Ciao Ghibli.

Soyons très honnêtes ce n’est pas totalement sûr que les pilotes et mécanos de l’Aeronautica Militare le regrettent vraiment celui-là. Ce vendredi 5 avril 2024 l’Italie s’est séparé de ses avions d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché Alenia A-11 AMX, localement connus comme Ghibli. Au plus fort de leurs 35 années de service ce sont 110 monoplaces et vingt-six biplaces de transformation opérationnelle qui servirent sous la cocarde transalpine. Désormais seule la Força Aérea Brasileira vole encore dessus.

D’ailleurs pour mémoire l’AMX n’était pas purement italien mais italo-brésilien, fabriqué avec l’aide d’Embraer. C’est d’ailleurs pour cela que le Brésil l’utilise toujours de son côté sous la désignation A-1M. Mais fondamentalement l’alliance signé à l’époque avec Aermacchi qui cherchait à capitaliser sur les réussites de son excellent monoplace d’attaque et de reconnaissance MB-326K ne fut jamais une réussite. L’AMX n’a jamais été vendu à l’export et ce malgré quelques touches réalisés par les Italiens. Dans les années 1980 Embraer n’était pas vraiment pris au sérieux dans le développement d’avions d’armes. C’est différent aujourd’hui.

Alors l’Aeronautica Militare a tout de même voulu marquer le coup et célébrer comme il se doit les 35 ans de carrière de ce petit avion de combat mal aimé. Une carrière d’ailleurs assez maigre puisqu’entrer en service en 1989 il dut attendre six ans avant de participer à une mission de maintien de la paix en Bosnie sous l’égide otanienne. Cependant ce n’est qu’en 1999 après dix ans de service qu’il connut enfin l’épreuve du feu en frappant des positions militaires serbes au Kosovo, là encore pour le compte de l’alliance Atlantique. De 2009 à 2014 leur histoire s’est écrite en partie en pachtoune : ils ont été déployés en Afghanistan. Point de missions d’attaque au sol pourtant le gros des vols des monoplaces italiens étaient dédiés à la reconnaissance tactique avec nacelle photo et capteurs électro-optiques. À la même époque ils intervenaient en Libye, bombardant les positions militaires locale pour le compte des Alliés. Nous étions alors en 2011.

Livrée spéciale pour l’avion du retrait du service. Les mécanos italiens sont doués tout de même.

Ex-Yougoslavie, Afghanistan, Libye, l’AMX n’a pas a rougir de ses 35 ans de carrière. Sans compter de nombreuses manœuvres aériennes pour l’OTAN à droite à gauche où il montrait son allure très inhabituelle et son manque d’élégance encore plus surprenante pour un avion italien. Sans doute est-ce là lié à ses origines brésiliennes. Car oui l’AMX est beaucoup de choses mais l’esthétique chez lui a toujours été raté. Peut-être est-ce aussi là une des raisons du désamour de nos voisins italiens pour lui. Moche mais finalement efficace et discret, c’est un peu comme ça qu’on peut définir les trois décennies et demi de service de cet avion qui n’aura au final aucun véritable remplaçant.

Ciao Ghibli.

Photos ® Aeronautica Militare.


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

9 réponses

  1. Les considérations sur l’esthétique des objets sont toujours très subjectives et facilement remises en cause par l’angle de… prise de vue.
    Et je trouve que la photo qui illustre l’article le montre dans une posture plutôt avantageuse, même sans sa décoration très réussie… mais c’est de la pure subjectivité 😉
    J’ai pu contempler à souhait cet avion lorsqu’un détachement italien est venu passer quelques jours sur la BA112 de Reims au début des années 2000 (si je me souviens bien…) dans le cadre d’un exercice européen.
    Il est vrai qu’il ressemblait plus a un avion d’entrainement avancé qu’à un véritable avion d’armes, mais ni plus ni moins qu’un AlphaJet ou un Hawk. Et il y a pire comme comparaison…
    Toutefois, je me souviens que l’un d’entre eux, ayant cassé un élément de son train avant à l’atterrissage, fut immobilisé sur la piste pendant un bon moment, nécessitant un déroutement du trafic vers Saint-Dizier, notamment.
    Cela dit, est-ce qu’un avion pas très beau et qui s’est mal vendu est un mauvais avion?… Les avis de pilotes- et de mécaniciens – ayant opéré cet avion seraient sans doute plus pertinents pour juger le Ghibli.

  2. Le Tornado IDS avec ses 40 ans de carrière devrait suivre dans pas longtemps. Je pense que les italiens attendent que les F-35 soit plus nombreux dans leur rang avant de dire définitivement adieu à l’avion à géométrie variable.

