C’est actuellement un des jets d’entraînement les plus anciens en dotation dans un pays européen. La force aérienne suédoise a annoncé ce lundi 4 mai 2020 qu’elle avait lancé un programme visant à trouver un successeur au Saab Sk 60, dont quarante-six exemplaires volent encore de nos jours. L’état-major suédois entend disposer de son nouvel avion au plus tard pour la fin de l’année 2023. Pour mémoire cet avion est en service actif dans ce pays depuis 1967.

Remplacer le Saab Sk 60 est un programme qui risque de s’avérer particulièrement difficile tant les Suédois sont attachés à leur petit jet biplace. Cette avion y possède une aura similaire  à celle du Fouga CM.170 Magister en France, c’est dire. Les deux avions partagent d’ailleurs un autre point commun : ils sont de la même génération.

Déjà à la fin des années 1990 les Suédois avaient voulu se séparer de leurs Saab Sk 60 mais avaient dû y renoncer, faute de crédit suffisants. Mais désormais la question relève de la survie même du système de formation des pilotes de chasse dans ce pays. Les jets d’entraînement sont à bout de souffle, usés jusqu’à la corde. Les plus récents en dotation ont tout de même été construits entre fin 1970 et début 1971.

Sans donner de nom de successeur au Saab Sk 60 les responsables de la Flygvapnet ont fait savoir qu’ils souhaitaient disposer d’un jet d’entraînement de nouvelle génération. Celui-ci devait être compatible avec leurs chasseurs multi-rôles Saab JAS 39C/D Gripen actuellement en dotation. Alors deux avions semblent pourtant faire office de favoris : le BAE Hawk Mk-128 sur lequel de la technologie suédoise est inclus ainsi que bien sur le futur Boeing T-7A Red Hawk développé conjointement avec Saab. Pour autant il n’est pas impossible que l’avionneur italien Leonardo tente sa chance avec ses M-345 encore aujourd’hui en phase de développement et M-346 Master qui de son côté est un véritable best-seller.
Par contre de manière assez logique les jets d’entraînement chinois et russes n’ont sans doute aucune chance d’être étudiés par les autorités suédoises.

Cependant l’enthousiasme des militaires suédois autour d’un nouveau jet pourrait être rapidement douché. Le pouvoir législatif compte lui aussi se faire entendre. Les parlementaires de Stockholm s’orienteraient eux vers l’ouverture de ce marché à des avions turbopropulsés, jugés plus économiques. C’est eux qui tiennent les cordons de la bourse. Les Beechcraft T-6 Texan II, Embraer Emb-314 Super Tucano, ou encore Pilatus PC-21 auraient alors toutes leurs chances.

Selon les médias suédois une double commande jets et avions à turbopropulseur est tout à fait envisageable afin de ménager autant les susceptibilités des militaires que celles des élus. Cependant beaucoup en Suède regrette le peu de transparence sur le budget alloué à ce programme pourtant majeur pour la Flygvapnet.
Affaire donc à suivre.

Photo © ministère suédois de la défense.

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3 COMMENTAIRES

  1. Le pc21 je pense, trop de pays en europe sont passé au turboprop pour continuer à utiliser des jet et en plus ils coûtent moins cher à tout les niveaux

    • N’oubliez pas que le T-7A Red Hawk est en grande partie suédois. Si Boeing et Saab veulent l’exporter il est clair qu’une utilisation par la Flygvapnet aux côtés de l’US Air Force sera un argument commercial de poids. Après je suis d’accord avec vous strider_on, le Pilatus PC-21 a le vent en poupe en Europe.

    • Il faut se rappeler que la Suisse a rejeté par deux fois l’offre de Saab. D’ailleurs, si le Gripen E n’a pas pu se présenter aux évaluations helvète en 2019, c’est parce que le programme avait accumulé un certain retard. Et s’il a accumulé du retard, c’est parce que… la Suisse avait rejeté, par référendum, l’acquisition de cet avion. Quelle ironie!
      Il est ainsi possible que Pilatus ne soit plus forcément en odeur de sainteté en Suède.

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