C’est un contrat majeur pour la défense américaine mais pourtant passé totalement inaperçu outre-Atlantique. Ce lundi 25 novembre 2019 le Pentagone a signé un accord avec le motoriste General Electric portant sur les turbines T700 qui animent la totalité des hélicoptères dérivés du Sikorsky S-70. Il s’agit pour les généraux et décideurs politiques de Washington de rajeunir celles-ci et ainsi de maintenir un taux de disponibilité raisonnable de ces aéronefs. D’une arme à l’autre et suivant les modèles celui-ci oscille entre 35 et 80%.

Depuis son apparition au milieu des années 1970 la turbine General Electric T700 a été intimement liée au Sikorsky UH-60 Blackhawk. En effet elle équipe toutes les versions et sous-versions de cette machine de transport et de manœuvres, y compris par exemple le SH-60 Seahawk de combat maritime et ses dérivés.
Les versions les plus spécifiques comme celles destinées aux infiltrations-exfiltrations de forces spéciales ou encore aux liaisons présidentielles ne font pas exception.

Ce contrat doit courir du 31 décembre 2019 au 31 décembre 2024, soit une période de cinq ans. D’un montant d’environ 1.3 milliards de dollars US (soit environ 1.2 milliards d’euros) il est alloué à 75% à la flotte des hélicoptères de la famille H-60. Le reste concerne les AH-64D/E Apache de l’US Army, les AH-1Z Viper et UH-1Y Venom de l’US Marines Corps, et les machines civiles louées auprès de contractors. Particularité notable de ce contrat : même les futurs VH-92A Superhawk actuellement en cours de tests sont concernés par le chantier. Ils sont propulsés par des CT7, la version commerciale du T700.

C’est donc avant tout bel et bien les hélicoptères dérivés du Blackhawk et du Seahawk qui sont visés par ce programme. Un audit commandé en 2017 par le Pentagone avait démontré que le taux de disponibilité opérationnelle sur le sol américain de ces appareils était très irrégulier. Entre un UH-60L Blackhawk de l’US Army et un MH-60T Jayhawk de l’US Coast Guard cela allait de 55 à 80%. Et dans le premier des cas il pouvait chuter à 35% pour les hélicoptères engagés en opérations extérieures. Certes les mécanos de la garde côtière ont sans doute plus de possibilités et de temps pour bichonner leurs machines que leurs collègues de l’armée mais cela n’explique pas tout.
Cette même étude avait démontré que logiquement c’était les hélicoptères employés dans un environnement salin, donc les appareils de l’US Navy et de l’US Coast Guard, qui souffraient le plus au niveau de la motorisation. Mais dans le même temps les HH-60G Pave Hawk de l’US Air Force étaient eux-aussi particulièrement impactés en raison de leur fréquente mise à disposition des autorités civiles pour des missions de sauvetages.

MH-60T Jayhawk de l’US Coast Guard en opération au-dessus du rivage américain.

C’est pourquoi la décision de signer ce contrat a été prise. En effet le successeur du Blackhawk ne sera pas connu avant plusieurs années encore. Il n’entrera donc vraisemblablement pas en service avant au plus tôt la fin de la prochaine décennie, et encore uniquement pour les premiers exemplaires de série. Les machines aujourd’hui en dotation doivent de ce fait encore tenir bons !
Le S-70 est aujourd’hui le seul modèle d’aéronef en service conjointement dans les cinq armes américaines.

Photos © US Department of Defense.

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2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Je n’ai pas bien compris l’objet de ce contrat est-ce de développer une nouvelle version du T700 pouvant mieux résister aux aléas ou est ce de concevoir un nouveau moteur ex-nihilo ?

    Cordialement.

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