Trente après l’effondrement de l’Union Soviétique l’hélicoptère militaire qui la symbolise le mieux n’est plus dans les petits papiers des états-majors aujourd’hui passés à l’OTAN. En marge de la visite d’état à Washington DC du président polonais Andrzej Duda des négociations sont programmées afin que les hélicoptéristes américains proposent leurs machines de combat. La Pologne souhaite en effet en finir avec ses Mil Mi-24 qui sont devenus au fil des années de véritables gouffres économiques. Il est question d’une trentaine d’appareil à acheter.

Et trois constructeurs sont donc sur les rangs : Bell, Boeing, et Sikorsky. Pour les deux premiers aucun problème ce sont respectivement les AH-1Z Venom et AH-64E Guardian. Mais alors pourquoi ce troisième ? Parce que Sikorsky va avancer une version de combat de son S-70I, la version export du célèbre UH-60 Blackhawk. Sauf que celui-ci est à priori un hélicoptère d’assaut et de transport. Du coup comment pourrait t-il remplir les missions d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché ?

Tout bonnement parce que des Blackhawk de combat existent déjà. Et pas uniquement sur le catalogue de l’hélicoptériste. La Colombie par exemple utilise ses AH-60L Arpia tandis que les Émirats Arabes Unis ont modifié leurs UH-60L en canonnières volantes. Dans les deux cas le résultat est assez bluffant.
Cela suffira t-il à contrer les mastodontes du marché que sont les Guardian et Venom ? Pas sûr du tout. Mais Sikorsky a un dernier atout dans sa manche : l’emploi local. En effet les S-70I sont produits actuellement chez PZL Mielec dans le sud de la Pologne. Et pour un populiste ultra-conservateur comme Andrzej Duda c’est un argument de poids.

Le Sikorsky S-70I aurait en plus la possibilité de se présenter comme le véritable successeur des vingt-huit Mil Mi-24D/Mi-24W encore en dotation dans les rangs polonais. Comme ce dernier le Blackhawk peut assurer à la fois des missions de combat et de la dépose de commandos armés. Ce que les AH-1Z Venom et AH-64E Guardian ne pourront jamais réaliser.

Quid des hélicoptéristes européens ? Ils n’ont à ce jour même pas été sollicité. Peu de chances donc de voir les Airbus Helicopters Tiger et Leonardo AW129 Mangusta en challenger. Et pourtant Leonardo possède une partie de la production aéronautique polonaise puisque l’ex-bureau d’étude PZL Swidnik est désormais italien. Et même si des pourparlers sont actuellement en cours pour relancer la production du W-3 Sokól dans une version d’appui tactique et de reconnaissance armée, les chances du Mangusta sont quasi inexistantes.
Plus que jamais la Pologne de 2020 s’aligne sur les États-Unis bien plus que sur l’Union Européenne !

Que les habituels râleurs se rassurent la Pologne ne va toucher aucune subvention de l’UE sur ce coup là. Mais par contre il est à parier que l’OTAN et sans doute même le gouvernement fédéral américain vont lui faire des facilités de paiement. C’est de bonne guerre.

Photo © ministère polonais de la défense.

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