Ce qui est bien avec les Indiens c’est la régularité de leurs tractations : très longues mais qui aboutissent toujours. La dernière démonstration en date nous est venue cette semaine des contours du super contrat Rafale F4 sur lequel un accord de transfert de technologie aurait été trouvé. Quatre-vingt-seize des cent quatorze avions que Dassault Aviation doit vendre à l’Indian Air Force seront produits localement, avec de la main d’œuvre indienne. Cela s’inscrit dans le programme Make-in India voulu par le premier ministre Narendra Modi.
L’année 2026, ou plutôt son premier semestre désormais refermé, aura été le temps du recul dans la signature du contrat de 3250 milliards de roupies entre la France et l’Inde. Cette somme faramineuse, même si la roupie vaut beaucoup moins que l’euro, doit donc couvrir la vente par Dassault Aviation d’un total de cent quatorze avions de combat Rafale F4.
Un contrat qui devrait permettre au produit intérieur brut français de bondir de plus d’un point. C’est énorme ! Mais surtout qui ne sera pas totalement réalisé dans l’Hexagone puisque Dassault Aviation n’assemblera que les dix-huit premiers Rafale B et Rafale C de série. Et le reste alors ? Ce sera en Inde, dans une entreprise conjointe binationale.
Les très sérieux médias économiques et financiers indiens indiquent clairement que l’accord trouvé lors des négociations de ces dernières semaines implique que dans un avenir plus ou moins proche l’Indian Air Force pourra entretenir elle-même, et même à terme moderniser ses Rafale F4 selon son bon vouloir. Les Indiens parlent d’un BSP, un Bridge Support Package, pour désigner cet accord de transfert de technologie largement au-delà de la simple production des quatre-vingt-seize avions dits locaux. Selon plusieurs sources ce BSP serait la démonstration que Dassault Aviation a lâché du lest sur le fameux interface control document, parfois appelé code source, qui représentait jusque là la principale pierre d’achoppement dans ces pourparlers.
Grâce à ce Bridge Support Package la production indienne du Dassault Aviation Rafale F4 représentera tout de même 84% de l’ensemble du programme. L’accord final doit être signé en mode G2G, c’est à dire entre les gouvernements français et indiens, d’ici à la fin de l’été. Sauf si les Indiens cherchent encore des barres à ajouter à certains T et des points oubliés sur des I. Ce sera alors la plus grosse vente à l’export pour le groupe clodoaldien.
Affaire (bien évidemment) à suivre.
Photo © Armée de l’Air et de l’Espace
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