La révélation de ce livre blanc de la Royal Thai Air Force a été plutôt bien accueillie par les industriels américains et européens. Ce jeudi 20 février 2020 l’état-major de l’aviation thaïlandaise a annoncé qu’il espérait d’ici 2030 avoir augmenter ses capacités opérationnels dans le domaine du transport aérien, de la recherche et du sauvetage au combat, mais également de l’appui aérien rapproché. Pour cela il compte acquérir deux modèles d’avions et un d’hélicoptère afin de moderniser l’aviation militaire. La chasse thaïlandaise ne devrait pas être oubliée, mais dans un second temps.

En fait les généraux thaïlandais espèrent ainsi maintenir le haut niveau régional de la Royal Thai Air Force. Et pour cela en effet ils doivent la moderniser en profondeur. Dans ce livre blanc les deux volets qui leur semblent les plus urgents sont le transport aérien tactique et les missions dites de recherches et sauvetages au combat, ou C-SAR en anglais.
Il faut dire que dans ces deux cas l’arsenal aérien thaïlandais accuse quelque peu son âge.

Le transport aérien tactique thaïlandais repose sur deux types d’avions : le Basler BT-67 Turbo Dak et le Lockheed C-130H/T Hercules. Dans ce second cas certains avions ont été rachetés de seconde main auprès de l’US Navy à la fin des années 2000. À ce jour la flotte de transport tactique de la RTAF s’élève à dix-neuf avions : douze quadrimoteurs et sept bimoteurs. Le livre blanc entend l’élever à vingt-quatre avions, douze de chaque.
Pour remplacer les actuels Hercules l’avionneur américain Lockheed-Martin et son C-130J/J-30 Super Hercules semble tout désigné, même si les militaires thaïlandais ne ferment pas la porte à Airbus DS et à son A400M Atlas. Ce dernier leur donnerait en effet des capacités de projection à longue distance.
Pour autant le livre blanc thaïlandais prévoit que le successeur des C-130H/T Hercules soit capable également d’assurer des missions de ravitaillement en vol. Le KC-130J pourrait alors être proposé conjointement au C-130J/J-30 par les Américains.
Dans le cadre de la succession des Turbo Dak les généraux envisagent donc de passer de sept à douze avions en privilégiant un train d’atterrissage tricycle et une rampe arrière. L’architecture train classique du BT-67 hérité du C-47 Skytrain montre ici ses limites. Deux avions européens semblent grandissimes favoris dans ce programme : l’Airbus Defense & Space C-295W et le Leonardo C-27J Spartan II. Pour autant les très bonnes relations diplomatiques tissées depuis une quinzaine d’années en Bangkok et Kiev pourraient jouer en faveur d’Antonov et de son futur An-132 actuellement en cours de développement.

L’autre priorité concerne donc la mission de recherches et de sauvetages au combat. Et là clairement les généraux thaïlandais ont identifié deux hélicoptères comme étant privilégiés : l’Airbus Helicopters H225M Caracal et le Sikorsky S-70I Blackhawk. L’hélicoptère européen étant déjà en dotation actuellement à hauteur d’une petite dizaine d’exemplaires il semble avoir l’avantage sur son concurrent américain. Un mélange cependant des deux machines n’est pas exclu à Bangkok puisque en grosse vingtaine d’exemplaires doit être commandée afin de retirer efficacement du service les monoturbines Bell UH-1H Iroquois et les biturbines Bell 412EP/HP actuellement en dotation. Ces derniers disposant encore d’une bonne capacité ils pourraient demeurer en service jusqu’à la fin de la décennie.

Ces deux programmes sont jugés assez urgents pour être couvert par les chapitres 2020-2023 et 2023-2026 du livre blanc.

Enfin le troisième axe majeur est l’attaque au sol et l’appui aérien rapproché. Même si la Thaïlande n’envisage pas d’acheter de nouveaux chasseurs multirôles Saab JAS 39 Gripen elle a décidé à terme de retirer du service ses actuels Aero L-39 Albatros et Dassault-Breguet / Dornier Alpha Jet A utilisés dans ce double-rôle. Pour mémoire les Albatros assurent également une partie de l’entraînement intermédiaire et avancé.
Et là encore un successeur potentiel est déjà désigné favori. Surprise il n’est ni américain ni européen mais asiatique : le KAI F/A-50 sud-coréen dérivé de l’avion d’entraînement T-50 Golden Eagle actuellement en dotation dans les rangs thaïlandais. Pour autant la RTAF ne ferme pas la porte à d’autres avions comme le L-39NG actuellement en développement ou encore les avions monomoteur à turbopropulseurs tels les A-29A Super Tucano brésiliens et AT-6B Wolverine américains. Ce dernier n’existe d’ailleurs pas vraiment encore.
L’acquisition de ce nouvel avion d’attaque et d’appui est prévu au chapitre 2025-2028.

Enfin le chapitre 2028-2031 envisage le remplacement des actuels chasseurs General Dynamics F-16A/B Fighting Falcon et Northrop F-5/F Tiger II actuellement en dotation. Et là c’est la grande inconnue même si la presse thaïlandaise annonce depuis plusieurs semaines que le pays s’intéresse de près aux F-35A Lightning II américains et Rafale français chacun sait que les finances thaïlandaises interdisent l’achat d’avions aussi onéreux. Mais dans une petite dizaine d’années leur prix pourrait avoir suffisamment baissé pour permettre leur achat par les Thaïlandais.

Quoiqu’il en soit donc l’avenir en Thaïlande semble très prometteur pour les industriels américains et européens, et dans une moindre mesure asiatiques. On remarquera qu’à chaque fois les constructeurs russes ne sont pas évoqués. La raison en est simple : les relations entre Bangkok et Moscou se sont fortement dégradées depuis plusieurs mois, notamment après le scandale de la révélation des défauts de l’avion de ligne Superjet 100 livré à l’armée thaïlandaise.

Photo © Keypublishing.

 

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom