A-10C Thunderbolt II, l’arme aérienne de Donald Trump dans le détroit d’Ormuz.

Officiellement le détroit d’Ormuz est désormais sous le strict contrôle de l’US Navy via les destroyers lance-missiles USS Frank E. Petersen Jr et USS Michael Murphy. Bien que chacun embarque deux hélicoptères de combat maritime Sikorsky MH-60R Seahawk cela ne représente pas une puissance de feu suffisante pour contraindre les forces navales ennemies. Aussi face à la dangerosité représentée par l’Islamic Republic of Iran Navy et surtout par l’élément naval des Pasdarans il a été décidé par l’US Department of War d’engager (de nouveau) les avions d’attaque Fairchild-Republic A-10C Thunderbolt II dans des missions de suppression du péril maritime. On est bien loin du pétage de tanks soviétiques pour lequel l’avion avait été conçu dans les années 1970.

Les pourparlers américano-iraniens ayant échoués au Pakistan on en revient à la guerre.
Et désormais le Président des États-Unis Donald Trump est en colère. Faut dire qu’il pensait régler l’affaire en quelques jours seulement et que l’opération Epic Fury dure depuis un mois et demi maintenant, avec de lourdes pertes à la clef. L’Amérique toute puissante aurait-elle perdu de sa superbe face à une Iran dont le locataire de la Maison-Blanche l’avait dit revenue à l’âge de pierre ?

Pour ne pas trop perdre la face il a ordonné à l’US Department of War de prendre le contrôle du très stratégique détroit d’Ormuz. Sur le papier c’est facile. Sur le terrain c’est une toute autre histoire.
D’abord le détroit d’Ormuz ce n’est pas la baie de Chesapeake, ça ne se contrôle pas comme ça ! Les deux pauvres destroyers lance-missiles et leurs équipages paraissent légers, malgré leur indiscutable puissance de feu, pour bloquer une voie navigable naturelle de 200 kilomètres sur 55 à 70 kilomètres de large empruntée quotidiennement par une floppée de supertankers. Tout ce qui sort d’Iran, d’Irak, du Koweït, et d’une partie de l’Arabie Saoudite passe par là. Des navires à la cargaison aussi précieuse pour l’économie mondiale que périlleuse pour l’environnement marin de la région. Les destroyers lance-missiles USS Frank E. Petersen Jr et USS Michael Murphy peuvent faire illusion mais ce n’est pas eux qui pourront tranquillement venir à bout des vedettes rapides et des mouilleurs de mines des deux forces navales iraniennes.

C’est là que le tueur de chars A-10C Thunderbolt II entre en scène. Lent, très manœuvrable, hyper précis dans son genre, et à la capacité destructrice hors du commun on se demande pourquoi les Américains n’ont pas pensé plus tôt à l’engager comme avion de lutte antinavire ? Particulièrement il n’emporte aucun missile destiné à frapper au-dessus de la ligne de flottaison. Ces armes n’appartiennent tout simplement pas à l’arsenal de l’US Air Force. Seule l’US Navy en possède et en met à disposition de l’US Marines Corps.
Alors les pilotes et armuriers des escadrilles de Warthog, le petit surnom affectueux de l’A-10C Thunderbolt II, font avec les moyens du bord. Et très honnêtement ils sont très adaptés.

On pense évidemment en premier lieu à son canon gatling Avenger de calibre 30 millimètres capable de cracher des obus en rafale et qui découpe à peu près n’importe quelle vedette iranienne. Souvent cette arme aussi destructrice qu’effrayante suffit à envoyer par le fond ces embarcations légères ; et ad patres leurs équipages. Si jamais cela n’est pas suffisant l’A-10C Thunderbolt II aligne des munitions aussi diverses et variées que les roquettes en paniers, les missiles AGM-65 Maverick, et bien sûr la toujours très appréciée bombe guidée laser GBU-12. Celle-ci est depuis un mois et demi réputée faire de gros trous dans les forces navales iraniennes ; au sens propre autant qu’au figuré.

Donald Trump compte donc s’appuyer sur ses Fairchild-Republic A-10C Thunderbolt II pour envoyer par le fond, sans autre forme de jugement, tout navire iranien qui tenterait de faire mine d’un peu de souveraineté sur ses propres eaux. Car rappelons que ni les États-Unis ni son allié Israël n’a le moindre mandat international pour assurer le blocus du détroit d’Ormuz. Au titre des textes de l’OMI, l’Organisation Maritime Internationale, relevant des Nations Unies, ce que fait l’US Navy depuis hier après-midi relève ni plus ni moins que de l’acte de piraterie.
Pete Hegseth interprète donc Long John Silver et Donald Trump Barbe Noire. Perso je préférais Peter Ustinov…

Plus sérieusement les États-Unis après l’échec pakistanais ne semblent pas enclins à jouer la carte de la désescalade au Proche et Moyen Orient. Et pendant ce temps le baril de pétrole continue de jouer une drôle de partie de yoyo, au grand dam des consommateurs du monde entier. Il monte bien plus qu’il ne baisse.

Affaire à suivre.

Photos © US Air Force


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

4 réponses

  1. J’admets être très partagé entre ma fascination un peu maladive pour la « laide beauté » formidablement destructrice de cette « efficienteffrayante » machine et l’idée qu’elle participe, comme le rappelle très justement Arnaud, à d’éventuelles actions de piraterie. Merci Arnaud de penser à citer ainsi ce qu’il reste du Droit International.
    Jamais compris non plus pourquoi il avait été prévu de la remplacer par le F-35.
    Et aussi, une pensée pour le (la)moustachu(e) qui gère la bête tout(e) seul(e) ! (même si j’imagine que l’avionique a dû être upgradée depuis la Guerre Froide, oui, même…). J’espère qu’on lui approche un escabeau de compèt’ pour descendre du cockpit au retour de mission !

    1. Vous avez mille fois raison, ces pilotes en ont une belle paire… Même protégés par un bouclier en titane sous leurs fesses, ils savent qu’ils ont toutes les chances de se faire salement canarder et pas par de la 22LR… Et penser à remplacer ce zinc inouï, rustique et construit comme un tank (pour dézinguer des tanks) par le fragile F35, il ne faut pas que ça tourne rond dans la calebasse de celui habité d’une telle « idée ». A l’heure où les armées de terre se reconstituent, la prolifération impressionnante des petites armes rustiques low cost (drones aériens, navals, terrestres) je m’autorise à penser que cet avion reste formidablement pertinent pour les années à venir. Et puis il n’est pas si lent que ça, >800 km/h quand même, on est plus très loin du régime transsonique avec une aile bien droite et sans profil supercritique…

      SL

      PS: j’aurai bien aimé que la France se soit équipée de quelques escadrons d’A10c…

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