Mauvaise nouvelle pour Boeing ou Dassault Aviation s’ils escomptaient placer leurs futurs avions de combat respectifs auprès de l’Aviation Royale Canadienne. L’avionneur Bombardier a signé ce mercredi 28 octobre 2026 un protocole d’entente industrielle avec son concurrent, et donc désormais partenaire, britannique BAE Systems. Il s’agit pour les Canadiens d’augmenter leur participation au programme euro-japonais GCAP de chasseur de 6ème génération. Les Nord-Américains ne comptent donc pas jouer les simples observateurs ; à condition bien sûr que les industriels italiens et japonais ne trouvent rien à y redire.
Indéniablement le groupe canadien Bombardier est un géant de l’aéronautique. Et travailler avec les Européens il sait faire. Il l’a démontré par le passé avec Airbus Canada et toujours aujourd’hui avec Airbus Helicopters Canada dont il est un sous-traitant. Pourtant l’accord passé avant-hier avec BAE Systems va plus loin encore, sans doute que ses dirigeants ont justement été échaudés de l’expérience Airbus Canada autour de l’A220 jadis connu comme Bombardier Whisperjet.
Bombardier pourrait avoir la main sur les questions de main d’œuvre en cas de commande par l’Aviation Royale Canadienne du futur avion de combat de 6ème génération issu du programme GCAP. Le protocole d’accord entre Bombardier et BAE Systems propose également que l’avionneur canadien fasse valoir auprès de son partenaire britannique son expertise en matière de R&D, c’est à dire de recherches et de développement. Spécialiste de la sous-traitance l’industriel produit également ses propres avions, les fameux jets d’affaire des gammes Challenger et Global ! Sa supply chain est réputée dans le monde entier pour son sérieux, ce qui est un atout indiscutable pour BAE Systems.
Pourtant il y a bien un mais dans cette histoire, et même un très gros. Le GCAP est un programme international dont la direction est euro-japonaise, entre donc Britanniques, Italiens, et Japonais ! Or les relations aéronautiques entre Ottawa et Tokyo ne sont pas ce qu’on pourrait appelé au beau fixe. La décision des Canadiens de rejoindre comme observateurs le programme l’été dernier à fait grincer bien des dents dans l’archipel. La revente du CRJ à Mitsubishi Heavy Industries en juin 2019 et l’arrêt de la production vingt mois plus tard ont laissé des traces. D’autant que peu après l’avionneur nippon a vu son programme SpaceJet avorter.
Les Britanniques vont donc devoir batailler sévèrement avec leurs partenaires japonais afin de faire pleinement accepter ce protocole d’accord signé avec Bombardier. Le cas italien devrait être plus aisé, les relations n’étant pas réputées mauvaises.
Affaire à suivre.
Illustration © BAE Systems
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