Alors que l’optique de le vendre aux Émirats Arabes Unis semble désormais s’éloigner le futur super avion de combat français pourrait bien s’être trouvé un premier client européen. En visite d’état à Athènes le Président de la République Emmanuel Macron avait emmené dans sa valise le Dassault Aviation Rafale F5. Une attention que le premier ministre Kyriákos Mitsotákis a visiblement apprécié puisque désormais cette nouvelle mouture de l’avion de combat français est sur toutes les lèvres, dans la langue de Socrate et de Nana Mouskouri. Rappelons que vingt-quatre Rafale F3-R volent déjà au sein de la Polemikí Aeroporía.
En Grèce le Rafale F3-R est aujourd’hui considéré comme la Rolls-Royce des avions de combat. Mais cela ne va pas durer. Car le pays s’est également engagé en faveur du Lockheed-Martin F-35A Lightning II. Un avion furtif américain qui sur bien des points risque de ringardiser l’avion de combat clodoaldien. Il était donc nécessaire de proposer du nouveau.
Et à ce petit jeu là l’avionneur clodoaldien a la recette miracle : le Rafale F5. Il n’a pas encore volé, son prototype n’est (à priori) même pas encore totalement construit, et pourtant il fait autant fantasmer qu’il est redouté par la concurrence. On sait que les Indiens s’y intéressent, que l’Armée de l’Air et de l’Espace et la Marine Nationale l’auront, mais pour l’instant niveau utilisateurs à venir c’est tout. C’est donc un peu maigre. Il faut étoffer.
Or Dassault Aviation sait qu’il peut compter sur la Polemikí Aeroporía. Depuis le Mirage F1 l’aviation grecque est devenue accro aux productions de Mérignac, des avions qui s’ils ne sont pas forcément bons marchés sont systématiquement très haut de gamme et particulièrement polyvalents. Le Rafale F3-R aussi bien capable de missions air-air, que air-sol, ou encore air-surface en est la démonstration flagrante.
Mais alors comment le Président de la République Emmanuel Macron compte t-il accrocher à son palmarès de ventes Rafale le F5 auprès des Grecs au cours de sa dernière année de mandat ? En jouant une partie de billard à trois bandes avec les Ukrainiens.
L’idée de l’actuel locataire de l’Élysée c’est de convaincre le premier ministre Kyriákos Mitsotákis qu’il cède un total de quarante-trois Mirage 2000 à l’Ukraine. Il s’agit aussi bien de vieux Mirage 2000EG / 2000BG dont certains ne sont d’ores et déjà plus en état de vol mais pourraient servir de stocks de cannibalisation que de Mirage 2000-5 parfaitement opérationnels. L’idée macronienne est de compenser les vingt-quatre avions de ce dernier type par un nombre équivalent de Rafale F4.3 vendus à un prix inférieur à celui du marché. Ça peut, extérieurement, ressembler à un deal de marchands de tapis. Pour autant certains y croient à Athènes et à Paris.
Bon OK mais alors que vient faire le Rafale F5 dans cette drôle d’équation ? C’est un peu la cerise sur le gâteau. Car les trente-six Rafale F4.3 qu’il serait question d’acheter à un bon prix se verraient ensuite transformés au nouveau standard, aux alentours de 2033-2035. Athènes aurait ainsi la garantie de disposer d’avions de combat particulièrement efficients entre 2028 et 2035 puis franchement top après cette date. Et l’Élysée ne serait même pas obligé de taper sur les stocks actuels de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Par contre la Polemikí Aeroporía deviendrait prioritaire sur elle quant aux livraisons d’avions neufs. C’est alambiqué, retors, et particulièrement gonflé. C’est du pur Macron quoi !
Hors de tout contexte politicien il faut remarquer que le Président de la République a su tailler sa route depuis neuf ans comme VRP numéro 1 du Rafale F4 puis du Rafale F5. En cela il a inscrit ses pas dans ceux de son prédécesseur direct, lui aussi bon vendeur de l’avion de combat français. Reste à savoir si le dernier pari (en date) d’Emmanuel Macron saura être aussi fructueux que ce qu’il croit.
Affaire à suivre.
Photo © Polemikí Aeroporía
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2 réponses
Affaire à suivre effectivement. Quant au « match » entre F35 et Rafale, match d’ailleurs bien peu pertinent avec autant de différences dans les fiches opérationnelles, la conception et les doctrines d’emploi de ces 2 avions de combat. Personne ne peut dire que le F35 est un avion bien né, contrairement aux F15/F16/F18 et autres Mirages et Rafale par exemple… Et la durée d’emploi d’un avion bien né dépasse largement les 50 ans (!) aujourd’hui pour ces modèles « dans la force de l’âge ». Mon petit doigt me dit quand même que le F35 sera plus rapidement ringardisé que le Rafale…
Mais personne n’est obligé de me croire.
Une évolution de Rafale standard F4 vers F5 ? Il me semblait pourtant avoir lu quelque part qu’il y avait une incompatibilité d’évolution à cause du changement de moteur qui entrainait des modifications importantes sur l’avion. Mais je n’arrive pas à retrouver l’article en question. Arnaud, tu pourras certainement mieux éclairer ma lanterne .
Merci