Même si beaucoup s’accordent sur une prochaine commande de vingt à vingt-cinq exemplaires du Pilatus PC-21, reste que le monoturbopropulseur suisse ne pourra pas pleinement remplacer les Alpha Jet E dans tous les domaines de vol de l’entraînement intermédiaire et avancé des futurs pilotes de combat français. En effet comment justifier que les futurs pilotes soient transformés sur autre chose qu’un avion à réaction ? Et du coup la solution est peut-être à aller chercher de l’autre côté de l’Atlantique, chez Boeing, Lockheed-Martin, ou Northrop-Grumman. Il faut dire que dans le cadre du programme T-X lancé par le Pentagone ces trois constructeurs se sont lancés dans le développement d’avions plus ou moins nouveaux.

Plus ou moins car si Boeing et Northrop-Grumman ont décidé de construire à partir de zéro des machines nouvelles, les ingénieurs de chez Lockheed-Martin se sont beaucoup moins foulés le poignet (et les neurones) en décidant de rafraichir et d’américaniser le F/A-50 Golden Eagle sud-coréen.

Donc dans le cas des deux autres il s’agit pour le coup d’une petite révolution, l’industrie aéronautique américaine n’ayant pas accouchée d’autant d’avions différents depuis des années. Entre le superbe Boeing T-X et le plus traditionnel Northrop-Grumman Model 400 le choix est bien là. Les autres compétiteurs sont, disons-le clairement nettement plus ternes.
Pour la forme rappelons que le programme T-X vise rien moins que le remplacement des vieux Northrop T-38 Talon, ceux-là même qui aux États-Unis remplissent les mêmes fonctions que les Alpha Jet E français. À l’exception bien sûr de la présentation officielle, les Thunderbirds volants actuellement sur F-16 Fighting Falcon.

Alors les décideurs du ministère de la défense mais aussi les généraux de l’Armée de l’Air seraient bien inspirés, si ce n’est déjà fait de regarder de plus près ces deux nouvelles machines réalisées par deux des avionneurs les plus importants du moment.
Bon cependant le Boeing T-X et le Northrop-Grumman Model 400 ont tous deux un gros inconvénient vis à vis de leurs potentiels adversaires européens : ils n’ont pas encore volé. Ce que les Aero Vodochody L-59 tchèques, Alenia-Aermacchi M346 italiens, et BAe Hawk britanniques font depuis longtemps. Depuis très longtemps même pour ce dernier si on retient que la cellule fut conçue par Hawker-Siddeley et qu’il a été pendant vingt-cinq ans le grand concurrent à l’export de l’avion franco-allemand qu’il pourrait remplacer.

Alors un mix entre Pilatus PC-21 et jets pourrait bien être la solution au remplacement désormais nécessaire des Alpha Jet E. Sachons notamment que Boeing a un atout dans sa manche : son avion d’entraînement a été conçu conjointement avec l’avionneur suédois Saab, de quoi raviver la fibre européenne chez certains responsables politiques du vieux continent. Juste au cas où l’avion ne serait pas acquis par l’US Air Force il pourrait l’être par des pays européens dont la France.
Même si en ce moment les relations entre Stockholm et Paris ne sont pas au beau fixe. En cause la crise dans le monde de l’industrie de défense autour de la restructuration de Renault Trucks Défense qui doit bientôt quitter le giron du groupe suédois Volvo, pour peut-être rejoindre le groupe franco-allemand KMW-Nexter.

Au final je vous l’accorde cet possibilité que l’Armée de l’Air veuille acquérir des jets d’entraînement, en sus des Pilatus PC-21, demeure très hypothétique. Cependant pour permettre une parfaite transformation opérationnelle vers les Dassault Rafale B, cela semble quasiment une obligation.
Je vois mal nos jeunes macaronnés franchir le pas directement sur avion d’arme depuis un monoturbopropulseur ou même passer uniquement par le simulateur de vol.

Restera ensuite une dernière étape : trouver une nouvelle monture à la Patrouille de France.

