FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Gotha G.III / G.IV / G.V
Constructeur : Gothaer Waggonfabrik AG.
Désignation : G.III
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : G.IV, G.V
Mise en service : 1916
Pays d'origine : Allemagne
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier lourd à long rayon d'action

HISTOIRE

Gotha G.III / G.IV / G.V :
Terreur dans le ciel de Paris”

Si la Première Guerre mondiale vit l’émergence d’une aviation militaire désormais présente dans toutes les grandes forces armées elle eut aussi pour effet de voir les avions et hydravions connus du plus grand nombre. Alors qu’avant guerre ils passionnaient les foules, notamment lors des premières traversées maritimes, désormais c’est la peur qu’ils véhiculaient. Et parmi ceux ci figuraient bien évidemment les premiers bombardiers. Par effet de métonymie tous ceux volant sous marquages allemands étaient appelés en France, mais aussi en Grande Bretagne, des Gotha. Pour autant ce constructeur n’assembla qu’une partie des bombardiers allemands, et non l’intégralité. Les plus célèbres furent sans nul doute les Gotha G.III, G.IV et G.V.

Au printemps 1916 l’ingénieur allemand Hans Burkhard commença à réfléchir à une version améliorée de son bombardier bimoteur G.II qu’il jugeait lui-même inadapté aux besoins de la guerre contre les Britanniques et les Français. L’état-major allemand ne s’y était d’ailleurs pas trompé en affecta la petite dizaine d’exemplaires construits au front des Balkans réputés moins dangereux pour les équipages de bombardier par l’absence quasi généralisée de chasseur et par une DCA ennemie moindre. Burkhard croyait pourtant dur comme fer dans son concept et lança ainsi le développement d’une profondément améliorée : le Gotha G.III.

Extérieurement ce nouvel avion reprenait les codes architecturaux du G.II. Il en conservait même la voilure, au centimètre près. Ce grand biplan à train classique fixe disposait de deux moteurs à six cylindres en ligne Daimler D.IVa d’une puissance unitaire de 260 chevaux. Chacun actionnait une hélice bipale en métal et bois. Le Gotha G.III était prévu pour un équipage de trois hommes et une charge offensive de 500 kilogrammes de bombes. Deux mitrailleuses mobiles de calibre 7.92 millimètres positionnées à l’avant et au centre du fuselage assuraient la défense du bombardier. La seconde était servi par l’officier de bombardement.
Les premiers G.III entrèrent en service dans la Luftstreikraft en juin 1916 sur le front des Balkans. Quelques mois plus tard une unité en fut dotée à Fribourg-en-Brisgau dans le Bade-Wurtemberg.

Le 8 février 1917 ses avions tentèrent un raid contre Paris, jusque là épargnée par ces bombardiers ultramodernes. Malheureusement pour eux la chasse française les attendait à proximité de la ville de Nancy et quatre bombardiers allemands furent descendus. L’un d’eux le fut par le capitaine George Guynemer aux commandes de son célèbre SPAD S.VII «Vieux Charles». L’avion fut récupéré et exposé quelques temps dans la ville. Son équipage avait été capturé, à l’exception du mitrailleur tué dans le combat aérien.
Lors de ce raid aucun bombardier allemand n’atteignit la région parisienne.

Alors que les ateliers livraient, au compte-goutte, les G.III Hans Burkhard modernisa son avion sous la forme du G.IV doté d’un fuselage et d’un empennage redessinés. Le train d’atterrissage avait lui aussi été revu et corrigé. En outre un nouveau poste de tir était apparu pour une mitrailleuse à tir vers le bas. Il était installé au niveau de l’intrados de fuselage.
Alors qu’en tout et pour tout vingt-cinq G.III avaient seulement été commandés trente-cinq G.IV le furent directement en novembre 1916. Une commande supplémentaire arriva trois mois plus tard pour cinquante bombardier de plus. La direction de Gotha expliqua à Berlin qu’elle ne pouvait pas construire plus de G.IV et qu’elle devrait donc demander l’aide de sous-traitant. L’état-major de l’aviation allemande fit construire quatre-vingt G.IV de plus par Siemens-Schuckert et cent autres par LVG. L’aviation allemande venait de trouver son bombardier !

Auprès des généraux de la Luftstreikraft l’ingénieur Hans Burkhard jouissait désormais d’une réputation hors pair. L’homme avait réussi à imposer aux militaires un concept déjà acquis en Grande Bretagne et dans une moindre mesure en France : le bombardier bimoteur.
L’ingénieur avait eu l’idée d’une version améliorée du G.IV désignée G.V et disposant désormais d’un tunnel de communication entre le poste de pilotage et les trois postes de tirs. Officiellement désigné «Rumpfkonstruktion», soit «construction pour les fesses» en français, il permettait aux membres d’équipages de se déplacer à l’intérieur même de la structure de l’avion. Lors de son entrée en service à l’été 1917 le Gotha G.V était le bombardier le plus moderne de l’arsenal allemand, et sans doute l’un des plus avancés dans le monde.
Une version à train tricycle, le G.Vb, fut construite en petite série.

À partir du début de l’année 1918 les Gotha G.IV et G.V devinrent le cauchemar des Franciliens. Et tout commença dans la nuit du 30 au 31 janvier 1918 quand trente de ces bombardiers déferlèrent sur la capitale depuis le nord-est. Les quartiers de la Bourse et de l’Opéra furent particulièrement visés tandis que certains avions ciblaient les banlieues nord et nord-ouest. Malgré la DCA française la majorité des G.IV et G.V engagés rejoignirent leurs bases. Soixante-et-un civils furent tués dans l’opérations et 198 autres plus ou moins gravement blessés. Le choc psychologique était là : le Gotha était devenu l’objet de toutes les peurs pour les Parisiens.
Par la suite Paris allait être visé et frappé à plus de trente reprises par des G.IV et des G.V. Les villes d’Aubervilliers, Clichy, Colombes, Courbevoie, Drancy, Gennevilliers, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Levallois-Perret, Nanterre, ou encore Puteaux eurent également à subir le feu des bombardiers allemands.

Quand la Première Guerre mondiale prit fin en novembre 1918 les Gotha G.IV et G.V étaient toujours l’objet de fantasmes de terreurs chez les populations civiles françaises. Au titre du Traité de Versailles de 1919 tous les avions furent détruits, à l’exception de ceux présents en territoires américains, britanniques, et polonais. C’est la raison pour laquelle il ne reste plus aucun de ces avions mythiques aujourd’hui dans des musées aéronautiques.
Si chaque avion était différent il est intéressant de voir qu’entre les G.III, G.IV, et G.V on retrouvait la même voilure, de la même envergure : celle du Gotha G.II. Comme quoi d’un avion décevant découla une des plus belles sagas de l’histoire aéronautique.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Gotha G.IV
Envergure : 23.70 m
Longueur : 12.20 m
Hauteur : 3.90 m
Motorisation : 2 moteurs Mercedes D.IVa
Puissance totale : 2 x 260 ch.
Armement : Trois mitrailleuses mobiles de calibre 7.92mm en poste de tir avant, dorsal, et ventral. Charge de bombes de 500 kg.
Charge utile :
Poids en charge : 3648 kg
Vitesse max. : 135 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 5000 m
Distance max. : 800 Km à charge maximale
Equipage : 3
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Gotha G.III / G.IV / G.V

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Gotha G.III / G.IV / G.V

VIDÉO

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