L’affaire du 737 Max n’en finit plus de pourrir l’année 2019 pour l’avionneur de Seattle. En une semaine deux des principaux acteurs de ce psychodrame aéronautique ont été littéralement poussé vers la sortie par Boeing. En premier lieu son propre patron remplacé par l’actuel président de son conseil d’administration, et en second lieu c’est son conseiller juridique spécial qui va goûter à une retraite… précoce. Mais comme on est dans le monde de la haute finance on ne parle pas de limogeage mais de démission, c’est plus classe !

Le résultat est cependant le même : des têtes tombent. Bon honnêtement celle de Dennis Muilenburg ne tenait plus vraiment depuis sa désastreuse audition devant les parlementaires américains. Et surtout son conseil d’administration grattait à sa porte pour obtenir depuis plusieurs semaines sa démission. Ça a été fait l’avant-veille de Noël puisque ce lundi 23 décembre 2019 Muilenburg l’a présenté. Évidemment elle a été accepté immédiatement.
Et c’est donc David Calhoun, 62 ans, qui va lui succéder. L’homme d’affaire présidait le conseil d’administration depuis quelques semaines seulement. Hormis un passage éclair à la direction du motoriste General Electric c’est un pur financier peu rompu aux questions d’ingénierie aéronautique. Grosse différence avec son prédécesseur, mais peut-être est-ce là le profil désormais recherché par Boeing.

L’autre «démission» n’est pas plus surprenante, elle est plus inattendue dans le temps. Elle concerne Mike Luttig, l’ex directeur juridique de l’avionneur. Il était devenu depuis le début de la crise du 737 Max le principal négociateur avec les compagnies aériennes mais également avec l’administration fédérale américaine et l’ensemble des aviations civiles dans le monde. L’ancien juge assesseur de la cour suprême des États-Unis avait certes eu quelques paroles malheureuses mais rien qui pouvait laisser croire à sa retraite anticipée. Car à 65 ans c’est bien là qu’il est poussé par le conseil d’administration de Boeing. Ce proche du clan Bush n’a jamais caché son étonnement dans le silence de la Maison Blanche autour du dossier très diplomatique du 737 Max, Donald Trump ne saurait t-il donc plus comment on tweete dès lors que cela concerne Boeing ?

Plusieurs observateurs ont cru apercevoir dans la démission de Muilenburg l’échec récent de l’arrimage à la station spatiale internationale du module Boeing Starliner. Mais c’est finalement bel et bien le drame autour des deux écrasements de Lion Air puis d’Ethiopian Airlines, et enfin la découverte du scandale 737 Max qui ont eu raison de lui. Sans quoi Luttig serait sans doute encore à sa place.
L’année 2019 n’est pas finie. Certains doivent encore sans doute se cramponner à leur siège, il est si aisément éjectable dans l’aéronautique.

Photo © Boeing Company.

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Quand je vois le montant du parachute doré du CEO, je veux bien être limogé demain aux mêmes conditions, mais quand je compare avec le montant des indemnités prévues pour les victimes des deux crashs, j’ai surtout envie de vomir…..

  2. Ne pas oublier que la démission de Dennis Muilenburg est arrivée quelques heures avant la remise par Boeing de documents au Congrès américain qui sont décrits comme accablants pour le constructeur aéronautique.

  3. Vous rêvez de parachute doré, alors Messieurs, il fallait faire de sérieuses études aux USA entrer chez Boeing comme ingénieure ou juriste, voire passer par la maison blanche, dans tous les cas de figure être diplômé de grande université est impératif, vu le coût de ces études, ils n’ont pas le temps de faire comme nos étudiants la fête et de jolie manif avec moult dégâts au mobilier urbain et privatif.

    Arnaud surtout ne changé rien à vos méthodes de travail, votre site est une référence tout comme l’est dans une autre position Air et Cosmos.

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