Au moins les objectifs des Italiens concernant les plus récents de leurs avions de combat sont clairs, nets, et précis : ils les veulent omnirôles ! Depuis ce vendredi 8 février 2019 six Lockheed-Martin F-35A Lightning II sont déployés sur la base aérienne de Decimomannu dans le sud de la Sardaigne afin d’y subir une batterie d’essais d’armements divers et variés. Dans toutes les conditions possibles ces avions vont emporter et tirer toute une gamme de munitions air-sol. Une manière aussi pour eux de faire taire les mauvaises langues qui prétendent que ce nouvel avion serait inférieur tactiquement à son prédécesseur.

Et force est de constater que pour ce second déploiement en moins d’un an au RSSTA (pour Reparto Sperimentale e di Standardizzazione Tiro Aereo, c’est à dire le service de normalisation du tir expérimental et aérien) les décideurs de l’Aeronautica Militare n’y sont pas allés de main morte. Sur les dix Lockheed-Martin F-35A Lightning II en dotation, six sont présent dans le sud de la Sardaigne.
Pour mémoire l’aviation italienne entretient deux exemplaires aux États-Unis à Luke AFB pour des missions d’entraînement avancé tandis que les huit autres sont stationnés à Amendola sur la côte adriatique. Ils sont d’ailleurs opérationnels depuis quelques semaines déjà.

Mais alors que vont-ils faire réellement pendant ces trois mois à venir en Sardaigne hormis goûter au climat particulièrement privilégié de cette île ? Eh bien en fait les pilotes et leurs machines vont être soumis à un rythme de vols particulièrement soutenu. De jour comme de nuit ils devront enchaîner les exercices de tirs air-sol. Des bombes à guidage laser et/ou GPS aux plus classiques missiles air-sol, y compris anti-radars, en passant aussi par les plus rares désormais bombes lisses. Même des tirs de roquettes sont prévus. L’idée des généraux italiens est de faire de leurs F-35A Lightning II les premiers avions en service en Europe en dehors de la France qui soient catégorisés comme omnirôles. Aujourd’hui dans le monde seuls les Dassault Aviation Rafale de l’Armée de l’Air et de la Marine Nationale ont cette compétence si spécifique !
Nos alliés britanniques prétendent pouvoir y arriver avec leurs Eurofighter Typhoon FGR Mk-4 d’ici quelques mois, mais pour l’instant ils sont encore à la peine dans ce domaine.

Dans le même temps les pilotes des F-35A Lightning II italiens vont s’exercer dans un environnement très guerrier, volant de conserve avec plusieurs autres modèles d’avions en service dans l’Aeronautica Militare. Il est ainsi prévu de les engager aux côtés d’avions de reconnaissance Gulfstream G550CAEW ou encore d’un des deux Alenia C-27J Spartan II spécialement modifié pour la guerre électronique. Bien entendu un des Boeing KC-767 italiens sera particulièrement mis à contribution par l’Aeronautica Militare en soutien de ces exercices et tests.
La présence, au cours de la seconde moitié de ces trois mois d’entraînement et de tests intensifs, d’avions étrangers est annoncé par l’état-major italien sans pour autant avancer telle ou telle nationalité.

Pour mémoire les Lockheed-Martin F-35A doivent remplacer, en Italie, les Panavia Tornado IDS et ECR actuellement en dotation. Dans le cas de ces seconds avions c’est plus la capacité de destruction des radars et moyens de défense sol-air ennemis qui sera visé que celles de reconnaissance électronique et de brouillage. Le Lightning II n’a en effet pas été conçu pour de telles missions.
Les six avions ainsi que leurs pilotes et mécaniciens devraient repartir de Sardaigne au tout début du mois de mai.

Photo © Aeronautica Militare.

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8 COMMENTAIRES

  1. « Aujourd’hui dans le monde seuls les Dassault Aviation Rafale de l’Armée de l’Air et de la Marine Nationale ont cette compétence si spécifique ! » Je me suis toujours demandé ce qui empêcherait un Super Hornet, par exemple, d’être omnirôle. Faut-il installer un « ordinateur » différent? Est-ce que le pilote doit redémarrer quelque chose?

        • Probablement parce qu’ils ne peuvent être préparé que dans une configuration précise au décollage (air air, air sol), par changement d’armement ET d’équipements). J’avoue que je ne sais pas exactement pourquoi, mais pour moi, un multirôle nécessite un technicien au sol pour changer de config là ou un omnirôle n’a pas ce besoin là
          Après, quelle difficulté technique il y a de faire passer un multirôle à un omnirôle… Logiciel et matériel je dirais.

    • C’est très pratique pour l’exercice car (entre autres) c’est toujours instructif de savoir bombarder à vue aux instruments (jauger le vent, la balistique du projectile etc.), ça ne coûte pas cher du tout, et enfin ça a le poids / trainée de la bombe guidée équivalente donc cela permet aux pilotes de tester l’appareil en configuration « live » proche du réel.

      Pour ces raisons, maintes armées de l’air modernes utilisent les munitions non guidées à l’entrainement, car n’oubliez pas que les bombes guidées (type GBU / JDAM / A2SM) sont avant tout des corps de bombes lisses simplement « kités » avec un dispositif de guidage sophistiqué.
      En outre, pour des questions d’usage et de coûts, au cours des récents conflits dits asymétriques en A-stan et au Levant, on a observé un certain retour des munitions non guidées (bombes lisses, roquettes, canon) pour les appareils d’appui, côté OTAN comme russe. Dans un environnement aérien sûr sans DCA / SAM, les calculateurs modernes permettent un bien meilleur pourcentage de coup au but avec une munition non guidée lors d’ un léger piqué à basse altitude que par exemple du temps de Desert Storm ou du Vietnam, ça reste une alternative intéressante au tout-guidé.

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