Kochyerigin DI-6

Fiche d'identité

Appareil : Kochyerigin DI-6
Constructeur : Sergei Aleksandrovich Kochyerigin OKB
Désignation : DI-6
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : TsKB-11
Mise en service : 1936
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur biplace, avion d'attaque au sol

Sommaire

“ Le premier chasseur biplace soviétique ”

Histoire de l'appareil

Lorsque le 5 octobre 1914 le premier combat aérien de l’Histoire voit la victoire d’un Voisin LA-III français sur un Aviatik B.I allemand ce sont deux aviateurs de l’Aéronautique Militaire qui sont à bord du premier de ces avions : Joseph Frantz et Louis Quenault. L’aviation de chasse hésitera dès ce jour entre monoplaces et biplaces, un dilemme qui existe encore de nos jours. Toutes les nations productrices d’aéronefs ont développés de tels avions, certaines avec plus de succès que d’autres. En URSS le développement de chasseurs biplaces se heurta à bien des difficultés si bien que le premier avion réussi ne fut que le sixième modèle conçu : le Kochyerigin DI-6.

Dvukhmesnyy Istrebitel, ou DI. C’est sous ce vocable que les Soviétiques entendaient parler durant l’entre-deux-guerres des chasseurs biplaces. Des avionneurs comme Grigorovich, Laville, ou encore Polikarpov s’y essayèrent avec à chaque fois un échec cuisant à l’arrivée. Chacun savait développer et produire des chasseurs monoplaces mais bizarrement dès lors qu’il s’agissait d’ajouter un second membre d’équipage les programmes échouaient.

Aussi quand en janvier 1934 les ingénieurs Vladimir Yatsenko et Sergeï Kochyerigin commencèrent à travailler au sein du bureau d’études numéro 39 du TsKB, pour Tsentral’noye Konstruktorskoye Byuro, sur un tel avion de chasse beaucoup furent sceptiques.
Initialement désigné TsKB-11 ce nouveau biplace était de construction mixte : fuselage en tubes d’acier, voilure en bois et contreplaqué, le tout entoilé. Il se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure inégale possédant un train d’atterrissage classique escamotable. Il était animé par un Shvetsov M-25 à neuf cylindres en étoile d’une puissance de 700 chevaux. Il s’agissait là en fait de la version produite sous licence locale du Pratt & Whitney R-1820 Cyclone américain. Le prototype du chasseur vola désarmé en septembre de la même année. Et très rapidement il détonna par rapport à ses prédécesseurs.

Non seulement le TsKB-11 était agréable à faire voler mais en plus il était manœuvrant, et disposait de deux postes plutôt bien pensés. L’armement commença à apparaitre en novembre durant la phase d’essais en vol. Il fallut attendre janvier 1935 pour que le premier TsKB-11 de présérie vole avec ses trois mitrailleuses de calibre 7.62 millimètres, deux non synchronisées en position de chasse sous voilure et une troisième sur affût mobile arrière. Un second avion de présérie fut construit dans la foulée de ce vol.
Un mois plus tard un lot de cent soixante exemplaires était commandé.

Le Tsentral’noye Konstruktorskoye Byuro n’ayant pas de capacité industrielle en propre c’est Sergeï Kochyerigin qui fut chargé de disposer d’une unité de production à son nom afin d’industrialiser le TsKB-11. Dès lors l’avion fut connu comme Kochyerigin DI-6, soit le sixième chasseur biplace développé en URSS. C’était surtout le premier produit en série.
Les premiers exemplaires de série entrèrent en service en novembre 1936 et les derniers en juin 1939.

Bien que réputé lent, il lui fallait dix minutes pour passer du sol à une altitude de 5000 mètres, le Kochyerigin DI-6 avait bonne réputation auprès de ses équipages. Il faut dire qu’il virait très serré et avait été pensé, comme c’était déjà la tradition en URSS, pour pouvoir opérer depuis des pistes enneigées ou encore verglacées.
Le DI-6 connut le baptême du feu à l’été 1939, non pas contre la Pologne, mais face au Japon. Il fut engagé lors de l’incident de Nomonhan en zone frontalière avec l’état fantoche du Mandchoukouo. Une vingtaine de chasseurs biplaces se virent affronter la chasse ennemie, quelques-uns étant abattus. Mais surtout les stratèges soviétiques découvrirent qu’au moyen de bombes légères de cinq à dix kilogrammes chacune le DI-6 se révélait être un avion d’attaque redoutable.

