Ce n’est une surprise pour pas grand-monde. L’état-major de la marine espagnole s’intéresse de nouveau au chasseur furtif américain de 5e génération. Il faut dire que le retrait du service des McDonnell-Douglas AV-8B Harrier II actuellement en dotation au sein de l’Armada Española est programmé pour d’ici sept ans, grand maximum. Et très honnêtement on voit mal quel avion pourrait leur succéder d’ici là.

Déjà en juin 2019 les amiraux espagnols avaient conclu que le Lockheed-Martin F-35B Lightning II était l’avion idéal pour servir à bord du porte-aéronefs Juan Carlos I. Mais à ce moment là aucun budget n’était disponible en Espagne pour un tel programme.
Dorénavant le remplacement des douze McDonnell-Douglas AV-8B Harrier II et de l’unique TAV-8B d’entraînement avancé est un sujet sur la table à Madrid.

En fait le point de vue espagnol a changé du tout au tout en quelques mois. À la fin 2019 les militaires désiraient le F-35B Lightning II mais le pouvoir politique n’en voulait pas. La crise du Covid19 et les chamboulements qu’elle a engendré ont changé la donne.
Désormais amiraux et politiques sont sur la même longueur d’ondes : l’Espagne volera un jour sur F-35B Lightning II. Et ce avant la fin de cette décennie.

Pour arriver à cet accord tacite il a fallu tomber d’accord en interne sur le nombre d’avions. Douze.  Pas un de plus, ce sera douze avions et seule l’Armada Española volera sur Lightning II. Impossible pour Madrid de commander des F-35A pour l’Ejercito del Aires car cette dernière est déjà engagée dans le programme SCAF piloté par Airbus DS et Dassault Aviation.
Et entre ce programme européen et Lockheed-Martin le pouvoir espagnol a déjà fait son choix : l’Europe !

Pour l’Espagne pourtant le Lockheed-Martin F-35B Lightning II représente la seule chance de survie de leur aviation de combat embarquée. Il n’existe aucun autre avion susceptible actuellement de remplacer les AV-8B Harrier II en service. Tourner le dos à l’avion furtif américain reviendrait à tuer l’aéronavale espagnole.
Des négociations ont commencé entre Espagnols et Américains autour d’un futur contrat qui pourrait déboucher sur une rapide commande. On parle actuellement des années 2020 ou 2021 grand maximum. Il reste donc au plus un an et demi.

Photo © Armada Española.

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8 COMMENTAIRES

  1. Donc grâce à la crise sanitaire du Covid-19 qui est devenu une crise économique, ce qui permet donc aux états de s’endetter comme bon leur semble à outrance, l’Espagne a pu plus facilement trouver un petit milliard et demi pour payer une micro flotte de F-35B. C’est ça qu’il faut comprendre ?

    • Bah oui les plans de relance économique mis en place dans la plus part des grands pays industrialisés profitent notamment aux secteurs défenses locaux, l’Espagne n’y fait pas exception. 🙂

      • Sauf que l’Espagne n’est pas un partenaire industriel du proframme F-35 donc dans cet achat l’industrie espagnole n’aura aucune retombée économique.

        • Bien sûr que si. Airbus DS ne se limite pas à la seule Allemagne. Les retombées concerneront aussi l’Espagne.

  2. Est-ce qu’il ne faudra pas modifier/renforcer le pont d’envol de leur PA ? J’ai cru comprendre que comparé au Harrier, le réacteur du F-35 est un véritable chalumeau…

    • À priori non puisque le Juan Carlos I a été pensé en prenant en compte les évolutions futures. Les Espagnols insistent bien sur le fait que leur porte-aéronefs est compatible avec le F-35B Lightning II.

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