  3. Bonjour Arnaud, Staff et passionnés.
    J’ai déjà écrit sur l’AMX. Je me souviens seulement que l’Aeronautica Militare Italiana aurait pu avoir le SAAB Gripen, produit en collaboration avec la Suède, à la place de l’AMX.
    Cela n’a pas été fait pour de petits jeux politiques et industriels.
    Amis français, lorsque vous vous plaignez de vos politiques et de vos industriels, regardez quels avions de chasse ont été produits en France de 1945 à aujourd’hui.
    En Italie, seulement l’inutile Fiat G-91, la Fiat G-91Y encore plus inutile, et l’honnête mais très cher AMX. La PANAVIA TORNADO est une autre affaire.
    Adieu GHIBLI, honnête combattant. Ce n’est pas de ta faute si tu es né vieux. Nous regretterons davantage l’argent que vous avez coûté aux contribuables italiens que votre service honorable.
    Traduit avec Google

    1. Avoir des Gripen en même qu’ils développaient l Eurofighter Typhoon? Tu es sûr de ce que tu affirmes Vittorio? Car j’ai beau avoir chercher rien n etaye un quelconque intéressement italien au Gripen.

      1. Bonjour Massimiliano.
        Je n’ai pas envie de déterrer mes vieux magazines aéronautiques qui datent de cette période, mais vous pouvez aussi en trouver une mention sur Wikipédia dans l’entrée italienne sur le Gripen.
        À la fin des années 70, l’Aeronautica Militare Italiana et Svenska flygvapnet avaient besoin d’un nouvel avion de combat. Le premier pour remplacer les avions d’attaque G-91 et F-104 G et intégrer le TORNADO, le second pour remplacer le Saab J 35 Draken. Tous deux recherchaient un chasseur relativement rustique et relativement léger.
        Il y a eu des contacts mais pour des raisons bien plus politiques et industrielles qu’opérationnelles, ils n’ont mené à rien. Le gouvernement italien a préféré privilégier le projet Aermacchi (plus tard Aeritalia, une industrie d’État) à développer avec Embraer qui produisait déjà l’Aermacchi MB-326 sous licence sous le nom d’EMB 326 Xavante.
        La Suède est allée de l’avant seule avec le Gripen.
        Le résultat a été très mauvais ( ce n’est pas la faute des Brésiliens ). L’avion était équipé d’un dérivé de la version civile de la Rolls-Royce Spey qui s’est avéré problématique et sous-alimenté. Mais le coût de la licence était inférieur pour l’industrie à celui de la licence d’une version spécifique du Turbo-Union RB199.
        Le RB 199 était coproduit par Rolls-Royce, MTU et Aeritalia mais la part italienne était faible (15%) et pour le produire en Italie il aurait fallu acheter la licence. Ils préféraient dépenser moins et gagner plus.
        De plus, environ 250 AMX ont dû être commandés, qui ont été réduits à 136 avec une augmentation exponentielle des coûts fixes par avion.
        Considérez qu’avoir développé le Gripen en collaboration avec la Suède aurait permis à l’Aeronautica Militare Italiana de disposer d’un avion très adapté pour remplacer également le F-104 S comme intercepteur. De plus, peut-être, qu’une version spécifique du RB199 aurait pu être utilisée comme moteur. Et donc un avion 100% européen.
        Mais à l’époque l’industrie aéronautique suédoise ( voir la liste des avions de combat produits après 1945 ) était énormément supérieure à l’industrie italienne. La direction du programme aurait donc inévitablement été suédoise. Ce qui est inacceptable pour la grande puissance de l’ètat italien.
        Nous, Italiens, pensons que les Français sont des mégalomanes. Mais l’ètat italien est monstrueusement mégalomane. Il suffit de penser qu’en Italie, presque tout le monde est convaincu d’avoir gagné la Seconde Guerre mondiale.
        Amis français, vous ne savez certainement pas que le vrai nom de Nicolas Chauvin était Nicola Sciovino, de Rome.
        Traduit avec Google

        1. Au temps pour moi pour le Gripen même si Wikipedia comme référence on a vu mieux et il n’y a absolument rien qui corrobore , au temps tu as dit une immense bêtise sur le fait que l’immense majorité des Italiens pensent avoir gagné la guerre, ayant vécu et membre des forces armées depuis dix-huit ans aucun et je dis bien aucun de mes familiaux, collègues, proches etc croient que l’Italie est un vainqueur de la seconde guerre mondiale.
          Nicolas Chauvin était italien oui c’est ça, déjà l on soupconne fortement le gars d’être une légende ! Il est né à Rochefort pas à Rome.

  4. Bonjour à vous,
    ancien de l’armée de l’air (mais dans le domaine technique des transmissions et ayant servi dans une base radar du sud est) je suis admiratif de votre site. j’ai juste une question, serait il possible que ces « Ghibli » puissent remplacer les Frogfoot en Ukraine ?

    1. Dans l’absolu tout est possible mais le mieux pour remplacer des Su-25 Frogfoot c’est sans doute d’autres Su-25 Frogfoot.

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