Aussi dès le mois d’août 1939 une commande fut passée pour la construction de soixante nouveaux exemplaires sous la désignation DI-6Sh, ces deux dernières lettres signifiant Shturmovik. De chasseur biplace le biplan de Vladimir Yatsenko et Sergeï Kochyerigin s’était mué en avion d’attaque au sol.

Malgré une allure générale assez anachronique ce nouvel avion se révéla rapidement être un redoutable combattant. Le Kochyerigin Di-6Sh pouvait emporter jusqu’à 200 kilogrammes de bombes légères, notamment incendiaires, ou encore des roquettes air-sol. Il n’était pas rare de le voir opérer auprès d’autres biplans comme le Polikarpov R-Z. Lorsqu’en juin 1941 l’Allemagne hitlérienne se retourna contre son allié soviétique au cours de l’opération Barbarossa les DI-6Sh furent envoyés en première ligne. Si contrairement aux Junkers Ju 87 Stuka allemands ils étaient incapables de bombarder en piqué leurs attaques en ressources permirent la destruction de plusieurs dizaines de panzers, les redoutables chars d’assaut de la Wermacht et de la Waffen SS. Leur lenteur en firent par contre des cibles privilégiées pour les Messerschmitt Bf 109 et Bf 110 de la Luftwaffe ; ces chasseurs envoyèrent au tapis 90% de ces Shturmovik durant la première semaine d’engagement.

Redoutant peu les Japonais, avec qui ils n’étaient officiellement pas en guerre, les Soviétiques envoyèrent immédiatement la majorité de leurs Kochyerigin DI-6 de chasse en zone Pacifique. Ceux qui avaient affronter les chasseurs allemands n’en étaient pas revenus. En attendant de posséder mieux les DI-6 pourraient parfaitement faire le job en extrême-Orient soviétique, là où les Allemands ne pouvaient pas aller. Ironie de l’Histoire c’est un monoplace américain issu du Prêt-Bail, le Bell P-39Q Airacobra, qui à l’été 1942 remplaça définitivement ces biplans biplaces obsolètes.

Jamais exporté, très rapidement oublié du fait de l’apparition de monoplans monoplaces plus évolués comme le LaGG-3 ou encore le Yak-3, le Kochyerigin DI-6 fut pourtant un auxiliaire précieux de l’engagement soviétique dans la première moitié de la Seconde Guerre mondiale. Malgré un très fort taux d’attrition au moins un exemplaire, reconstruit à partir de trois épaves, est aujourd’hui préservé et exposé à Moscou.
Après sa collaboration avec Sergeï Kochyerigin au sein du TsKB l’ingénieur Vladimir Yatsenko obtint son propre bureau d’études où il développa notamment le très élégant chasseur I-28 malheureusement demeuré à l’état de prototype.

 


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Photos du Kochyerigin DI-6

Caractéristiques techniques

Modèle : Kochyerigin DI-6
Envergure : 9.95 m envergure du plan supérieur de voilure
Longueur : 6.90 m
Hauteur : 3.20 m
Surface alaire : 25.20 m2
Motorisation : 1 moteur en étoile Shvetsov M-25
Puissance totale : 1 x 700 ch.
Armement : Trois mitrailleuses de calibre 7.62mm, deux en position de chasse et une sur affût mobile arrière.
Charge utile : -
Poids en charge : 1987 kg
Vitesse max. : 375 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 7650 m
Distance max. : 500 Km
Equipage : 2
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Profil couleur

Profil couleur du Kochyerigin DI-6

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Kochyerigin DI-6
Fiche éditée par
Image de Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du Kochyerigin DI-6

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