant la référence absolue en matière de transport tactique c’est forcément un argument de poids.

Photos © US Coast Guard.

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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