Photo © Boeing Company.

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27 COMMENTAIRES

  1. C’est une bonne question, sachant que la plupart de ceux qui retiennent le PC-21 panachent aussi avec des jets… Il est peut-être judicieux de conserver une capacité réacteur, surtout dans le cadre du plan avec deux cercles de pilotes… En programmant des heures de vol sur réacteurs aux pilotes du 2ème cercle en plus des heures sur PC-21 qui peut effectivement simuler le système d’arme du Rafale.
    Les sensations réacteurs n’étant pas les même que sur turboprop…

  2. Bonjour, Pourquoi ne pas faire un Rafale light vider de l ensemble de ses armes juste pour l enseignement, et le renforcer au besoin pour qu il réalise plus de cycle! En plus Il existe déjà en version biplace . Sachant que à thermes il n y aura que des rafales dans nos Armée.

    • Enlever les armes d’un avion de chasse (quoique l’entraînement aux tirs d’armement fait aussi partie de la formation) ne change pas beaucoup le coût de l’heure de vol qui devrait être sensiblement moindre pour un avion d’entraînement

  3. Je trouve que le mieux serait de choisir le M346, un fabrican européen qui plus est un allié proche et en plus il est déjà bien présent dans plusieurs autres armée du coup il est éprouvé contrairement aux prototypes américain.

  4. Le M346 est (à mon avis) le meilleur choix, construit par un allié proche et européen ,il est déjà éprouvé contrairement aux projets américain.En plus il peut être armé (aller savoir dans une optique de rentabilisation).

  5. Le TX de Boeing est très très beau :-)) . pour moi c’est lui qu’il nous faut ( j’espère qu’il n’est pas trop chère). Dommage que l’Europe de la défense et de l’industrie n’est pas une solution équivalente à proposer ( haaa l’Europe mais c’est un autre débat).

    • Le M346 est un vrai concurrent européen , en plus il est très beau le TX mais il a pas encore volé, le M346 est éprouvé,ce que dommage c’est qu’un projet d’avion d’entrainement européen( piloté par airbus, Dassault à l’image du prochain MALE européen) aurait été une bonne idée.

      • L’italie est en effet un bon partenaire dans les programmes militaires conjoints.
        Autre avantage du m346: il peut être armé (7 points durs) de bombes lasers, roquettes, pod canon, etc. Ce qui en plus de l’entrainement avancé et de la PAF pourrait nous rendre service dans des conflits de faible intensité comme par ex. les dernieres opex en Afrique…

    • Oui mais ne risque t-il pas d’avoir la maladie qu’atrappe tous les programmes américains, au fil du développement il devient très très cher.

      • Ça seul l’avenir nous le dira, mais à l’instar de Northrop-Grumman Boeing s’est engagé sur la voie d’un avion permettant de réduire au maximum les coûts d’ingénierie et de production. La mésaventure du Lightning II les a sûrement échaudé.

  6. A default d’appareil français, la solution du Boeing T-X semble correct même en présence de concurrent européen (en plus il est beau le T-X). Le PC-21 est un bon appareil d’entrainement mais du fait de son turbopropulseur il serrait judicieux d’avoir le PC-21 et/ou un jet d’entrainement pour une meilleur transition.

    Pour la situation de la PAF je vois mal la Patrouille de France sur des appareils autres que français ne serait ce que symboliquement. Les Blue Angels, les Thunderbirds ou encore les Russian Knights son équipé de F-18, F-16 et de Su-27 trois jets de classe mach 2. La France pourrait en faire autant en remplaçant les Alpha jet par des Mirage 2000, Mirage F-1 ou par des SEM (il nous reste encore sous cocon des F-1 et SEM).

