Et là vous vous dites : «mais il est complètement cintré y a pas d’avions de la Marine Nationale dans la Patrouille de France !!!». Alors oui vous avez raison et pourtant elle a eu recours à l’un d’entre eux, un Dassault Aviation Triton appartenant à la Flottille 24F. L’avion a appuyé leur trajet transatlantique entre la France et le Canada. Ce triréacteur, aussi connu comme Falcon 50M assurera aussi le vol retour le mois prochain.

Les dix Alpha Jet E tricolores sont d’ores et déjà en Amérique du Nord. L’opération Liberté 250 a débuté, elle va permettre la commémoration du quart de millénaire de l’indépendance des treize colonies américaines devenues les États-Unis. Pour aller de France au Canada les avions de la Patrouille de France avaient besoin d’un ange gardien. Ne pouvant pas être ravitaillés en vol les biréacteurs d’origine franco-allemande étaient obligés d’avoir recours à leurs bidons externes de voilures et à des (grands) sauts de puces.
Ainsi ils ont quitté la France en décollant de la Base Aérienne 123 d’Orléans Bricy en même temps que leur Airbus Miliary A400M Atlas d’accompagnement. Lui a fait le vol d’une traite, pas les Alpha Jet E. Pour l’occasion chaque mécano embarquait en place arrière de l’avion sur lequel il travaille.
D’Orléans donc ils ont volé jusqu’à RAF Lossiemouth, la célèbre base écossaise de la Royal Air Force. Le lendemain ils ont attaqué l’Atlantique nord entre la reliant à NAS Keyflavik la non moins célèbre base aéronavale américaine en Islande. Puis encore une bonne nuit de sommeil et deuxième étape transatlantique entre l’Islande et le Groenland via l’aéroport de Kangerlussuaq. Et le lendemain direction la BFC de Goose Bay au Canada. Fin du périple transatlantique. Et à chaque fois la Patrouille de France a été accueilli avec les honneurs dû à son rang.
Et sans doute qu’à chaque escale la présence de ce Dassault Aviation Triton de la Marine Nationale interloquait. Mais que faisait-il là ? Rappelons que la mission première de cet appareil c’est la surveillance maritime et la lutte contre les pollutions maritimes. Pister la Patrouille de France n’intervient donc pas dans ce genre d’attribution.
Non le Triton était bien ici un ange gardien pour l’élite des pilotes et mécanos de l’Armée de l’Air et de l’Espace.
La crainte numéro 1 du ministère des Armées dans cette traversée transatlantique par étape c’était l’incident majeur en vol nécessitant l’éjection de l’équipage et donc la destruction de l’avion. C’est là que le Triton intervient, pouvant larguer immédiatement une chaine SAR contenant le matériel de survie nécessaire au pilote et à son mécano en attendant l’arrivée des secours. En cas de pépin majeur de ce genre le Triton orbite autour de l’équipage à sauver, apportant aussi un soutien psychologique indispensable au milieu de l’Atlantique nord.

Les dix Alpha Jet E de la Patrouille de France étant arrivés à bon port sans encombre le Dassault Aviation Triton a pu regagner son nid de la base d’Aéronautique Navale de Lann-Bihoué en Bretagne. Lui, ou un autre exemplaire de la Flottille 24F, rejoindra les États-Unis dans un mois environ afin d’accompagner le vol retour de nos pilotes et mécanos tricolores.
L’ultra polyvalent triréacteur naval a ajouté une corde à son arc à l’occasion à la fois du 250ème anniversaire des États-Unis et du 400ème de la Marine Nationale. Pas mal…
Photos © Armée de l’Air et de l’Espace
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.












