Athènes va t-elle devenir la dixième capitale européenne à faire confiance au chasseur américain de 5e génération ? Les déclarations de l’ambassadeur américain en Grèce parues ce weekend dans la presse locale laissent peu de doutes sur les ambitions de la Polemikí Aeroporía. La vraie question est désormais de savoir combien de Lockheed-Martin F-35A Lightning II seront achetés. Et là les différentes sources n’arrivent pas à se mettre d’accord.

Les mots de monsieur Geoffrey Pyatt, actuel ambassadeur des États-Unis à Athènes ont donc mis le feu aux poudres. Si l’état-major grec n’a jamais caché son intention d’aligner rapidement à la fois des Dassault Aviation Rafale F3R et des Lockheed-Martin F-35A Lightning II certains responsables politiques croyaient la chose impossible. Mais ça c’était avant, c’est à dire durant l’administration Trump. Avec l’avènement de Joe Biden à la Maison-Blanche le F-35 est devenu plus que jamais un outil diplomatique.
Et face à une Turquie toujours aussi menaçante dans la région le parapluie de Washington DC passe aussi par l’achat de l’avion furtif.

Après en effet personne ne semble vraiment d’accord l’un avec l’autre. Le général Georgios Blioumis, actuel N°1 de la Polemikí Aeroporía, parle d’un besoin de quarante à cinquante avions afin de permettre le remplacement rapide de la trentaine de vieux McDonnell-Douglas F-4E Phantom II encore en service et des vingt à vingt-cinq plus anciens General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon en dotation. Un chiffre qui fait tousser jusqu’aux plus hauts sommets de l’état grec. La présidente de la République Grecque, madame Katerína Sakellaropoúlou, et son premier ministre, monsieur Kyriákos Mitsotákis seraient eux plutôt sur un format de trente nouveaux avions afin de remplacer les seuls F-4E Phantom II.
À Athènes les parlementaires s’en sont mêlés. Si la majorité de droite du parti primo-ministériel Nouvelle Démocratie fait relativement bloc derrière le F-35A Lightning II l’opposition de gauche et l’opposition écologiste ainsi qu’une petite frange dissidente du parti majoritaire déclarent préférer une option européenne sous la forme d’une commande de nouveaux Dassault Aviation Rafale F4.

Les délais de livraisons désormais imposés par l’usine girondine de Mérignac pourraient bien jouer en défaveur du Rafale et en faveur du Lightning II. Sauf qu’à Athènes l’opposition gauche/écologiste est particulièrement écoutée par madame Katerína Sakellaropoúlou. Dès lors la presse politique et institutionnelle grecque avance une possibilité de double contrat : un premier en faveur de Lockheed-Martin et un second quelques mois plus tard pour Dassault Aviation. Une manière de ménager la chèvre et le chou, les États-Unis et la France.

Une Polemikí Aeroporía qui alignerait F-35A Lightning II et Rafale F3R/F4 serait à n’en pas douter une puissante force aérienne dans la région. De quoi sans doute calmer les ardeurs turques.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Air Force.

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11 COMMENTAIRES

  1. Ca laisse rêveur une armée de l’air avec des Rafales et des F35, je n’aimerais vraiment pas être à la place des turcs.
    Au passage n’est ce pas une occasion pour Dassault de pouvoir récupérer au passage des informations intéressantes avec le système spectra?

  2. on a hurlé en France quand la Belgique a décidé d acheter le F35. Moi aussi , ça me laisse rêveur, un travail en binôme Rafale F4 français et F35 Belge. Tout compte fait , tout le monde serait gagnant.

    • La Belgique comme la Grèce sont souverains en matière d’achats d’armements. Je ne comprends donc pas pourquoi hurler après leurs décisions respectives.

  3. Je ne suis pas compétent pour juger le choix d’un avion ni d’un point de vue technico-militaire ni d’un point de vue diplomatique.
    Le rafale est un des meilleurs dans sa catégorie tandis que le F-35 fait encore ses maladies de jeunesse, mais deviendra peut-être un excellent choix, L’avenir nous le dira.
    Mais en tant que Belge ayant vécu de l’intérieur ce choix du F35, j’aimerais ajouter que l’aspect diplomatique a sans doute été prépondérant :
    Certes on n’est pas directement menacé par des voisins inamicaux mais en tant que petit pays on est obligé de s’intégrer dans un système de protection plus large. De fait, il s’agit de l’OTAN. Beaucoup de Belges sont sans doute favorables à une armée européenne, mais pour le moment il faut faire avec ce qu’on a…
    En plus le siège de l’OTAN est situé en banlieue de Bruxelles, près de l’aéroport, et le SHAPE près de Mons (Supreme Headquarters Allied Powers Europe, soit le commandement suprême des forces alliées en Europe).
    Tout cela donne une certaine activité économique et une visibilité internationale que nos dirigeants n’ont pas envie de perdre !
    Donc, politiquement parlant, l’OTAN, ça se respecte. Et comme on sait que les USA ont une influence prépondérante dans l’OTAN, on sait les écouter…
    (Je ne dis pas que c’est la raison du choix, mais on ne peut pas mettre ces influences sous le tapis)

    • Pour celles et ceux qui l’ignoreraient à l’origine le siège de l’OTAN se trouvait dans le 16e arrondissement de Paris et le SHAPE à Rocquencourt près de Versailles. Aujourd’hui leurs terrains abritent respectivement l’université Paris-Dauphine et le siège des services techniques de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

  4. au départ , ma remarque ne voulais pas parler du choix de la Belgique en faveur du F35, et pour ça , je m en excuse. Je constate simplement que de plus en plus de pays décident de faire travailler le F35 en binôme. F35 + F15 EX, F35 + F18, F35 + Eurofighter , alors je me dis que F35 + Rafale, ça aurais en effet énormément de sens. Je pense vraiment qu ils pourraient ëtre très complémentaire. Une sorte de CAMO bis , peut être 😉

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