Les responsables du géant aéronautique italien sont-ils en train de perdre les pédales ? Roberto Cingolani, actuel numéro 1 de Leonardo, a fait savoir aux autorités britanniques que si son hélicoptère ne remportait pas la compétition NMH il ferait fermer sa principale usine en Angleterre. Ce chantage provient notamment d’une rumeur autour d’un possible retour d’Airbus Helicopters dans ce programme, alors même que son retrait remonte à l’été 2024. Des milliers d’emplois sont en jeu.
Les Italiens ont-ils vraiment si peur que leur Agusta-Westland AW.149 ne tienne pas la comparaison avec l’Airbus Helicopters H175M qu’ils jouent ainsi la (très dangereuse) carte du chantage à l’emploi ? On les sent acculés, à court d’arguments pour faire gagner leur machine. Il faut dire que jusque là ils jouaient sur du velours puisque les autres concurrents avaient jeté l’éponge depuis un an et demi. Et durant tout ce laps de temps à aucun moment l’UK Ministry of Defence n’a daigné signer le moindre contrat autour de cet AW.149, même pas la plus petite lettre d’intentions. Ce n’est pas bon signe.
Pour mémoire le New Medium Helicopter, ou NMH, est le programme visant à remplacer les Bell Griffin HAR.1 et Westland Puma HC.2 de la Royal Air Force ainsi que les Aérospatiale AS.365N Dauphin 2 et Bell 212 Twin Two-Twelve de l’Army Air Corps. Particularité notable la compétition NMH s’est finalement recentrée sur les seuls Puma HC.2, déjà retirés du service, après que l’UK Ministry of Defence ait fait le choix d’acquérir des Airbus Helicopters Jupiter HC.2 afin de remplacer les trois autres modèles. Une décision qui est loin d’avoir plu au groupe Leonardo puisque le dit Jupiter n’avait jamais été dans la compétition officielle.
De l’autre côté des Alpes certaines voix se font entendre parlant de retournement de veste de la part des Britanniques mais aussi d’une influence grandissante de Paris et de Berlin auprès de Londres. Le fait est que l’AW.149 peine à convaincre la Royal Air Force de sa capacité à remplacer le Puma HC.2. Le H175M le serait-il plus ? Visiblement les Britanniques semblent le croire. En effet ce dérivé militarisé du H175 civil vient de remporter un marché pour six machines auprès de l’Ejercito del Aire y del Espacio afin de remplacer des Aérospatiale AS.332B1 Super Puma et Eurocopter AS.532UL Cougar. Dans le même temps la Fortele Aeriene Romane a annoncé vouloir une flotte mixte d’Airbus Helicopters H175M et H225M afin de remplacer ses I.A.R IAR-330, la version locale du Puma. Même le Ghana a depuis fait le choix de ce nouvel appareil, comme futur hélicoptère de transport d’assaut.
Les signes sont là.
Alors face à ce possible retour du H175M dans la compétition les décideurs italiens flippent. Comment expliquer autrement que par la peur leur décision mortifère d’en passer au chantage. Et là l’affaire est claire : si l’AW.149 ne remporte pas le NMH Leonardo fermera son site industriel de Yeovil. Il s’agit du site historique de feue la société Westland, là où tous ses avions et hélicoptères sont nés. Yeovil c’est aussi un pôle aéronautique autour de BAE Systems et de Honeywell. Leonardo à Yeovil c’est 3325 emplois directs et près de 14 000 emplois indirects. Une fermeture serait catastrophique pour tout le comté du Somerset. Le bras de fer est donc engagé entre Britanniques et Italiens. À moins que les menaces de Roberto Cingolani ne tombent à l’eau si jamais son conseil d’administration et/ou la diplomatie italienne s’en mêlaient.
Affaire (forcément) à suivre.
Photo © Airbus Helicopters
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Une réponse
Bonjour à tous. Peur peut-être Mr. Arnaud, agacement certain de qu’est ce que je vois de ce côté des Alpes. Le site de Yeovil n’a pas eu de contrat depuis 14 ans. Et je crois que Cingolani est appuyé par l’état italien qui est son principal actionnaire (voire l’attaque du ministre de la défense Crosetto sur le non partage de secrets industriels de la part des Britanniques sur le Gcap).