Depuis une trentaine d’années maintenant un questionnement existe autour de la problématique des pilotes du troisième voire du quatrième âge. Et l’accident survenu hier à proximité de l’aérodrome d’Avignon Pujaut risque de ne pas arranger les choses puisque l’aviateur aux commandes de son Junca Sirocco a 92 ans. Fort heureusement lui et son passager, en fait son chien, s’en sont sortis vivants. Une enquête va être diligentée par le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la sécurité de l’aviation civile avec l’aide de la gendarmerie nationale.
En France on aime bien s’occuper de nos seniors. À la moindre canicule (comme en ce moment) on leur faire boire de l’eau et on leur dit de ne sortir que quand il fera plus frais. Quand ils roulent en voitures ou à motos très vite on s’inquiète, parfois à juste titre et d’autres fois sans raison valable, de l’état de leurs réflexes et de leurs risques d’endormissement. Pourtant globalement les vieux ne sont pas plus dangereux sur la route que les jeunes ou que les médians. Les chiffres de la sécurité routière et des compagnies d’assurance en attestent.
Certains pensent qu’il faudrait avoir la même exigence avec l’aviation civile. C’est une bonne et une mauvaise idée à la fois. Mauvaise idée par ce que les pilotes privés âgés doivent répondre aussi aux exigences des visites médicales obligatoires et qu’ensuite il y a moins de séniors aviateurs et aviatrices que de séniors en automobiles ou à motos. Quand on a dit ça on a tout… et rien dit à la fois.

C’est clair qu’il faut peut-être se pencher sur la question de ces pilotes qui passés 80 ans empoignent encore le manche à balai comme s’ils avaient 30 ou 50 ans. Sans pour autant chercher à leur couper les ailes…
Or l’accident de ce lundi de Pentecôte 2026 dans le Gard nous intéresse à plus d’un titre. D’abord André Fayolle, le pilote et propriétaire du Jurca Sirocco, s’en est sorti vivant. Et c’est là le plus important. L’homme de 92 ans voyageait avec son chien à bord de son monomoteur immatriculé F-PJSX. Ce n’est pas n’importe quel Sirocco c’est le tout premier construit, celui là même des mains de son concepteur : l’ingénieur franco-roumain Marcel Junca. Il a été construit entre 1959 et 1962, et réalisa cette année là son premier vol. C’est donc un avion de collection.
On ignore actuellement pourquoi ce pilote ô combien expérimenté et fin connaisseur de son avion s’est écrasé à proximité immédiate de l’aérodrome d’Avignon Pujaut. Aux vues des images de l’appareil il est clair que Fayolle a tenté de se poser en urgence.
Heureusement pour lui et pour son animal les secours sont arrivés très vite. Les sapeurs-pompiers du Service Départemental d’Incendie et de Secours du Gard, le SDIS 30, l’ont délicatement extrait de l’habitacle de son Sirocco. Il a ensuite été conduit par un VSAV au centre hospitalier le plus proche. Les gendarmes ont ensuite pris le relai afin de donner le plus d’infos aux experts enquêteurs du BEA.

La question de l’âge des pilotes est toujours épineuse. Un aviateur ou une aviatrice de 85, 90, ou même 95 ans peut-il ou elle encore prendre les commandes de son aéronef sans se mettre en danger ou sans mettre en danger ses éventuels passagers. M’est d’avis qu’à partir du moment où elle ou il a réussi ses testes médicaux tout roule. Et puis après c’est à chacun de connaître ses limites.
Nous souhaitons un prompt rétablissement à André Fayolle et espérons que son Junca Sirocco sera réparé.
Photos © SDIS 30
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Une réponse
Mon avis sur la question, c’est que l’âge compte un peu quand même.
Un pilote de 80 ans est (je pense) plus susceptible quand même d’avoir un souci médical grave (AVC, crise cardiaque,… ) qu’un jeune de 30 ans.
Après, comme vous le dites, du moment qu’un pilote réussit ses tests médicaux et de compétences, pourquoi faudrait il lui retirer son permis de voler ?
A la limite quand on atteint un certain âge, subir des examens plus réguliers suffit largement.