Le (mince) suspens aura été de courte durée. Alors que les dirigeants de la France et du G5 Sahel étaient réunis ce lundi 13 janvier 2020 pour un sommet extraordinaire à Pau il a été décidé de maintenir l’opération Barkhane, et même de sensiblement la renforcer. Dans le même temps on apprend que la Maison Blanche a choisi d’alléger la présence militaire américaine dans la région, un coup dur pour la logistique française. Entre effets d’annonce élyséens et réalités du terrain nos combattants sont pris en étau.

Le drone Reaper, au cœur du dispositif français de Barkhane.

Le choix du chef-lieu des Pyrénées-Atlantiques afin d’accueillir ce sommet n’avait rien de hasardeux. C’est en effet de Pau que venaient plusieurs victimes de la collision des deux hélicoptères français il y a quelques semaines au Mali. Sans compter que le maire de la ville est un très proche du Président de la République Emmanuel Macron.
Autant dire que la France a chouchouté ses alliés du G5 Sahel (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad) et que ceux-ci ont su rendre la pareille à l’ancienne puissance coloniale. La France reste partout dans la région. Aucun des pays n’a sollicité le départ des troupes françaises de l’opération Barkhane. Les avions, drones, et hélicoptères frappés de la cocarde tricolore continueront encore donc à sillonner les cieux sahéliens.

Face aux forces franco-africaines et à leurs aéronefs on trouve donc un myriade de groupes terroristes armés. Une demi-douzaine d’organisations djihadistes plus ou moins affiliées aux nébuleuses Al-Qaïda et Daech coordonnent tout ce petit monde. Et forcément entre-eux ils arrivent même à se taper dessus. Les querelles de clochers existent ailleurs que chez Gabriel Chevallier. Mais pour affronter toutes ces factions pseudos-religieuses l’aéronef demeure essentiel, et en premier lieu l’hélicoptère. Le G5 Sahel représente un territoire gigantesque, comparable à l’Union Européenne. Même si la France est en première ligne elle peut faire confiance à un (faible) contingent allié axé autour de trois pays : Danemark, Estonie, et Royaume-Uni. Ce dernier notamment a déployé depuis plusieurs mois un poignée d’hélicoptères Chinook destinée au transport de troupes.

Alors que Paris annonce l’envoi de 220 combattants supplémentaires, en plus de 4500 femmes et hommes déjà présents dans la région, la mauvaise nouvelle est venue de Washington. Donald Trump a décidé de revoir sa copie sur la présence militaire américaine en Afrique sud-saharienne. Or les forces américaines assurent une partie du soutien logistique de la force Barkhane. Leurs avions-cargos Boeing C-17A Globemaster III et dans une moindre mesure Lockheed-Martin C-130J Super Hercules sont souvent mis à contribution afin de faciliter les déplacements des forces françaises et de leur matériel. Ils permettent ainsi de combler les vides bien connus dans notre Armée de l’Air, et ce malgré la présence régulière au Sahel des A400M Atlas.

La réalité de Barkhane : un hélicoptère français SA.330 Puma chargé à bord d’un C-17A Globemaster III de l’US Air Force.

Pourtant tout n’est pas rose pour nos militaires engagés dans cette action anti-terroriste majeure. Ils sont souvent taxés de néo-colonialisme par les populations locales. Et des manifestations de plus en plus régulières et parfois assez virulentes ont lieu au Mali et en Mauritanie pour dénoncer la présence française. Beaucoup d’experts y voient la main de la Chine et surtout de la Russie. Non pas que Moscou veuille en finir avec le terrorisme djihadiste dans cette partie du monde, c’est plutôt l’immense richesse du sous-sol malien qui intéresse le Kremlin. Nos soldats se retrouvent donc le cul entre deux chaises, et malgré cela ils doivent continuer à protéger les populations locales africaines mais également européennes. Car on ne le dira jamais assez : ces groupes terroristes armés forment l’ossature doctrinale et militaire des fous qui viennent mitrailler et se faire exploser à nos terrasses de cafés, sur nos marchés de Noël, ou encore dans nos musées.

Photos © Ministère des Armées.

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2 COMMENTAIRES

  1. Il faut quitter l’Afrique et nous laisser entre Africains, la colonisation des blancs c’est fini.

    Très Cordialement
    Mr Jean Maurice Pambou
    Conseiller technique de monsieur le consul général du Cameroun à Paris.

    • Ne parlez pas de « colonisation des blancs », c’est indigne de la rue d’Auteuil où vous prétendez travailler monsieur Pambou.

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