La Première Guerre mondiale vit la généralisation de l’arme aérienne. Entre les aéroplanes de l’été 1914 et les avions de l’automne 1918 les différences étaient criantes, notamment en matière de motorisation ou encore de recherches en aérodynamisme. Malgré cela quelques rares modèles réussirent le tour de force de voler du début à la fin du conflit, à l’image d’un frêle biplan d’observation devenu avion d’entraînement au fil du temps : le DFW B.I et sa version dérivée B.II.
Avionneur aujourd’hui retombé dans l’oubli, même en Allemagne, DFW se lança en juin 1914 dans l’étude et le développement d’un biplan d’observation et de réglage des tirs d’artillerie. L’avion fut désigné MD14, pour Militär Doppeldecker 14 ou biplan militaire n°14.
Sa conception et l’assemblage du prototype furent particulièrement rapides puisque son premier vol intervint le 2 août suivant, soit moins d’une semaine après le déclenchement des hostilités.
Une semaine plus tard le DFW MD14 était officiellement présenté aux autorités allemandes. Celles-ci le commandèrent en série à hauteur de cent quarante exemplaires pour des missions de reconnaissance à vue et de réglage des tirs d’artillerie. La production en série débuta immédiatement.
Les premiers exemplaires entrèrent en service dès septembre 1914 comme B.I et furent envoyés en premier sur le front de l’est face à la Russie. À Noël le DFW B.I faisait son apparition au-dessus de la France.
Extérieurement cet avion se présentait sous la forme d’un biplan de construction académique en bois et toile à train classique fixe. Il était animé par un moteur Mercedes D.I en ligne à six cylindres d’une puissance de 100 chevaux entraînant une hélice bipale en bois. La forme très particulière de chaque plan de voilure fit que le DFW B.I reçut le sobriquet de «Fliegende Banane». Soit la banane volante. Le pilote et son observateur prenaient places dans deux cockpits à l’air libre séparés l’un de l’autre. Entrant dans la catégorie B l’avion était de ce fait non armé.
À l’été 1915 une version armée, dotée d’une mitrailleuse de calibre 7,9 millimètres montée sur affût annulaire arrière, fit son apparition. Afin de compenser l’augmentation de masse les ingénieurs de DFW choisirent de déposer le moteur Mercedes D.I aux profits d’un D.II du même motoriste et dont la puissance atteignait 115 chevaux. Cent trente exemplaires en avaient été commandés. Ils furent désignés B.II.
Les DFW B.I et B.II étaient alors parmi les principaux avions d’observations en service en Allemagne aux côtés des AEG B.II, Albatros B.I, et LVG B.I / B.II. Stables et bien pensés les biplans DFW se montrèrent cependant très vite dépassés, notamment par l’apparition des premiers biplans de la catégorie C, bien armés. Dans le même temps les chasseurs britanniques et français avaient commencé à avoir raison d’eux, tout comme leurs DCA respectives.
Cependant cela ne scella pas leur sort.
Les DFW B.I et B.II se virent dotés d’une double commande et les plus récents perdirent leur armement devenant ainsi tous deux des avions d’entraînement. Un nouveau lot de quatre-vingt B.I fut même produit au début de l’année 1916 afin de satisfaire les écoles allemandes de pilotage. La banane volante avait la réputation de particulièrement bien former les jeunes pilotes. Ces biplans formèrent les aviateurs allemands jusqu’à la fin du conflit.
Quelques mois après la fin des hostilités un B.I fut exposé dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides à Paris, aux côtés d’autres avions allemands capturés.
Après guerre quelques exemplaires furent versés à l’aviation danoise, au titre du dommage de guerre et employés comme avions d’entraînement jusqu’en 1920. La Russie impériale en utilisa également quelques exemplaires pris aux forces allemandes, on ignore leur sort après la révolution d’octobre 1917.
Aujourd’hui il ne reste plus aucun DFW B.I / B.II.
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