Malgré un grave déficit de médiatisation ce sont des avions mythiques dans l’arsenal aérien américain. En fin de semaine dernière l’US Department of Defense a fait connaitre son intention de retirer progressivement du service ses postes de commandement aéroportés Boeing E-4B Nightwatch. Purs produits de la guerre froide ces avions doivent être remplacés par un nouveau type d’aéronef qui reste à élaborer. Une sélection qui se déroulera en deux étapes.

D’ores et déjà le Pentagone a fermé la porte à un hypothétique recours à un drone HALE (pour Haute Altitude Longue Endurance) comme le préconisaient certains parlementaires américains. En effet les militaires américains souhaitent que le successeur des Boeing E-4B Nightwatch soit conçu à partir d’un avion de ligne existant déjà. Ce qui fut le cas en son temps pour cet avion puisqu’il est basé sur le vieux Boeing 747-200B, la première génération du célèbre Jumbo Jet.

Pour autant il semble bien que les décideurs de la défense américaine aient changé leur fusil d’épaule. La question d’une mutualisation des moyens US Air Force / US Navy comme décrite par le programme NEAT ne semble plus avoir les faveurs du Pentagone. Chacun aura donc vraisemblablement son propre avion, au risque de faire grimper la facture finale.

La sélection du successeur de l’E-4B Nightwatch doit donc se faire en deux étapes. La première consiste en la sélection de plusieurs entreprises tant dans le domaine aéronautique pur que dans celui de l’avionique spécifique liée à la mission de commandement aéroporté. Ainsi durant cette Phase I (puisque c’est ainsi que l’US Air Force la désigne) les militaires américains devront choisir l’avion qui servira de base à ce futur aéronef militaire mais également le ou plus vraisemblablement les équipementiers qui fourniront les systèmes internes permettant la conduite des opérations.
La Phase II s’articulera autour de la conception spécifique des systèmes et leur intégration dans l’aéronef sélectionné.

Bien sûr Boeing fait état de super privilégié sur ce marché avec des avions comme les 747-8, les versions les plus récentes du 777, ou encore le 787 Dreamliner. Pour autant une participation du géant européen Airbus n’est pas à écartée, car il pourrait s’allier à un constructeur américain comme Lockheed-Martin ou Northrop-Grumman afin de damer le pion au constructeur de Seattle. Même si cela a peu de chances d’arriver un A330 Neo ou encore mieux un A350 aux couleurs de l’aviation américaine aurait une gueule pas possible.

Le Pentagone table sur un aboutissement de la Phase I pour fin 2022 ou début 2023 et la livraison en unité d’un premier appareil pour 2026-2027. À cette date les Nightwatch accuseront plus d’un demi-siècle au service de la défense américaine. Pas mal pour des avions qui sont censés être à la pointe de la technologie.

Photo © Keypublishing.

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4 COMMENTAIRES

  1. je me suis toujours poser la question sur l’utilité d’un tel avion a notre époque. mais franchement voir un Airbus A350 au couleurs de l’US Air Force serait une formidable publicité pour notre avionneur européen! mais ne rêvons pas trop Boeing a des intérêts a défendre bien que l’association Airbus-Lockheed serait évidement … comment dire… assez excitant !!!

    • Je pense que l’A380 n’a aucune chance car c’est un avion qui ne peut opérer qu’à partir de gros aéroports. Cela est trop contraignant.

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