L’avion du Président Zelensky visé par un drone ?

Les premières informations rendues publiques ou ayant fuitées font état d’une tentative d’attaque au drone contre l’avion présidentiel ukrainien le mardi 8 septembre 2026, le fameux Airbus A319CJ immatriculé UR-ABA sillonnant les cieux européens et nord-américains depuis l’invasion russe de l’Ukraine voisine en février 2022.

D’après les autorités moldaves, un drone est entré depuis l’Ukraine vers 16 h 20. Il a ensuite quitté la Moldavie vers la Roumanie, avant de revenir dans l’espace aérien moldave. Les autorités roumaines ont confirmé une trajectoire assez spectaculaire. Avec une détection à 16 h 33, entrée en Roumanie à 16 h 37, perte de contact radar à 17 h 02, puis réapparition en Moldavie à 17 h 08.

Deux F/A-18 espagnols, déployés en Roumanie dans le cadre de la mission de police du ciel de l’OTAN, ont été scramblés à 16 h 39 pour suivre la menace.

Le drone a finalement été perdu des radars puis s’est écrasé près de Mihăilenii Vechi, dans le district de Rîșcani, en Moldavie. Le point d’impact se situe à environ 160 km de l’aéroport international de Chișinău. L’appareil a provoqué plusieurs départs de feu, mais aucune victime.

La Moldavie a fermé temporairement son espace aérien après 16 h 30, précisément pour protéger les appareils qui se trouvaient alors dans son espace aérien. Le vol de Zelensky a donc lui aussi été retardé. Une fois l’impact du drone confirmé, les restrictions ont été levées et l’A319 présidentiel a pu partir, confirmé par le porte-parole du gouvernement moldave, Dumitru Ciorici.

L’Airbus ukrainien décollait donc vraisemblablement de la République de Moldavie lorsqu’il a « failli être percuté par un drone pendant le décollage […] », selon le Premier ministre norvégien.

Le couple présidentiel ukrainien se rendait en Norvège. Les données de FlightAware donnent un départ de Chișinău à 17 h 57, heure moldave, avec une arrivée à Oslo à 19 h 43, heure norvégienne. Le but de ce voyage étant de se rendre aux funérailles du roi Harald V, d’où le commentaire du Premier ministre norvégien.

C’est cette déclaration qui déclenche les titres de presse sur une « tentative d’attaque contre l’avion de Zelensky ». Mais M. Støre (Premier ministre norvégien) ne dit pas d’où vient son information, ni à quelle distance le drone aurait été de l’A319. Reuters souligne explicitement cette absence de précisions. Une source de la présidence ukrainienne citée par l’AFP estime que présenter Zelensky comme ayant été réellement en danger est « exagéré ». Selon cette source, il s’agissait avant tout d’une alerte provoquée par l’entrée d’un drone russe dans les espaces aériens moldave et roumain.

Le Premier ministre norvégien pourrait avoir reçu des informations de sécurité auxquelles nous n’avons pas accès, notamment sur la position du drone avant sa trajectoire finale. Mais en l’état, aucune source publique ne donne la distance entre le drone et l’A319CJ, et aucune ne démontre que le drone suivait effectivement l’avion.

Voilà pour ce que nous savons à l’heure où j’écris ces lignes, jeudi 10 septembre à midi. Rien de très anormal malheureusement car l’intrusion de drones russes ou ukrainiens dans les cieux européens n’a plus rien de rare en 2026. Cependant, qu’on leur prête une intention offensive contre des cibles hautement importantes que sont les appareils présidentiels, ça l’est un peu plus.

Néanmoins, nous pouvons d’ores et déjà revenir sur différents sujets liés à cet « incident ».

D’une part, qu’un avion soit la cible d’un drone n’est malheureusement plus aujourd’hui quelque chose de rare. La conflictualité de l’espace aérien tend à s’intensifier à mesure que ces engins se démocratisent. Ces conflits, et parfois accidents, entre drones et aéronefs peuvent être involontaires, avec par exemple un spotter un peu trop optimiste pour faire de belles images, ou volontaires, comme dans le cas de l’attaque supposée russe contre des avions cargos en Allemagne, à Leipzig.

Mais d’autre part, l’attaque par un drone ou une autre arme contre un aéronef présidentiel connaît également des précédents par le passé. Et le risque n’est évidemment plus à exclure, les forces armées devant carrément s’en préoccuper davantage désormais !

Dernièrement, en juillet 2026, les services de sécurité présidentiels américains ont organisé un changement clandestin d’appareil. Trump avait initialement embarqué publiquement à bord d’Air Force One, mais il fut ensuite transféré discrètement dans un C-32A plus petit (portant à son tour de fait l’indicatif Air Force One) en utilisant un camion de catering comme couverture. Apparemment, les services américains disposaient d’informations faisant état d’une menace iranienne crédible contre Trump. Reuters évoque notamment la crainte d’une attaque au moyen d’armes sol-air portables capables de menacer l’avion présidentiel.

Le Falcon 50 présidentiel rwandais

Mais de manière plus ancienne, nous pouvons nous souvenir du précédent absolument incontournable, celui du Falcon 50 présidentiel rwandais qui approchait de Kigali lorsqu’il fut atteint par un ou deux missiles sol-air en 1994.

Ou encore, le cas du crash mortel du C-130B Hercules de l’armée de l’air pakistanaise transportant le président pakistanais Zia-ul-Haq. L’enquête pakistanaise avait conclu à un acte criminel de sabotage, évoquant notamment la possibilité qu’un agent chimique ait incapacités l’équipage.

Les débris du C-130B transportant le Président Zia-ul-Haq

Les dirigeants et hauts responsables militaires d’un pays sont toujours des cibles de choix pour leurs adversaires, que ce pays soit en guerre ou non. C’est ce qui conduit au renforcement perpétuel des systèmes de défense et des procédures strictes entourant les déplacements officiels de ces Very Important Persons (VIP). Nous pouvons penser que les services de sécurité et les forces armées doivent se réinventer pour ne pas se laisser rattraper par la menace.

Peut-être s’agit-il ici d’un cas d’école pour nos militaires évoluant au sein du GLAM de Villacoublay, le célèbre Groupe de Liaisons Aériennes Ministérielles responsable des déplacements du Président de la République Française et de son gouvernement.

Photo © Bureau of Aircraft Accidents Archives


En savoir plus sur avionslegendaires.net

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

PARTAGER
ARTICLE ÉDITÉ PAR
Image de Loïc
Loïc
Passionné d’aéronautique et d’histoire depuis toujours, je m’intéresse aussi bien aux grandes machines qu’aux appareils plus méconnus qui ont parfois laissé une empreinte discrète dans l’histoire. Maquettiste amateur, je prends autant de plaisir à construire un avion qu’à rechercher son histoire, ses variantes, ses marquages et les anecdotes qui l’entourent.
articles sur les mêmes thématiques
Commentaires

Laisser un commentaire

Seuls les comptes authentifiés sont désormais autorisés à commenter les articles d’actualités. Si vous avez créez un compte, vous devez vous identifier. Si vous souhaitez obtenir un compte personnel vérifié, vous pouvez faire une demande de compte en suivant la procédure (la création n’est ni automatique, ni immédiate et est soumise à contrôle)

Identifiant et/ou mot de passe perdu ? Réinitialisez-le

Sondage
Sondages

400 ans de la Marine Nationale : lequel de ces avions symbolise le mieux la patrouille/surveillance maritime française ?

Voir les résultats

Loading ...
Archives des sondages
Dernier appareil publié