Sikorsky RH-53 Sea Stallion

Fiche d'identité

Appareil : Sikorsky RH-53 Sea Stallion
Constructeur : Sikorsky Aircraft
Désignation : RH-53
Nom / Surnom : Sea Stallion
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1971
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère de lutte contre les mines, soutien aux opérations spéciales.

Sommaire

“ Le démineur ”

Histoire de l'appareil

Miner la surface des flots c’est s’assurer à court ou moyen terme la suprématie sur un espace maritime. C’est ainsi que plusieurs pays continuent au 21ème siècle de penser leurs possessions sur les mers et océans du globe, à partir d’une arme née en Chine à la fin du moyen-âge et massivement développée en Europe et aux États-Unis au 19ème siècle. Pour venir à bout des mines il faut déminer ; c’est ce qu’on appelle une lapalissade ! Si la majorité des forces navales ont recours à des navires spécialisés appelés chasseurs de mines, comme c’est le cas dans la Marine Nationale, l’US Navy a recours depuis la seconde moitié des années 1960 à des hélicoptères modifiés pour cela. Et sa première réussite en ce sens est le Sikorsky RH-53 Sea Stallion.

C’est l’engagement massif des États-Unis en Asie du Sud-Est à partir des années 1965-1966 qui obligea l’US Navy à recourir à l’emploi d’hélicoptères de lutte contre les mines. De premiers essais furent menés par le Naval Surface Warfare Center avec un Sikorsky SH-34J Seabat spécialement modifié afin d’immerger, tout en restant en vol stationnaire, un système acoustique permettant la neutralisation des mines. Réalisés à Carderock ces essais mirent en lumière le réalisme d’une telle opération mais aussi le relative inadaptation de ce modèle d’hélicoptères.
Un Kaman UH-2B Seasprite et un Sikorsky SH-3A Sea King furent alors essayés dans ce rôle et c’est ce second modèle qui fut sélectionné. Neuf exemplaires de série furent prélevés sur les stocks de l’US Navy, débarassés de leurs équipements de lutte anti-sous-marine, et équipés du système acoustique de neutralisation. Ils entrèrent en service à l’été 1967.

À l’usage ils démontrèrent de bonnes qualités intrinsèques mais aussi les limites d’une telle approche de la lutte anti-mines. À la demande du Naval Surface Warfare Center les industriels Edo (constructeur notamment du monoplan OSE) et Westinghouse s’étaient penchés sur la question.
Le premier développa une sorte de radeau catamaran capable de déployer plusieurs antennes emmétrice d’ondes acoustiques permettant de neutraliser voire de faire imploser les mines dans un rayon de plusieurs centaines de mètres aux alentours. Celui-ci devait pouvoir être tracté. Le sonar que la seconde entreprise américaine conçut avait lui aussi été pensé pour être tracté par un hélicoptère à la surface des flots, s’y stabilisant grâce à des ailettes de chaque côté. Le radeau catamaran reçut la désignation d’Edo Mk-105 et le sonar tracté de Westinghouse AN/AQS-14.

Le seul petit souci était que si ce dernier était adapté au RH-3A Sea King le premier était trop imposant et trop lourd pour lui. Il nécessitait un nouvel hélicoptère plus puissant. L’US Navy se retrouva devant un choix cornélien : continuer avec le Sea King et donc devoir tourner le dos à l’Edo Mk-105 ou bien le privilégier et investir dans un nouvel aéronef anti-mines. C’est cette solution qui fut privilégiée.

Et au Navy Yard, siège à Washington DC de l’US Department of Navy, le choix du nouvel hélicoptère était tout trouvé puisqu’il était déjà en dotation au sein de l’US Marines Corps. Il s’agissait du Sikorsky CH-53A Sea Stallion de transport lourd. Fin 1970 quinze exemplaires déjà construits furent rappelés et versés à l’US Navy après modifications chez l’hélicoptériste.
Leur armement défensif avait été déposé, des plaques de blindage démontées, et un équipement permettant l’embarquement en soute et la dépose au ras des flots de l’Edo Mk-105 installé. Les quinze nouveaux appareils entrèrent en service au printemps 1971 en tant que RH-53A Sea Stallion.

Entre lui et le RH-3A Sea King c’était le jour et la nuit. Le Sikorsky RH-53A Sea Stallion pouvait traiter en quelques heures une chenal permettant le passage de plusieurs navires de guerre de l’US Navy dont des porte-avions. Il déminait une surface de flots en une seule journée ce qui aurait pris plus d’une semaine à son prédécesseur. À l’usage le sonar tracté AN/AQS-14 et l’Edo Mk-105 avaient révolutionnés la lutte aéroportée anti-mines.
Deux ans après avoir mis en service ses premiers Sea Stallion l’US Navy en réceptionna un nouveau lot.

