Il a d’ores et déjà plus que doublé la superficie brûlée à l’été 2022 à Landiras et La-Teste-de-Buch. L’incendie de Saumos, du nom de l’une des premières communes impactées, restera dans les mémoire comme le deuxième mégafeu français, et le premier par son intensité et par les moyens mis en œuvre pour le combattre. Aux soldats du feu du SDIS 33 des milliers de leurs collègues sont venus en renfort de toute la France tandis que dans le ciel les moyens aériens redoublaient d’engagement à l’image des pilotes et équipages d’Air Tractor, de Canadair, de Dash 8, ou encore d’hélicoptères Écureuil. C’est aussi sur ce feu que pour la première fois de son histoire l’Armée de l’Air et de l’Espace aura engagé un de ses A400M Atlas de transport tactique.

Les médias se seront régalés à passer en boucle le premier bombardement de retardant par un A400M Atlas militaire alors qu’au final cet avion n’est qu’un parmi des dizaines d’autres à être intervenu sur le mégafeu de Saumos en Gironde. Car pour tenter d’endiguer celui que les autorités locales ont qualifié «d’ogre» la Sécurité Civile a mis le paquet : cinq Canadair (en fait des Bombardier CL-415) et jusqu’à sept Dash 8 appuyés par pas moins d’une demi-douzaine d’Air Tractor loués. Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de Gironde (ou SDIS 33) et ceux des départements alentours ont alignés leurs hélicoptères bombardiers d’eau eux aussi loués et connus comme Morane tandis que les EC-145 / H145 et H225 de la Sécurité Civile attaquaient au Bambi bucket. Sans compter les moyens aériens de nos solidaires partenaires européens coordonnés par le mécanisme rescEU.
Cet «ogre» n’a rien du sympathique Shrek.
Malgré les moyens aériens et terrestres historiques activés par la France il a avancé inlassablement dévorant 42 000 hectares de nature et… d’agglomérations. Plusieurs communes ont des lotissements entiers rayées de la carte par les flammes de ce mégafeu. Un chiffre donne à lui seul le tournis puisqu’entre le 22 et le 27 juillet 2026 on compterait près de 2500 largages aéroportés d’eau et de retardant aussi bien sur l’incendie lui même qu’à ses abords immédiats. Des attaques aériennes qui s’arrêtent, pour des raisons de sécurité des équipages et des aéronefs, dès lors que la nuit tombe et ne peuvent reprendre que le lendemain au petit matin.


Histoire d’ajouter de la difficulté à la difficulté un autre feu important s’est déclaré plus au sud, sur la commune landaise de Biscarrosse. Un total de 3500 hectares sont partis en fumée dont là encore de nombreuses habitations.
En Corse et dans le Var ce sont également des milliers d’hectares qui ont brûlés, rendant la coordination des secours plus délicates. Il est à signaler que l’Île-de-Beauté dispose d’un détachement estival de deux Canadair en propre.

Gironde, Landes, Var, et Corse démontrent la fragilité du système français qui est tendu au possible. En 2022 quand Landiras et la-Teste-de-Buch brûlaient aucun autre feu majeur n’était signalé en France. C’est donc la très grande différence avec cette année. Et comme si cela ne suffisait pas une alerte canicule et vents forts est annoncée à partir d’aujourd’hui dans le quatre sud-ouest de la France. Donc en Gironde !
Affaire à suivre.
Photos © Service Départemental d’Incendie et de Secours de Gironde et Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.
PS : Ce court article est dédié aux milliers de femmes et d’hommes venus des quatre coins de notre pays mais aussi de toute l’Europe pour combattre ces feux d’une ampleur inédite. Qu’ils soient dans des cockpits d’ABE et de HBE ou dans de gros camions rouges (ou de petits 4×4) ils et elles méritent toute notre reconnaissance et tous nos encouragements.
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