Au moment où notre Vieux Continent croule sous les feux d’espaces naturels peut-être serait-il temps de regarder ce qui se fait hors de nos frontières ? Si les productions américaines et canadiennes sont bien évidemment archi connues et reconnues pour leur efficacité il en est tout autrement des aéronefs développés et construits en Asie. L’un des appareils les plus intéressants est l’AG600M du conglomérat chinois AVIC pourtant incapable dans l’état actuel de la situation de venir prêter main forte aux avions bombardiers d’eau existant en Europe. Une situation où s’entremêlent des raisons diplomatiques autant que techniques et administratives.
Pour mémoire l’AVIC AG600M est la version bombardier d’eau de l’amphibie quadrimoteur à turbopropulsion AG600 ayant volé pour la première fois fin décembre 2017 et dont la production en série a débuté voici deux ans. Actuellement au moins trois exemplaires existent comme pompiers du ciel, dont un de présérie.
Pouvant écoper comme le faisait le Canadair CL-215 ou comme le fait actuellement le Bombardier CL-415 l’AVIC AG600M dispose d’une capacité d’attaque de 14 000 litres d’eau. Celle-ci est réduite à 12 000 litres en cas d’embarquement de liquide retardant. Les AG600M ont connu leur baptême du feu à l’été 2025 lors d’incendies dans l’est chinois, quelques mois seulement après que la CAAC leur ait octroyé leur certification de vol. On ignore cependant à ce jour le nombre exact de missions réalisées par ces géants des airs.
Alors pourquoi un tel avion ne pourrait-il pas être loué par l’Espagne, la France, ou encore l’Italie ? D’abord parce qu’il existe encore un frein psychologique à faire voler des aéronefs chinois sur notre Vieux Continent. Ensuite parce qu’il existe un autre frein, administratif et technologique celui-ci : l’avion n’a jamais été qualifié par les autorités de l’aviation civile de l’Union Européenne. Il ne peut donc tout simplement pas voler à travers nos cieux. Enfin le choix des turbopropulseurs par les ingénieurs chinois laisse quelque peu à désirer. Les WJ-6 sont des versions dérivées des vieux Ivchenko AI-22 soviétiques datés des années 1950 et ayant notamment fait voler les Antonov An-8 Camp et Ilyushin Il-18 Coot. Excusez du peu.
L’AVIC AG600M est symptomatique de ces avions qui à l’autre bout du monde peuvent parfaitement combattre dans la guerre du feu mais qui pour des raisons autant liées à la diplomatie qu’à des contingences administratives ne peuvent pas le faire chez nous. Pourtant il est clair qu’un amphibie ayant deux fois la capacité du Bombardier CL-415 pourrait réellement boucher un trou dans la flotte française et/ou européenne ; en attendant l’arrivée du très prometteur F-100 Frégate de la start-up tricolore Hynaéro.
Photo © AVIC
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.