Il s’agissait de trente RH-53D plus puissamment motorisés et dotés d’équipements en propres comme le tout nouveau système acoustique de dragage de mines Westinghouse Mk-104 mais également des réservoirs de carburant externes de 2460 litres très similaires à ceux conçus pour les HH-53C Super Jolly Green Giant de l’US Air Force. Entrés en service entre l’été 1973 et le tout début de l’année 1976 les RH-53D furent les hélicoptères de déminage de la fin de la guerre du Vietnam.
En 1975 les neuf RH-53A furent retransformés au standard CH-53A et versés à une unité d’entraînement et de transformation opérationnelle de l’US Marines Corps.

Dans les années 1970 les biturbines Sikorsky RH-53D Sea Stallion étaient les plus gros hélicoptères jamais employés à partir d’un porte-avions de l’US Navy. Ils en assuraient la protection anti-mines. Un rôle ingrat et finalement très peu médiatisé. Mais cela allait vite changer.

Au matin du 4 novembre 1979 environ 400 manifestants, majoritairement de jeunes hommes, prirent d’assaut l’ambassade des États-Unis à Téhéran. Ils réussirent à repousser les soldats américains la protégeant et entamèrent son occupation. On appelle cela la crise des otages. La captivité des cinquante-deux diplomates et civils américains allait durer 444 jours, un bras de fer entre la jeune république islamique d’Iran et les tous puissants États-Unis. Le Président des États-Unis Jimmy Carter ordonna une opération militaire visant à leur sauvetage et à leur évacuation. On l’appela Eagle Claw, la serre d’aigle en français.

Huit des trente RH-53D Sea Stallion furent employés à cette occasion entre le 24 et le 25 avril, et pas du tout comme hélicoptères anti-mines. Repeints à la va-vite en camouflage sable, débarrassés de leurs marquages américains, ils décollèrent du porte-avions USS Nimitz avec à leur bord des forces spéciales américaines à destination d’un point situé à une soixantaine de kilomètres de Téhéran. Sauf qu’en chemin l’un d’entre eux connut une grave panne mécanique et dut se poser en plein désert sans avoir la possibilité de redécoller tandis qu’un autre fit demi-tour et retourna à bord du porte-avions suite à des défaillances liés à l’ingestion de poussières du désert. Au fur et à mesure que l’opération Eagle Claw progressait les galères techniques sur les RH-53D s’accumulaient obligeant là encore à l’abandon en Iran d’appareils. Six Sea Stallion furent ainsi laissés sur place.
Finalement l’opération fut un phénoménal fiasco. C’est par la voie diplomatique que les citoyens américains furent ensuite libérés.

Les enseignements d’Eagle Claw furent rapides. Primo il n’y avait pas assez d’hélicoptères engagés, secundo le Sikorsky RH-53D Sea Stallion avait été pensé pour ne survoler que les flots et pas le désert et n’était donc pas doté de filtres adaptés sur ses moteurs, et tertio il n’y avait aucune interopérabilité entre les différentes unités engagées.
Après cela ils ne reprirent jamais part à des missions d’infiltrations de commandos et demeurèrent ce ce qu’ils étaient : des tueurs de mines.

Ironie de l’Histoire l’Iran était le seul pays au monde, en dehors des USA, à avoir acheté le Sikorsky RH-53D Sea Stallion autant comme hélicoptère de déminage mais aussi de transport d’assaut. C’était du temps de la monarchie iranienne, et six exemplaires avaient été achetés. Après la révolution islamique ils demeurèrent en dotation dans l’aéronavale iranienne, étant même renforcés par trois des six exemplaires abandonnés par les Américains et remis en état. Les autres servirent à la cannibalisation. Fin 2025 ils volaient encore sous la chatoyante livrée locale.

Les Sikorsky RH-53D Sea Stallion restèrent en service dans l’US Navy jusqu’à leur remplacement entre 1986 et 1988 par le MH-53E Sea Dragon nettement plus puissant et bien mieux équipé niveau avionique.
L’un d’entre eux est aujourd’hui préservé, mais non exposé, par l’US Naval Aviation Museum de Pensacola en Floride. Au printemps 2026 le RH-53D était officiellement encore en dotation dans les rangs iraniens, malgré qu’au moins deux aient été ciblés par les bombardements américains de l’opération Epic Fury.

 


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Photos du Sikorsky RH-53 Sea Stallion

Caractéristiques techniques

Modèle : Sikorsky RH-53D Sea Stallion
Envergure : 22.02 m diamètre du rotor principal
Longueur : 26.83 m
Hauteur : 7.59 m
Surface alaire : N.C.
Motorisation : 2 turbines General Electric T64-415
Puissance totale : 2 x 4380 ch.
Armement : aucun
Charge utile : Un catamaran Edo Mk-105
Poids en charge : 19050 kg
Vitesse max. : 315 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 6000 m
Distance max. : 3.5 Heure(s) en mission standard de déminage
Equipage : 5
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Profil couleur

Profil couleur du Sikorsky RH-53 Sea Stallion

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Sikorsky RH-53 Sea Stallion
Fiche éditée par
Image de Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du Sikorsky RH-53 Sea Stallion

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