Les carottes sont cuites pour les douze derniers Mikoyan-Gurevitch MiG-21 encore en service dans les rangs de l’aviation croate. Certains pourraient considérer que désormais la chasse croate entre dans la cour des grands ! Son état-major vient d’annoncer avoir sélectionné la proposition israélienne, tournant autour d’un nombre identique de General Dynamics F-16 Fighting Falcon. Il s’agira de dix monoplaces de combat et de deux biplaces de transformation opérationnelle.

C’est donc Israël qui tire son épingle du jeu du programme de modernisation de la chasse croate. Il faut dire qu’il est communément établi dans le monde entier que les avions de combat de Heyl Ha’Avir sont parmi les mieux entretenus. Un atout évident dans ce contrat.
Le pays était notamment en compétition avec des avions neufs : le F/A-50 Golden Eagle sud-coréen et le JAS 39 Gripen suédois.

Ces douze General Dynamics F-16 Fighting Falcon seront donc livrés entre la fin de l’année 2018 et le début 2019, après avoir été modernisés par Israel Aircraft Industries. Le contrat ayant engagé notamment l’US Air Force le Congrès américain ne pourra pas s’opposer à l’exportation de ces monoréacteurs. D’autant que ce contrat s’inscrit dans le cadre du renouvellement des matériels militaires lié à l’entrée de la Croatie dans l’OTAN. Les Israéliens doivent également livrer des armements comme des missiles air-air AIM-9 Sidewinder et AIM-120 AMRAAM ainsi que des bombes à guidage laser et des missiles air-sol de factures locales.

Ce contrat va permettre aux pilotes croates de voler sur des avions dotés de la fameuse liaison 16, permettant de mettre en relation tous les avions de l’OTAN. Pour autant peu de risques de voir ces avions engagés dans des missions de soutien type Baltic Air Policing, les moyens de combat croates étant encore jugés trop faibles pour cela. Néanmoins ces pilotes pourront participer ponctuellement à des missions dans la zone méditerranéenne aux côtés des forces françaises, grecques, ou italiennes.

Photo © Wikimédia Commons.

 

10 COMMENTAIRES

  1. Avion d’occasion plus ou moins accessibles aux budgets les plus modestes, ok, mais qu’en est il derrière des coûts de MCO ? au final ne seront ils pas plus chères que des avions neufs qui auraient relativement moins besoin de pièce de rechanges et de révision sur du plus ou moins court terme?
    Est ce vraiment une bonne alternative pour les forces aux budgets modestes ou s’agit il plus d’une solution à plutôt court terme ?

    • Je suis de votre avis. Court terme, mais surtout volonté de se rapprocher rapidement et ostensiblement de l’OTAN comme on en voit croitre les envies dans les ex-républiques soviétiques, à l’instar de la Roumanie qui elle aussi a acquis 12 F16A-MLU (ex-Portugais).

      Cependant, l’acquisition d’appareils de seconde main n’est pas selon moi la solution la plus adaptée quand il s’agit de pays d’Europe à modestes moyens ET besoins. Je reprends chaque fois l’exemple à mon sens très pertinent de la République Tchèque qui loue ses 14 Gripen de première ligne à la Suède jusqu’en 2027,, et aligne parallèlement une trentaine de L39/159 locaux pour l’entrainement et l’attaque légère. C’est une solution plus souple qu’un achat, compatible OTAN, et qui favorise l’Europe de la défense.

      • Location ? ca me fait encore plus me poser des questions, genre ;
        Est ce que ca comprend les munitions qui vont avec ? si oui, de quel genre ?
        est ce vraiment moins coûteux ? quelqu’un aurait des chiffre pour comparer ?
        comment se gère le MCO ?
        que se passe t’il si les avions doivent aller au feu ? il leur faudra une autorisation du proprio ? que se passe t’il s’il y a des pertes ?

        • Hé bien d’après les infos que j’ai pu glaner suite à vos interrogations, le contrat initial de la république Tchèque (2005-2015) pour les 14 appareils (MCO / pièces / formation du personnel comprises) s’élevait à un peu moins d’un milliard de dollars (soit 100 millions par an, dont 53 millions pour les appareils seuls -info intéressante). Armement acheté par contre séparément : 100 missiles AIM-9L/M, et 24 AIM-120C.
          La reconduction pour 12 ans (2015-2027) se monte à 76 millions par an, avec upgrades des appareils, notamment évolution du logiciel, du radar et adaptation de la liaison 16. Il est fait mention de l’addition de nouveaux armements air-sol avec un pod de désignation, vraisemblablement de la GBU et/ou de l’AGM65, et possibilité d’emporter les missiles IRIS-T et Meteor (sous couvert d’un achat, évidemment).

          A l’achat, un Gripen s’élève entre 30 et 60 millions de dollars pièce. Ce qui donnerait une fourchette de 420-840 millions pour les seuls appareils, tous coûts annexes exclus. Bon, évidemment les contrats d’achat sont plus globaux, et incluent de la maintenance / formation. Mais si l’on reprend l’information citée précédemment qui place les faux-frais annexes du contrat de location (MCO / pièces / upgrades / personnel) à 45-50millions par an, il faudrait de fait ajouter au minimum 450-500 millions à un hypothétique contrat à l’achat des appareils sur les 10 ans, et 540-600 millions pour les 12 années supplémentaires. C’est empirique hein, je vous l’accorde, mais ça donne un ordre d’idée. Nul doute donc que le gouvernement Tchèque a fait ses calculs, et que la solution de la location était plus avantageuse.

          J’avais complètement oublié la Hongrie qui a souscrit le même contrat (14 appareils, mais deux perdus en accident ; la Suède a remplacé gracieusement le biplace perdu mais pas le monoplace). Mais contrairement à la République Tchèque, la Hongrie sera propriétaire des appareil à la fin du contrat (ce qui est un sacré plus soit dit en passant).

          Les termes plus « politiques » du contrat Tchèque ne sont pas énoncés, notamment sur les épineuses questions de responsabilité, mais vous avez raison de les soulever. Selon toute vraisemblance, comme l’armement est acheté contrairement aux avions qui eux sont loués, la responsabilité d’un tir incombe au pays propriétaire de l’armement. La Suède, pays neutre devant l’éternel, a bien dû réfléchir à cela !
          Petite digression, mais je m’interrogeais d’une manière similaire il y a quelques mois sur la capacité réelle d’intervention de la mission Baltic, le protocole d’une interception « chaude » et les conséquences internationales, puisque ce sont des appareils étrangers (pilotes / avions / armement) qui assurent la police du ciel de pays tiers. Qui décide ?! 🙂

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom