L’information a de quoi surprendre. Ce lundi 3 février 2020 le gouvernement canadien a reconnu avoir délivré 160 autorisations de vol pour des avions de ligne Boeing 737 Max alors même que tous les appareils de ce type sont actuellement interdits de vol dans le monde. Il s’agit de vols intérieurs sans passager, à vocations logistiques. Une décision qui est observée de très près par les États-Unis et l’Europe.

Pour mémoire depuis maintenant onze mois aucun Boeing 737 Max ne vole plus dans le monde, suite à plusieurs décisions internationales de clouer au sol tous ces avions de ligne. En cause la découverte de graves failles dans le développement de cette machine et leur mise en cause dans les drames successifs de Lion Air et d’Ethiopian Airlines. N’oublions pas que ces deux catastrophes aériennes ont causé la mort de 346 personnes.

Pour autant dans beaucoup de pays le stationnement au sol de ces biréacteurs commerciaux pose de sérieux problèmes logistiques. Et dans le même temps à ne pas voler les avions s’usent, ils s’abiment. Or toutes les compagnies aériennes utilisatrices du Boeing 737 Max partent actuellement du principe que l’avion sera de nouveau autorisé à voler dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Les administrations d’aviations civiles sont dans la même réflexion.
Et c’est ce qui semble avoir motivé le Canada pour autoriser ces 160 plans de vols concernant des avions immatriculés dans le pays, ou plus marginalement immobilisés sur le sol canadien mais appartenant à des compagnies étrangères.

Et selon plusieurs médias nord-américains mais également européens ces vols auraient lieu depuis plusieurs mois, au nez et à la barbe des autorités aéronautiques internationales. Pour l’instant pourtant il n’y a aucune réaction officielle de l’OACI, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale. Ce qui n’est pas le cas des familles des victimes des deux crashs. Un Canadien, Chris Moore, dont la fille est morte dans l’accident d’Ethiopian Airlines a déclaré que pour lui c’était : «comme recevoir une gifle» de la part des autorités de son propre pays.

Car donc depuis au moins six mois des avions réalisent des vols, à vide, sans aucun passager d’une durée allant de quarante-cinq minutes à près de quatre heures. Majoritairement il s’agissait de déplacer des 737 Max entre des lieux d’entreposage et de maintenance. Pourtant Air Canada a reconnu que des vols plus spécifiques avaient été autorisés par l’aviation civile canadienne. Certains étaient destinés à maintenir la certification des pilotes et copilotes de ces avions de ligne.

Aujourd’hui de tels biréacteurs commerciaux sont immatriculés au Canada au sein d’Air Canada donc qui possède vingt-quatre 737 Max 8, et attend onze Max 9 d’ici environ deux ans et demi, mais pas que. La compagnie à bas coûts Sunwing Airlines possède également quatre 737 Max 8 tandis que la compagnie charter WestJet en aligne treize. Et cette dernière attend la livraison entre 2021 et 2023 de 737 Max 7 et surtout du tout nouveau Max 10. On ignore actuellement si ces deux compagnies ont bénéficié des autorisations de vols de l’administration canadienne ou si seule Air Canada a profité de ces largesses.

À l’étranger les autorités d’aviations civiles américaines et européennes observent de très près cette décision canadienne sans avoir décidés de l’imiter. La FAA a encore en mémoire le drame évité de peu de la Southwest Airlines lors d’un vol similaire en mars 2019.
Reste désormais à savoir si aujourd’hui encore des Boeing 737 Max survolent encore les têtes des citoyens canadiens alors que partout ailleurs dans le monde ces avions sont interdits de vols pour des raisons de pure sécurité.

Photo © Wikimédia Commons.

 

 

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