On en plaisante souvent mais cela se vérifie assez fréquemment : les Chinois reproduisent les aéronefs qui fonctionnent bien. Depuis quelques années nous connaissions le discret Harbin Z-20 qui est en fait une copie hors licence, donc illégale, du Sikorsky UH-60 Blackhawk américain. Au cours des semaines qui viennent de s’écouler des informations ont fuitées via plusieurs médias anglophones sur une version de lutte anti-sous-marine actuellement en cours de développement. Il faut dire que dans ce domaine la marine chinoise est particulièrement pauvre.

Il s’appellerait Harbin Z-20F. Il s’agit en fait sans doute du premier véritable hélicoptère de lutte anti-sous-marine conçu en Chine depuis le Harbin Z-5K, une copie navalisée du Mil Mi-4. L’appareil soviétique avait cette fois été reproduit sous licence, c’est à dire avec l’assentiment de l’hélicoptériste d’origine. Mais toutes les versions du Z-5 ayant été retirés du service la marine chinoise se trouvait démunie. Car si le Harbin Z-9 est actuellement utilisé comme tel ce n’est pas exactement son rôle premier. Quant aux Changhe Z-8 ils sont plutôt utilisés pour les missions de recherches et de sauvetages en haute mer.
Une observateur avisé aura remarqué que ces deux dernières machines sont des copies plus ou moins légales d’hélicoptères français, respectivement le Dauphin 2 et le Super Frelon.

Mais alors ce Z-20F ne serait qu’une copie du Sikorsky MH-60R Seahawk ? Dans tous les cas non. S’il devait se rapprocher de l’hélicoptère américain il serait sans doute plus proche du SH-60B d’origine, celui aux standards des années 1980. D’abord parce que rien ne dit que les services de renseignement chinois aient pleinement réussi à mettre la main sur les plans et/ou données de l’appareil standard de l’US Navy, et ensuite parce que pas le moindre hélicoptère n’a pu être récupéré par les Chinois. Aucun Seahawk n’a été vendu à un allié de la Chine tandis que pas le moindre hélicoptère n’a été récemment perdu dans une zone sous influence de Pékin.
Il ne s’agit donc pas de rétro-ingénierie.

Alors oui en 1983, avant le durcissement des relations sino-américaines après les évènements de Tienanmen, les États-Unis ont bel et bien vendu un lot d’une vingtaine de S-70C civils utilisés par les militaires chinois. C’est d’ailleurs à partir de ceux-ci que le Harbin Z-20 a été conçu, et est clairement vu comme une copie acceptable du Sikorsky UH-60 Blackhawk. Sauf que ces hélicoptères américains arrivés en Chine en 1984 ont désormais 35 ans, leur motorisation et leur avionique aussi.

Or chacun sait parmi les experts et passionnés d’aviation que la motorisation ce n’est vraiment pas le fort des ingénieurs chinois. Ils sont souvent obligés d’avoir recours à des contrats d’achat auprès de motoristes américains, européens, ou plus fréquemment russes.
Sa propulsion serait assurée par deux turbines Wo Zhou WZ-9 indigènes, des moteurs développées avec la Russie à l’origine pour l’hélicoptère de combat WZ-10. Néanmoins il n’est pas impossible que des turbines russes puissent servir sur le Z-20F naval.

Et niveau avionique alors là c’est le grand flou. La seule image valable (voire ci-dessous) ne laisse pas présager de gros moyens de détection anti-sous-marins. Aucun sonar plongeant n’est visible, un détecteur d’anomalie magnétique semble bien apparaitre mais il ne semble pas assez gros pour être suffisance face aux submersibles américains ou européens. Mais clairement il ressemble vraiment à un Seahawk !

Oui le Harbin Z-20F ressemble beaucoup au Seahawk américain !

Aujourd’hui la plus part des experts s’accordent à dire que si le Harbin Z-20F doit entrer en service opérationnel ça ne sera pas avant 2021 ou 2022 au plus tôt. Mais à ce moment là il donnera un peu de punch à une aéronavale chinoise qui en a bien besoin. Enfin à condition que ses qualités soient aux niveaux des espérances.

Photos © Keypublishing.

 

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