À n’en pas douter Lockheed-Martin a particulièrement scruté la soirée électorale de dimanche dernier à Lisbonne. La défaite du candidat d’extrême droite André Ventura est une très mauvaise nouvelle pour l’avionneur américain d’autant plus que le futur président, le socialiste António José Seguro, est favorable à une solution européenne dans le remplacement des actuels General Dynamics F-16AM/BM Fighting Falcon. Cette question s’était d’ailleurs invitée, de manière cependant assez limitée, dans la campagne. Reste à savoir qui de Dassault Aviation, d’Eurofighter, ou de Saab saura tirer profit de la situation.
L’administration fédérale des États-Unis avait placé beaucoup d’espoirs dans la candidature d’André Ventura, présenté comme un des principaux relais de l’idéologie MAGA auprès de l’Europe. Certains voyaient en lui l’homme qui signerait immédiatement la commande de Lockheed-Martin F-35A Lightning II une fois élu à la tête du Portugal. C’est un peu raté du coup. Car l’avionneur américain et les trumpistes le savent : tenter de convaincre que leur chasseur de 5ème génération est primordial à la Força Aérea Portuguesa ne sera pas chose aisée.
Car si l’administration précédente en vigueur au Portugal avait initialement fait le choix de ce chasseur furtif c’est loin d’être gagné avec la nouvelle. En effet le futur président portugais, António José Seguro, est tout aussi européen que son prédécesseur, Marcelo Rebelo de Sousa, mais beaucoup plus à gauche et (dit-on) nettement moins atlantiste. Depuis longtemps les socialistes portugais font campagne, notamment à l’Europarlement, en faveux d’une Europe de défense et non d’un renforcement de l’alliance Atlantique. Et encore plus depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir aux USA.
Idéologiquement parlant les socialistes portugais n’ont jamais caché être en faveur plutôt du Dassault Aviation Rafale F4 ou de l’Eurofighter EF-2000 Typhoon Tranche 4 comme futur chasseur de la Força Aérea Portuguesa. En fait ils veulent un avion de combat estampillé européen capable de tenir la route les 30 à 35 prochaines années. Cependant on sait aussi qu’ils tiennent à un éventuel transfert de technologies vers l’OGMA, le principal avionneur local. Du coup les pourparlers entamés l’an dernier autour de l’avion français ne sont pas pour leur déplaire, d’autant que même les militaires semblent avoir des inclinations en sa faveur plutôt qu’en celle du F-35A Lightning II.
Reste désormais à savoir qui de Dassault Aviation ou du consortium Eurofighter réussira à convaincre la Força Aérea Portuguesa et le futur gouvernement de Lisbonne que son avion est le meilleur. Sans compter la mouche du coche, rôle ici interprété par Saab qui compte bien aussi imposer son JAS 39E/F Gripen dans le débat. Hors de tout chauvinisme (quoique…) on aurait tendance à voir le Rafale F4 comme l’avion idéal sauf que le Portugal est un petit pays pour lequel l’appareil suédois semble parfaitement tailler. Cependant d’autres nations européennes de taille modeste ont déjà fait le choix de l’avion clodoaldien, à l’image de la Croatie qui l’emploie déjà ou encore de la Serbie qui attend ses premiers exemplaires pour d’ici deux ans.
Vous l’aurez compris la défaite de l’extrême droite et la victoire de la gauche à la Présidentielle portugaise ont totalement rebattu les cartes dans le programme de remplacement des F-16MLU Fighting Falcon. Et visiblement l’administration américaine n’a pas parié sur le bon canasson.
Affaire (évidemment) à suivre.
Photo © OTAN
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