    A moins que Dassault fasse revivre le Fouga 90 :
    https://www.google.fr/search?q=fm90+fouga&espv=2&biw=1920&bih=950&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjKmd7G4NfQAhVH1hoKHc44ABcQ_AUIBygC#tbm=isch&q=fouga+90

    • Bonjour,

      le Fouga 90 a fait son premier vol en 1978. Le Mirage 2000 est en fin de vie. Les F1 et SEM viennent de sortir des escadrilles… Pensez-vous réellement que ces jets obsolètes soient de bons candidats pour l’avenir de la PAF ?

      Frédéric A.

  7. La question « pourquoi chez nous, on n’a pas un programme de ce type » revient assez régulièrement
    Pour des pays comme les USA oh la Chine, le marché intérieur est suffisant pour rentabiliser un programme avion, l’export est un bonus.
    De nos jours, dans un aéronef militaire et en particulier avion de chasse, le système (communication, navigation, armement) possède un niveau de sophistication tel que sa maîtrise par le pilote est primordiale pour l’exécution de la mission et ce malgré la présence d’une automatisation. Le pilotage reste important mais son importance dans la mission est grignotée. D’autre part, les simulateurs de vol ont de leur côté progressé aussi et en France, nous disposons de Rafale biplaces (contrairement à un certain chasseur nommé Éclair), nos élèves pilotes pourront faire la transition PC-21 vers Rafale sans trop de risques.

    • Salut James!
      Ton commentaire est parfairtement lucide. C’est plus un système d’arme qu’il faut apprendre à maîtriser, tout sur le Rafale est orienté sur l’exécution de la mission.
      Ceci dit, les turboprop type PC-21 ont des domaines de vols assez appréciables, il y a moyen de se faire plaisir! 😉

      Mon coeur me dit juste: et la PAF?

      Peut-être que quelques Alphajet seront prolongés?

      • Salut Jolindien, camarade blogueur! :o)
        Oui, j’ai entendu que certains turboprop ont un comportement très proche du jet.
        Pour la PAF, il faudrait un avion, très bon en basses vitesses, en accélération et précis en pilotage…à la manière d’un F1 (la formule, pas l’oiseau)
        Je pense qu’on peut encore prolonger les Gadjet mais tout dépend de ce qu’il reste du parc, pour la cannibalisation.

  8. Le m346 étant un dérivé du yak130, peut être c’est pour cela qu’il n’a pas la faveur de certains décideurs? (pur supposition, mais bon)

    • il n’y a que l’extérieur/structure qui soit commune, tout le reste est propre à chaque constructeur.

    • Il n’a pas été oublié, simplement le Mako n’existe plus donc il a (très) peu de chance d’être sélectionné par la France.

  9. Alors que l’on reproche à la Pologne de ne pas jouer le jeu de l’Europe avec ses récentes commandes d’hélicoptères et futures commandes de missiles, il serait plutôt malvenu de se tourner vers Boeing ou Northrop-Grumman pour un jet d’entraînement, sachant que le M-346 n’a rien à envier aux projets américains, au contraire, il est déjà éprouvé dans différentes armées de l’air…

    • Je suis tout à fait d’accord avec votre post: a l’heure ou l’Europe semble  » enfin  » bouger pour son industrie de defense et que nous meme avons reproché, à juste titre me semble t il, à la Pologne de se tourner systématiquement vers l’industrie US pour ses armées, et qu’en plus les américains se livrent à une guerre impitoyable contre nos industries, il serait malvenu, ayant un prétendant europeen valable et immédiatement disponible de commander l’avion de Boeing.

  10. Je suis tout à fait d’accord avec votre post: a l’heure ou l’Europe semble  » enfin » se préoccuper de son industrie de defense, à l’heure où nous même reprochons, à juste titre me semblent il, à la Pologne de systématiquement se tourner vers l’industrie US pour équiper ses armées, il serait malvenu de commander l’avion de Boeing.
    De plus les industrie US siphonnent littéralement les budgets militaires européens.
    Il existe un avion Europeen immédiatement disponible et fiable auprès d’un partenaire régulier de nos industriels.
    Aussi, si le besoin s’en fait sentir, c’est d’abord vers lui qu’il faudrait se tourner.

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